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La traction avant ? On connaît. Mais la traction arrière, le Bénin l’invente et l’expérimente.  Innovation ou simple ronron ? Avancée ou recul ? Il y a de quoi se perdre en conjectures. Nous avons noté les secteurs au niveau desquels le Bénin marque des points (traction avant), et les secteurs dans lesquels le Bénin marque le pas ou recule (traction arrière).

Commençons par reconnaître que la vie d’un pays n’est comparable en rien à une mer étale ou à une rivière tranquille. Un pays connaît des hauts et des bas, balloté entre performances et contreperformances. Il doit compter avec des avancées et des échecs. Tout est bon à prendre si l’on sait en tirer le meilleur. C’est en cela que l’échec n’est qu’une vue de l’esprit. Nous n’échouons pas vraiment. Nous apprenons sûrement. Commençons par quelques uns de nos tous derniers mauvais résultats. Deux exemples pour illustrer notre propos.

Avec un budget estimé à environ 2010 milliards de nos francs  pour l’exercice 2017, le Bénin n’affiche plus que 1628 milliards pour l’année 2018. Qu’est-ce qui explique ce qui prend les allures d’une inquiétante dégringolade ?  C’est le réalisme prudent du gouvernement. Parce qu’il a beaucoup appris de la gestion quotidienne des êtres et des choses. En effet, en 2016, le nouveau pouvoir était encore dans l’euphorie de sa victoire. Il n’a pas eu encore le temps de prendre la juste mesure des choses,  d’identifier les résistances et les forces d’inertie, de se confronter à nombres pesanteurs. Désormais, c’est fait. Ceux qui nous dirigent auront beaucoup appris de la gestion des hommes. Montaigne a raison. Il disait de l’homme « un sujet merveilleusement vain, divers et ondoyant ».

Le deuxième tableau sur lequel nous avons reculé, c’est celui du football. Nous pensions avoir tourné une page et changé notre fusil d’épaule. Des équipes dirigeantes consensuelles mises en place allaient, pensions-nous, vaincre le signe indien  et rallumer la flamme de l’espoir pour notre jeunesse. Depuis quelques jours, patatras. Voilà l’espoir brisé. Certains responsables de la Fédération béninoise de football viennent de démissionner de cette instance. Qu’ils aient de bonnes raisons de le faire, nous voulons bien. Mais, à tous les coups, c’est un recul pour le Bénin. Nous finiront par le payer cher.

A la suite de ces deux cas assez illustratifs de ce que nous avons appelé « traction arrière », citons deux autres cas. Des cas plutôt positifs. Ils sont à l’actif du gouvernement et ont l’avantage de le tracter vers l’avant.

Le premier cas le voici. On ne peut pas dire que l’examen du BEPC, cuvée 2017, n’est pas un succès, avec un peu plus de 50 % d’admis. Un résultat somme toute moyen. Un résultat à la limite de la mention passable. Mais un résultat qui prend du relief en comparaison avec celui enregistré l’année dernière : 16 %. Ne boudons pas notre plaisir : c’est un bond qualitatif. Il  a valeur d’un franc succès. Même si nous devions concéder qu’il nous reste beaucoup  à faire.

On ne réussit jamais par hasard. Les résultats du BEPC, cuvée 2017, mériteraient d’être regardés à la loupe. Parce qu’un vrai défi a été relevé par les apprenants les enseignants, les parents d’élèves et les responsables académiques à tous les niveaux. Cette belle performance pour être rééditée et amplifiée, devra révéler tous ses ingrédients. Comme tous les fruits devront également être moissonnés. Un, travail à faire sans délai.

Le deuxième cas positif est la réconciliation intervenue au sein de l’Eglise méthodiste du Bénin, réconciliation scellée par un culte unique. Il a réuni les brebis d’un seul et même Dieu sous l’autorité d’un seul et même berger. Les brebis qui ont momentanément rejoints différents pâturages se retrouvent, désormais dans un seul et même enclos pour la gloire de Dieu.

C’est un bel exemple de succès tout auréolé d’un sens élevé de tolérance et de pardon. On pourrait enregistrer cet événement comme allant de soi et tourner la page. Il est souhaitable de s’y arrêter. Nous devons en méditer le sens et la signification pour nos familles, pour nos communautés religieuses, pour nos entreprises, pour nos partis politiques, pour le pays tout entier. Donnons le dernier mot aux Bambara du Mali : « Le secours de Dieu arrive sans tonnerre ni poussière ».

Jérôme Carlos

La chronique du jour du juillet 2017