Actualités, Politique

Parodions l’autre : la compétence est plus qu’un mot, c’est un comportement. Le régime du nouveau départ s’engage à faire de la compétence son cheval de bataille.  L’intention est bonne. Mais la compétence ne doit pas s’arrêter aux sphères formelles de l’administration ou des entreprises privées. La compétence est à rechercher et à exiger partout. Dans notre viseur, un certain nombre de corps de métiers. Dix au total. Jusqu’ici, on y entre comme dans un moulin. Désormais et au nom du nouveau départ, il faut qu’il en soit autrement.

– Les conducteurs de taxi-motos, les « Zémidjans » les bien nommés. Comment peuvent-ils être dans la circulation et en ignorer les règles ? Dans un pays qui se respecte, le permis de conduire, catégorie A, devrait être le minimum exigible pour faire carrière de « Zémidjan ».

– Les artistes-musiciens. Ils ne doivent pas continuer de cacher leur tare derrière « Aziza », le génie inspirateur par excellence. Nos artistes-musiciens seraient plus et mieux inspirés s’ils s’imposaient d’honorer la seule et unique vérité qui vaille : connaître l’alphabet universel de la musique, apprendre à lire et à écrire la musique.

– Les footballeurs. Beaucoup de jeunes rêvent d’avoir la même trajectoire professionnelle que Ronaldo ou Messi. Pourquoi pas ? Mais ils ne seront jamais des footballeurs accomplis, à l’image de leurs idoles, sans un détour par un centre de formation. Aujourd’hui, le football est objet de science. On va acquérir, en la matière, savoir et savoir-faire dans une école.

– Les journalistes. Leur métier est noble, mais ô combien complexe et difficile. Qui n’en maîtrise pas les tenants et les aboutissants n’a point de boussole. Il navigue à vue. Il peut nuire gravement à son environnement humain. Interdiction donc de confier plume, micro et caméra à des mains inexpertes. Elles font le lit de cette race dangereuse de journalistes « payo ».

– Les jardinières d’enfants. Les garderies d’enfants sont leur royaume. Mais il se trouve que la seule présence d’un adulte ne suffit pas à assurer la bonne garde des tout-petits. Tâche   banale en apparence, mais autrement plus complexe. Elle exige des aptitudes particulières, à acquérir au bout d’une formation.

– Les serveurs et serveuses des bars et buvettes. C’est, croit-on, le travail le plus banal qui soit. Aller et venir, les bras chargés des commandes des clients, c’est, dit-on, à la portée du premier venu. Mais il n’y a pas que cela. Il y a tout le reste. C’est à apprendre, à assimiler et à appliquer.

– Les répétiteurs. C’est le job le plus prisé des étudiants. On va, de maison en maison, renforcer chez des élèves, contre rétribution, ce qu’ils ont appris à l’école. Le répétiteur se fait ainsi enseignant, l’auxiliaire d’un maître dont il ignore tout. L’enseignement est un métier. Le répétiteur qui l’ignore est un charlatan qui s’ignore. Il peut provoquer chez de jeunes apprenants de graves blessures, voire une rupture, une césure irréparable dans la chaîne pédagogique.

– Les agents privés de sécurité. Il s’agit de la nouvelle génération de gardiens préposés à la garde de nos biens. Ils travaillent pour le compte de sociétés de gardiennage qui les recrutent, les placent et les payent. Ces nouveaux agents de sécurité sont en uniforme. Mais l’habit suffit-il à faire le moine ? Les problèmes de sécurité devenant plus complexes, ces agents doivent être mieux encadrés, physiquement, mentalement.

– Les grogneurs professionnels. Nombre de nos compatriotes ont fait d’un métier la prise de parole sur différents médias. Contre rétribution, ils se font les porte-voix de leurs concitoyens. Les porte-voix de ceux qui veulent faire connaître à l’opinion leur situation de victimes. Les porte-voix de ceux qui veulent porter à l’attention du public certains dossiers. Mais la parole publique a des règles. Elle obéit à des principes que foulent aux pieds la plupart des grogneurs professionnels. Peut-on les dédouaner, les exonérer de toutes obligations ?  Est grogneur professionnel qui veut ?

– Les guérisseurs. Ils pullulent, telles des jacinthes d’eau. C’est vrai qu’il y a une science, une vraie science médicinale   africaine. Elle est bien en place dans notre patrimoine ancestral. Mais cela n’autorise pas le tout venant à se prendre pour ce qu’il n’est pas. Nous devons voir clair et faire place nette. Ici, comme ailleurs, nettoyons les écuries d’Augias.

 

Jérôme Carlos