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Jean, 21 ans, est étudiant. Il rêve de voir couronner ses études en génie civil du titre d’ingénieur en bâtiment. Avant que son rêve ne devienne réalité, Jean prépare ses toutes prochaines vacances. Deux longs mois de repos. A gérer au mieux. Aussi prend-il la peine, en futur ingénieur en bâtiment, de dessiner les contours de ses vacances. Selon ses vœux et objectifs. En accord avec sa vision des choses.

Jean prend d’abord soin de déterminer le temps de ses vacances. Un mois plein sur les deux. Le dernier servira à préparer la rentrée, à réunir les matériaux nécessaires à la rédaction de son mémoire de fin d’études. « Rien ne sert de courir, a écrit le fabuliste, il faut partir à point ».

Le temps des vacances déterminé, reste à retenir un lieu. Jean le citadin jette d’emblée son dévolu sur le Bénin profond. Autant laisser Cotonou à ses pollutions et nuisances pour l’air pur de la campagne.  Il pourra ainsi vivre des levers et des couchers enchanteurs du soleil et s’abreuver jusqu’à plus soif des merveilles de la nature.

Mais précisément où à la campagne ? Dans une grande ferme agro-pastorale. De ce lieu s’écrivent, chaque jour, quelques unes des plus belles pages du développement du Bénin. La pisciculture occupe d’immenses étangs. Des dizaines de travailleurs s’y affairent, approvisionnant en poissons divers marchés du pays. L’aviculture n’est pas en reste. L’apiculture non plus.  Ne parlons pas de l’élevage. Un large éventail d’espèces bovines, caprines et porcines a contribué à établir solidement la renommée  de cette entreprise. L’agriculture est adossée à un centre de recherches : acclimater, transformer une gamme de fruits, légumes et céréales. Priorité aux produits « bio ».

La ferme a beau être moderne, mais on n’y vit comme à la campagne : interdiction d’y transporter ou d’y reproduire des tranches de vie citadines. Jean sait à quoi s’en tenir. La télévision est forcée de se faire discrète : elle n’occupera pas le temps de Jean autant qu’à Cotonou. Les réseaux sociaux sont contraints de battre en retraite : Jean se concentrera mieux sur l’objet de ses vacances. Il manquera à sa ribambelle de copains restés à Cotonou. Ceux-ci connaîtront-ils, un jour, la joie d’un dépaysement aussi profond ? Auront-ils la chance de vivre une expérience aussi riche ? Mais que coûteront à Jean ses vacances ? Pas de souci. Il s’y est préparé depuis des mois, montrant et démontrant un sens exceptionnel des économies.

Des plans de vacances ainsi tracés par Jean, se dégagent sept paramètres. Il est loisible à chacun de les convoquer, d’en additionner les effets, de s’offrir les vacances de ses rêves.  Quels sont-ils donc ces sept paramètres ?

Il y a le temps des vacances. A déterminer rigoureusement. Sur ses deux mois de repos, Jean n’en a pris qu’un seul pour ses vacances. On ne badine pas avec le temps. La lyre romantique de Lamartine n’y pourra rien : « O temps suspends ton vol ».

Il y a le lieu des vacances. Où aller ? Où poser ses valises ? Il faut avoir des déterminations fortes et une idée précise de sa  destination. Les Latins nous l’ont appris : « Il n’est point de vent favorable pour qui ne sait où il va ».

Il y a, en ce lieu précis, un environnement spécifique. Jean a certes choisi la campagne. Mais c’est dans une ferme agro-pastorale qu’il déroulera son mois de vacances.

Il  y a l’activité ou un ensemble d’activités visées. Il ne s’agit pas de se tourner les pouces, mais de s’engager à faire quelque chose de marquant et de remarquable, donnant ainsi sens et du sens à ses vacances.

Il y a les relations à tisser avec des êtres de chair et de sang. Les vacances, c’est le temps des rencontres, de la confrontation des idées et des visions, du partage des expériences. Le choc culturel est inévitable. Mais sa bonne et intelligente gestion est préférable.

Il y a, enfin, le coût et les résultats attendus. Le rossignole qui passe le plus clair de son temps à chanter n’aura pas de vacances. Que cherche-t-on à connaître ou à apprendre au cours de ses vacances ? Que retenir de cette singulière approche des êtres et des choses ? Votre réponse claque déjà comme un souhait sonore de « Bonnes vacances » !

Jérôme Carlos

La chronique du jour du 4 juillet 2017