Actualités, Société

Une toute dernière salve pour la radio. Avant que ne se referment les portes d’une semaine qui vibre encore des fréquences de toutes les radios du monde. Oui, de notre position à CAPP FM, nous pouvons le dire : la radio est une famille, une grande famille. On ne le sait pas toujours. L’auditeur tourne le bouton de son poste récepteur. Un programme varié lui est servi. Sans frais. S’il n’est pas satisfait, il zappe. Il n’a que l’embarras du choix.

L’auditeur est l’un des membres éminents de la famille d’une radio. Sans lui, pas de radio. Que serait-elle, en effet, une radio que personne n’écoute ? C’est le nombre d’auditeurs, le nombre de ceux qui prêtent leurs oreilles à une radio qui aide à quantifier l’audience de celle-ci. Une donnée mesurable qui intéresse un autre membre de la famille de la radio : l’annonceur.

L’audience d’une radio aide, en effet, ce dernier à opérer des   choix judicieux. A quelle radio se confier et se fier pour faire passer un message ? Pour faire savoir ou pour vendre quelque chose ? S’établit tout aussitôt entre l’annonceur et la radio élue une relation de travail. A évaluer et à décliner en espèces sonnantes et trébuchantes. Voilà le nerf de la guerre. C’est ce qui devient salaire dans les poches des animateurs d’une radio. C’est ce qui aide à faire face aux diverses charges d’une radio. C’est ce qui garantit le développement d’une radio.

A l’interne, la famille de la radio est toute aussi étendue. Il y a,   peu audibles et peu visibles, les promoteurs de la radio. Ceux qui en ont eu l’idée et en ont conçu la prime architecture. Ils   en ont formulé la ligne éditoriale, assuré les premiers pas. Sans pour autant cesser de la bichonner comme un nouveau né. Il y a des liens invisibles et permanents entre les parents géniteurs et leur enfant.

Il y a, ensuite, ceux qui font la radio au quotidien. Parmi eux,   les acteurs chaque jour entendus et écoutés. Ils rentrent dans vos foyers, ils violent même votre intimité. Vous connaissez Dah Houawé avec son emblématique « Ho djra wéma lès ». On ne vous dira rien de l’inimitable Thomas Hèmadjè. Son « Wa sé ho » fait le buzz et bat tous les records d’audience auprès des Béninois de la Diaspora. Atoto Arere est une figure de légende. Ses panégyriques en langue yoruba valent des cours d’anthropologie. Wilfrid Ahouassou est omniprésent sur les grands débats de la radio, de l’Editorial à la Chronique, de Tribune libre à Regard. Lucien Dossou a signé un long bail avec l’une des émissions phare de la radio « Questions actuelles ». Comment oublier Alloba Dur ? Attention à la gâchette de Philibert Abibou avec « Tirs croisés ». N’oublions pas la jeune garde des jeunes journalistes. Ils ont les dents longues et frappent à coups redoublés aux portes de la notoriété : Isabelle Otchoumaré, Jessica Gothé, Prosper Vondjènoukon,  Lolita Zondji et tous les autres.

Il y a, par ailleurs, une bonne douzaine d’autres acteurs que vous n’entendez pas. Pourtant sans eux, ceux que vous entendez resteraient sans voix. Pensez au Chef des Programmes. Il agit, en amont, comme un grand filtre, tout attaché à vous assurer qualité des émissions et confort d’écoute. Pensez aux techniciens. Ils engagent leur savoir et leur savoir faire pour tirer le meilleur de nos machines portées par une technologie de plus en plus sophistiquée. Pensez à tous les commerciaux, tous tendus vers un objectif unique : faire connaître la radio à plus d’annonceurs possibles,    améliorer les ressources de la radio. Pensez aux administratifs, aux comptables, aux secrétaires, aux gestionnaires en tous genres, au personnel d’entretien.

Mais les frontières de la famille d’une radio vont encore plus loin. Elles intègrent toutes les autres radios, tous les autres médias liés et unis par les liens d’une confraternité sans faille. Un autre membre de la famille de la radio, un peu comme la cerise sur le gâteau, c’est la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC). C’est l’organe constitutionnel de régulation. C’est notre tutelle.

Si nous arrêtions là les membres de la famille de la radio, ceux des auditeurs qui ont connu et aimé CAPP FM avant qu’ils ne quittent cette terre nous en voudraient. Nous sommes en Afrique où « les morts ne sont pas morts », où les morts ne meurent jamais. Il faut se le tenir pour dit.

Jérôme Carlos

La chronique du jour du 16 février 2016