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Le gouvernement en vacances ? Une première ! Mais dix jours de repos, c’est vite passé. Retour aux parapheurs. Bonjour les Codir. C’est la rentrée. C’est la reprise de toutes les activités nationales. Quel sens, quelle signification prend-elle la rentrée dans les quatre sphères d’activités que voici ?
La rentrée du gouvernement. On reprend les dossiers là où on les avait laissés. De ce point de vue, tous les départements ministériels ont du grain à moudre. Le gouvernement, il ne faut pas l’oublier, conduit son action sous le double éclairage de deux concepts : la rupture et le nouveau départ. De quelle rupture parlons-nous quand nous continuons de nager dans les eaux troubles d’un passé honni ?
Une vision passéiste n’est pas de nature à faire avancer. Et qui n’avance pas ne peut s’autoriser de parler de départ, encore moins de « Nouveau départ ». C’est dire que la rentrée, pour le gouvernement, est à placer sous le signe de l’audace. De l’audace pour secouer le pays encore engoncé dans de vielles habitudes. Sous le signe de l’imagination. De l’imagination pour innover, pour comprendre les besoins, les attentes, les espérances des populations et y répondre intelligemment.
La rentrée de l’Ecole. Deux repères portent les exigences d’une réforme. Il s’agit, d’une part, des échecs massifs qui ont sanctionné l’année scolaire 2015-2016 aux principaux examens. Il s’agit, d’autre part, de la crise qui secoue actuellement l’Université d’Abomey-Calavi (UAC). Avec et à partir de ces deux repères, rien ne doit plus être comme avant.
Qui veut réussir, en toute entreprise, doit se préoccuper de créer les conditions de son succès. Le succès de l’apprenant est aussi celui de l’enseignant. Et le contraire est tout aussi vrai. Il faut s’armer de courage et fermer une page regrettable de l’histoire de notre école avec les soubresauts que nous venons de vivre à l’UAC. Le meilleur moment pour agir, c’est maintenant. Ne remettons rien à demain. Mais quoi faire ?
Repartons à zéro. En face, une page toute blanche. Tout autour, les partenaires de l’école sans exception pour un diagnostic sans concession. C’est possible. Toute honte bue, tout amour propre rangé aux vestiaires, cherchons ensemble là où l’école a mal. Reconnaissons humblement qu’on n’apprend pas grand-chose dans des amphis bondés ; qu’on n’applique pas intégralement un nouveau système qui mériterait d’abord d’être expérimenté ; qu’on se moque du maître quand on le soumet à corriger une tonne de copies ; qu’on est hors jeu quand on fait prévaloir le droit de la force sur la force du droit.
Tous les partenaires de l’école souffrent des mêmes maux. Ils n’en triompheront qu’en articulant leurs esprits en un génie organisateur. C’est vrai, l’autorité a été bafouée. C’est vrai, les casseurs ont laissé derrière eux un champ de ruine. C’est vrai, les forces de l’ordre ont forcé les ordres. C’est vrai également que c’est l’avenir de notre pays qui est en jeu. Quel pays pouvons-nous construire avec des cerveaux vides, des bras cassés, des mains inaptes, des chômeurs endurcis. Répétons-le : c’est le succès de l’apprenant qui construit le succès du maître. Le contraire est tout aussi vrai.
La rentrée du sport, du football notamment. La bande à Anjorin arrive aux affaires après une longue course aux obstacles. Ne nous voilons pas la face. L’ancien et nouveau Président de la Fédération béninoise du football hérite d’un football en lambeaux. Les solutions de fortune pour figurer au nombre des qualifiés aux phases finales des coupes d’Afrique, relèvent du racolage et du colmatage. Il faut reconstruire notre football. De la base au sommet. Dans tous ses compartiments spécialisés. Dans toutes ses articulations administratives et statutaires. Avec des infrastructures qui tiennent la route. Sur la foi d’un calendrier fiable. Avec l’accompagnement financier, promotionnel et logistique nécessaire. Ne pas exclure un travail planifié sur les cinq prochaines années. Loin des championnats africains. Loin des feux de l’actualité internationale. Loin du classement FIFA. Rentrons au couvent et nous saurons mieux rebondir !
La rentrée des femmes enfin. Le Chef de l’Etat, dont la question du genre n’est pas la tasse de thé, a lancé un défi aux femmes. « On ne vous voit pas. Manifestez-vous ! ». Cette interpellation du chef a valeur d’un défi. Les femmes se débineront-elles ou se redresseront-elles ? Le décor est planté. La rentrée des femmes est attendue. Quelle forme prendra-t-elle ? Que personne ne parle au nom des femmes elles-mêmes.
Jérôme Carlos
La chronique du jour du 25 août 2016