Accès aux soins de santé des enfants de la rue au Bénin : ces oubliés de la solidarité

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Ecrit par Isabelle Otchoumaré

Avoir accès aux droits fondamentaux est un droit constitutionnel au Bénin. Plusieurs structures publiques dont le ministère de la famille s’en occupent spécifiquement. Mais le tableau reste bien sombre et une étude de l’Institut National de la Statistique et de l’Analyse Economique et de la Direction Général du Travail en 2013 précise que 45,2% des enfants travaillant dans les trois plus importants marchés du Bénin ont déclaré avoir été malade au cours des 12 derniers mois précédant le recensement. Ces enfants ont été pour la plupart victimes des maux de dos ou des douleurs aux muscles (46,6%), d’autres problèmes de santé (33,8%), des blessures/coupures profondes (29,6%) et des lésions corporelles (23,8%).


L’article 27 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant reconnait « le droit de tout enfant à un niveau de vie suffisant pour permettre son développement physique, mental, spirituel, moral et social ». La loi d’orientation relative à la lutte contre les exclusions, est aussi orientée vers l’accès effectif des enfants aux droits fondamentaux tels que la santé et l’accessibilité aux soins de santé.  Ceci à juste raison car l’adolescence et l’enfance représentent des périodes du développement physique et mental, de l’acquisition d’un capital culturel et scolaire, plus ou moins important, de l’intégration à la vie sociale.

 C’est aussi un moment d’identification personnelle et sociale et celui où s’achève la constitution du capital – santé. La santé est donc un état de complet bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou de l’infirmité comme précisé dans le préambule de 1946 à la constitution de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Nous avons donc le devoir de veiller à ce que tous les besoins fondamentaux de la personne soient satisfaits, qu’ils soient affectifs, sanitaires, nutritionnels, sociaux ou culturels et ce, du stade de l’embryon, voire des gamètes à celui de la personne âgée.

Il est facile de constater dans Cotonou et certaines villes béninoises, des enfants s’attelant à des travaux divers et vivant dans une situation de grande précarité. Ils ne bénéficient pas de tous leurs droits fondamentaux. Ces enfants tombent donc malade en raison de leurs activités et ne se nourrissent pas à leur faim. Ceux de ces enfants qui tombent malade bénéficient de peu de soins de santé.

Luc, un jeune portefaix au marché Dantopka explique que quand il sent des maux de tête, il demande à ses paires quels médicaments prendre. Cette stratégie d’auto médication reste donc la règle avec ces enfants.   Certains enfants font carrément recours à la mendicité pour avoir leurs moyens de subsistance.  Un de ces enfants explique : « Quand j’ai faim, je mange ce que je trouve. Et quand aucune solution ne s’offre, je demande à manger aux vendeuses de nourriture ». Souradja, une fillette de 10 ans explique qu’elle consomme plutôt les tisanes vendues par les bonnes dames au bord de la voie.

Les dépenses de santé des enfants en général, en l’absence de lien de parenté ou de responsabilité engagée ne sont pas spontanément prises en charge. Peu sont donc les employeurs de ces enfants qui prennent en charge les dépenses de santé.

Ces enfants qui travaillent dans le secteur de l’artisanat ou du transport sont les plus exposés aux risques de maladie. Quand on s’attarde sur la nature des maux dont souffrent ces enfants on se rend compte que les maux de dos et les douleurs aux muscles sont plus récurrents. On dénombre aussi des enfants ayant souffert des lésions corporelles, des problèmes de vision et des problèmes respiratoires qui restent marginaux explique Gaffarou Radji, Psychologue et consultant sur les questions de Développement.

Violence, drogue, alcoolisme, décès d’un parent, explosion familiale, conflit armé, catastrophe naturelle ou simple effondrement socio-économique. Plusieurs situations peuvent amener des enfants à se retrouver dans la rue. On dénombre près de 150 millions d’enfants définis comme enfants de la rue dans le monde dont 30 millions en Afrique, selon le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF). Face à ce phénomène mondial, l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a, à l’occasion de la célébration du 20ème anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant, du 20 novembre 1989, mis en place la journée mondiale des enfants des rues. Une journée célébrée le 26 novembre de chaque année. L’objectif est d’inciter tous les pays membres à agir pour la situation des enfants des rues.

Source: https://gendervox.blogspot.com/2018/06/acces-aux-soins-de-sante-des-enfants-de_16.html

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