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Politique

Par Bertin DJITRINOU

Bénin : les principales mesures annoncées pendant les 100 premiers jours de Romuald Wadagni

Bénin : les principales mesures annoncées pendant les 100 premiers jours de Romuald Wadagni

Réorganisation du Conseil des ministres, budget rectificatif, mesures dans la santé, l’éducation, la justice, l’agriculture, les marchés et la fonction publique : plusieurs décisions ont été annoncées depuis l’arrivée au pouvoir de Romuald Wadagni en mai 2026.

Depuis son arrivée au pouvoir en mai 2026, le président Romuald Wadagni a annoncé plusieurs mesures au cours de ses 100 premiers jours à la tête du Bénin. Elles portent notamment sur le fonctionnement du gouvernement, le budget de l’État, la santé, l’éducation, la justice, l’agriculture, les marchés et la fonction publique.

Lors de son premier Conseil des ministres en tant que président de la République, le 28 mai 2026, il a réorganisé la périodicité des sessions ordinaires. Désormais, le Conseil des ministres se tient une fois par mois, tous les premiers mercredis du mois. Des sessions extraordinaires peuvent être convoquées en cas de besoin, selon l’exécutif.

Sur le plan budgétaire, le projet de loi de finances rectificative pour la gestion 2026, adopté à l’unanimité par l’Assemblée nationale le vendredi 19 juin 2026, est arrêté en ressources et en charges à 4 148,357 milliards de FCFA, contre 3 783,984 milliards de FCFA dans la loi de finances initiale. La révision fait ressortir une hausse de 364,373 milliards de FCFA, soit 9,6 %.

Dans le secteur de la santé, le Conseil des ministres du 3 juin 2026 a décidé de constituer une dotation de 1 milliard de FCFA pour les urgences vitales dans les hôpitaux publics. Selon le gouvernement, cette enveloppe doit permettre aux formations sanitaires de disposer des intrants nécessaires pour prendre en charge les urgences vitales sans condition préalable.

Le gouvernement a aussi décidé l’acquisition de nouveaux équipements pour plusieurs formations sanitaires de référence, notamment des colonnes de cœlioscopie et de laparoscopie digestive, des équipements d’ophtalmologie et des équipements de laboratoire d’anatomopathologie. Sont concernés le CNHU-HKM, le CHUD Ouémé, le CHUMEL, le CHUD Borgou, le CHUZ d’Abomey-Calavi/Sô-Ava et le CHUZ Suru-Léré. Selon le compte rendu du Conseil des ministres du 3 juin 2026, 10 milliards de FCFA ont également été débloqués pour l’accès à l’eau potable et à l’électricité dans tous les centres de santé publics.

Dans l’éducation, le gouvernement a décidé, le 3 juin 2026, de rendre gratuite la scolarité de toutes les filles dans l’enseignement secondaire général et technique public sur l’ensemble du territoire à compter de la rentrée scolaire 2026-2027. Il prévoit aussi la construction de magasins pour cantines scolaires.

En matière de justice, le Conseil des ministres du 1er juillet 2026 a décidé d’harmoniser les coûts des actes judiciaires et de ceux délivrés par le ministère de la Justice, avec un paiement électronique instauré comme mode de règlement exclusif. Selon le gouvernement, la mesure vise à renforcer la traçabilité des paiements et à limiter les risques liés à la gestion manuelle des recettes.

Pour la campagne agricole 2026-2027, des subventions spécifiques ont été instituées au profit des producteurs de riz, de coton, de soja et de cajou, à condition que la production nationale dans ces secteurs atteigne un certain plafond.

Le gouvernement a également autorisé, à compter de juillet 2026, une réduction des redevances mensuelles appliquées aux espaces marchands de Tokpa Yôyô et Tokpa Daho. La baisse varie entre 15 % et 30 % selon les catégories. Dans les neuf marchés urbains de Cotonou, les redevances passent de 18 000 FCFA à 12 000 FCFA et de 21 000 FCFA à 15 000 FCFA. Au marché de friperie de PK3, elles passent de 21 000 FCFA à 15 000 FCFA. La mesure concerne aussi les marchés d’Ahouangbo, Guéma, Houndjro, Djougou, Cococodji et Ouando à Porto-Novo, où la redevance passe de 13 000 FCFA à 9 000 FCFA, ainsi que les marchés régionaux de Pahou, Azovè, Houègbo, Glazoué et Natitingou, où elle est ramenée de 7 500 FCFA à 5 000 FCFA.

Dans la fonction publique, l’accès à l’avancement au 12e échelon des agents de l’État remplissant les conditions d’éligibilité devient automatique. Le gouvernement a autorisé l’avancement de 1 110 agents de l’État en attente. La réforme prend aussi en compte certains agents admis à la retraite. Ceux dont la situation administrative n’est pas à jour bénéficieront d’une reconstitution de carrière et d’une révision de leur pension de vieillesse.

D’autres actions, notamment sur le plan diplomatique, sont également évoquées dans le cadre du renforcement des liens de coopération et des échanges avec l’extérieur.