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Par Bertin DJITRINOU
Rapport Afrobarometer 2026 : 46 % des Béninois disent avoir envisagé d’émigrer
Présenté le 22 septembre 2026 à Cotonou, le rapport phare Afrobarometer indique que près d’un Béninois sur deux a déjà pensé à s’installer dans un autre pays. L’étude met aussi en avant une forte adhésion à la libre circulation dans la sous-région et une relative ouverture à l’accueil des migrants.
Près d’un Béninois sur deux a déjà envisagé de s’installer dans un autre pays, selon le troisième rapport phare Afrobarometer 2026, intitulé « Au-delà des frontières : regards citoyens sur un ordre mondial en mutation ». Présenté mardi 22 septembre 2026 à Cotonou par l’Innovante recherche en économie et gouvernance (IREG), partenaire national d’Afrobarometer au Bénin, ce document s’appuie sur les enquêtes du Round 10 menées dans 38 pays africains, dont le Bénin, entre janvier 2024 et septembre 2025.
D’après la figure 9 du rapport, 46 % des Béninois interrogés ont pensé, à des degrés divers, à émigrer. Dans le détail, 23 % disent y avoir « beaucoup » pensé, 10 % « quelque peu » et 13 % « un peu ».
Les destinations envisagées par les potentiels émigrants se répartissent entre la sous-région, citée par 32 % des personnes concernées, le reste de l’Afrique par 11 %, l’Europe par 25 %, l’Amérique du Nord par 23 % et une autre région du monde par 8 %.
Le rapport relève aussi une forte ouverture à l’accueil des étrangers au Bénin. Selon les données publiées, 89 % des personnes interrogées accepteraient des travailleurs migrants comme voisins et 88 % des réfugiés comme voisins. En outre, 64 % jugent positivement l’impact économique des immigrants. Ces proportions sont supérieures aux moyennes observées dans les 38 pays étudiés, respectivement de 77 %, 68 % et 45 %.
Sur la liberté de circulation transfrontalière, 74 % des citoyens béninois se disent favorables à la libre circulation des personnes dans leur sous-région, contre 26 % qui préfèrent des limitations. Là encore, le niveau enregistré au Bénin dépasse la moyenne des 38 pays, établie à 56 %.
Le rapport souligne toutefois qu’une majorité des personnes interrogées n’a jamais entendu parler de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Seuls 8 % des répondants disent en avoir connaissance, alors qu’elle est présentée par les experts comme « l’un des projets d’intégration économique les plus ambitieux de l’histoire du continent ».
À l’échelle régionale, Afrobarometer indique que « les Africains de l'Ouest (34% « beaucoup ») sont plus de deux fois plus nombreux que les Africains de l'Est et du Nord (16% dans les deux cas) à envisager sérieusement de s'installer ailleurs ». Le rapport cite notamment la Gambie, où 53 % des personnes interrogées déclarent y songer, et le Liberia, avec 51 %.
Le document estime par ailleurs qu’« en Afrique, les migrations sont avant tout une question de gouvernance ». À l’échelle du continent, 45 % des Africains ont envisagé d’émigrer, soit, selon le rapport, une hausse de 40 % en dix ans, portée surtout par les jeunes et les personnes instruites en quête d’emploi.
Selon le même rapport, les motivations avancées restent principalement économiques : 50 % des candidats au départ citent la recherche d’un emploi et 29 % la volonté d’échapper à la pauvreté ou aux difficultés économiques.