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Lutte contre la fraude douanière : plus de 5 500 téléphones Android saisis à Hillacondji

La Brigade des Douanes de Hillacondji a intercepté une importante cargaison de téléphones portables introduite frauduleusement sur le territoire béninois. Au total, 5 574 téléphones Android ont été saisis lors d’une opération menée le dimanche 12 juillet 2026.

Conduite sous la direction du capitaine Fortuné Allagbé, cette intervention est le résultat d’un travail de renseignement et d’une surveillance renforcée des corridors frontaliers. Elle intervient quelques jours après une autre opération ayant permis la saisie d’une cargaison de munitions.

Selon les estimations, les appareils saisis représentent une valeur marchande proche d’un demi-milliard de francs CFA, chaque téléphone étant évalué en moyenne à environ 80 000 FCFA. Les autorités soulignent que les droits de douane liés à une importation régulière auraient été nettement inférieurs au préjudice subi par les trafiquants à la suite de cette saisie.

Pour l’administration douanière, cette opération traduit le renforcement de la lutte contre la fraude et la contrebande aux frontières du pays. Elle vise également à préserver les recettes publiques et à promouvoir un commerce plus transparent et équitable.

À travers cette saisie, les autorités adressent un message aux opérateurs économiques et aux réseaux de contrebande : le contournement des procédures légales devient de plus en plus risqué. Les importateurs sont ainsi invités à privilégier les circuits réguliers et les mécanismes de recours prévus par la réglementation en vigueur.

Bertin Djitrinou

Réforme électorale au Bénin : les raisons de la suppression provisoire de la CENA

L’Assemblée nationale a adopté, le 10 juillet 2026, une loi abrogeant les dispositions du Code électoral relatives à la Commission électorale nationale autonome (CENA). Cette décision, votée en procédure d’urgence et à l’unanimité, ne marque toutefois pas la disparition définitive de l’institution, mais une phase transitoire destinée à adapter l’administration électorale au nouveau cycle politique de sept ans.

Portée par le député Augustin Ahouanvoèbla, la réforme vise à éviter un vide institutionnel. Avec l’allongement des mandats du président de la République, des députés et des conseillers communaux à sept ans, la prochaine mandature de la CENA, si elle était installée dans les conditions actuelles, arriverait à échéance sans avoir organisé de scrutin politique.

Pour la Commission des lois, il était donc nécessaire de mettre le Code électoral en cohérence avec les réformes constitutionnelles récentes. Plusieurs préoccupations demeurent toutefois, notamment le devenir du personnel de la CENA, les missions d’assistance électorale qu’elle assurait et la situation de certains agents électoraux en attente de rémunération.

Le texte adopté abroge les dispositions relatives à l’organisation et au fonctionnement de la CENA. Il prévoit également qu’un décret pris en Conseil des ministres précisera les modalités de gestion de son patrimoine, de liquidation de ses engagements et de redéploiement de son personnel au sein de l’administration publique.

Cette réforme ouvre ainsi la voie à une future restructuration de l’administration électorale béninoise.

Bertin Djitrinou

Réforme du permis de conduire au Bénin : l’ANaTT apporte des clarifications sur les nouvelles règles

Les nouvelles dispositions relatives à l’obtention du permis de conduire, contenues dans l’arrêté du 26 mai 2026, suscitent de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique. Face aux interrogations et aux rumeurs, l’Agence nationale des transports terrestres (ANaTT) a apporté des précisions sur les contours de cette réforme.

L’agence dément notamment les informations faisant état d’une obligation systématique pour tous les candidats d’attendre six mois avant de se présenter à l’épreuve pratique. Selon l’ANaTT, les textes prévoient plusieurs parcours de formation après la réussite de l’examen théorique, permettant aux candidats de choisir une formule adaptée à leur niveau de préparation.

L’institution souligne que cette réforme vise avant tout à améliorer la qualité de la formation des conducteurs et à renforcer la sécurité routière. Elle s’inscrit dans la continuité des réformes déjà engagées, notamment la digitalisation du système de gestion du permis de conduire et l’utilisation de véhicules dédiés aux examens pratiques.

Pour l’ANaTT, il ne s’agit pas de compliquer l’accès au permis, mais de garantir que chaque futur conducteur dispose des compétences nécessaires avant de prendre le volant.

L’agence rappelle enfin que les modalités de formation, les catégories de permis concernées et les conditions d’examen sont définies par les textes réglementaires en vigueur. Elle invite les candidats à se référer exclusivement aux communications officielles afin d’éviter toute désinformation.

Bertin Djitrinou

FAUX : Le Burkina Faso n’a signé aucun accord avec la Banque de Moscou pour le stockage de ses réserves d’or

Une information largement relayée sur les réseaux sociaux et certains sites d’information affirme que le Burkina Faso aurait signé un protocole d’accord avec la Banque de Moscou pour le stockage de ses réserves nationales d’or. Présentée comme une annonce du ministre de l’Économie, des Finances et de la Prospective, Dr Aboubacar Nacanabo, cette affirmation est fausse.

L’allégation

Selon les publications diffusées, le Burkina Faso aurait confié une partie de ses réserves d’or à une institution bancaire russe dans le cadre d’un accord destiné à sécuriser et à valoriser ses ressources stratégiques.

Cette information a été reprise par plusieurs plateformes d’information. Le site Télévision Africa a notamment publié un article intitulé : « Burkina Faso : un accord signé avec la Banque de Moscou pour le stockage des réserves d’or nationales ». D’autres sites, tels que Forumrsesn.org et Afirk Soir, ont également relayé cette affirmation, certains allant jusqu’à évoquer une prétendue rémunération de 25 % des réserves déposées.

Les vérifications d’InfoCheck

Afin d’établir la véracité de cette information, l’équipe d’InfoCheck a procédé à plusieurs vérifications auprès de sources officielles et de médias spécialisés.

Nos recherches ont d’abord porté sur les canaux officiels du gouvernement burkinabè, notamment ceux du Ministère de l’Économie et des Finances ainsi que du Ministère des Affaires Etrangères.

Sur les pages Facebook officielles (ici et ici) de ces deux institutions, nous avons retrouvé un communiqué publié le 10 juillet 2026 par le cabinet du Ministère de l’Économie et des Finances. Le ministère y dément formellement l’existence d’un quelconque accord avec la Banque de Moscou.

Le communiqué précise que ces informations « ne reposent sur aucun fait avéré, encore moins sur aucune décision officielle des autorités burkinabè ». Il dénonce une campagne de désinformation relayée sur les réseaux sociaux et par certains médias, tout en indiquant se réserver le droit d’engager des poursuites contre les auteurs et diffuseurs de ces fausses informations.

Par ailleurs, une recherche effectuée sur Google à partir des mots-clés « transfert des réserves d’or du Burkina Faso à la Banque de Moscou » nous a permis d’identifier plusieurs articles ayant déjà vérifié cette allégation.

Parmi eux figurent notamment :

  • La Nouvelle Tribune, média béninois ;
  • FasoCheck, plateforme burkinabè spécialisée dans la lutte contre la désinformation et les discours de haine ;
  • APAnews (Agence de Presse Africaine).

Ces différentes vérifications convergent toutes vers la même conclusion : aucun accord de ce type n’a été signé.

Pourquoi cette rumeur paraît crédible

Cette désinformation intervient dans un contexte marqué par le renforcement des relations entre le Burkina Faso et la Russie, notamment dans les domaines de la défense, de l’énergie et des mines.

Ce contexte géopolitique a probablement contribué à donner une apparence de crédibilité à cette allégation. Toutefois, aucun document officiel, aucune déclaration gouvernementale ni aucune preuve vérifiable ne vient étayer l’existence d’un accord portant sur le stockage des réserves d’or du Burkina Faso auprès de la Banque de Moscou.

Verdict

Faux.

Aucune preuve officielle ne confirme que le Burkina Faso a signé un accord avec la Banque de Moscou pour le stockage de ses réserves d’or.

Au contraire, le ministère burkinabè de l’Économie, des Finances et de la Prospective a officiellement démenti cette information et dénoncé une campagne de désinformation.

 

Esdras Biaou & Jérôme Avocètien

Cet article a été rédigé dans le cadre du projet InfoCheck 2026 de REPROMED-Bénin, consacré à la lutte contre la désinformation à l’ère de l’intelligence artificielle. Ce projet est mis en œuvre par REPROMED-Bénin, avec l’appui financier et technique de l’Association des Blogueurs pour une Citoyenneté Active (ABCA).

 

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