Toutes les chroniques de Wilfrid Ahouassou

Ce que la victoire et la défaite peuvent nous apprendre du 17/09/2026

Par Wilfrid Ahouassou

En quelques jours, le sport féminin béninois a connu la joie d’un trophée en handball et la dure réalité du très haut niveau avec nos footballeuses U20. Au-delà des scores, ces deux parcours posent une même question : comment transformer victoires et défaites en étapes pour construire durablement la performance ?

Deux images ont marqué le sport féminin béninois ces derniers jours.

La première vient de Ouagadougou. Nos handballeuses viennent de battre la Côte d'Ivoire 29 - 28. Au coup de sifflet final, elles explosent de joie. Elles remportent l'IHF Nations Trophy de la Zone 3 et se qualifient pour le Championnat d'Afrique féminin prévu cette année en Tunisie.

La deuxième image vient de Pologne. Nos jeunes footballeuses quittent le terrain après un lourd 8-0 face à l'Argentine, pour leur première Coupe du monde féminine U20.

D'un côté, la joie. De l'autre, la déception. Mais les deux peuvent nous apprendre quelque chose. Car la victoire de nos handballeuses ne s'est pas construite sans difficultés.

Avant de battre la Côte d'Ivoire en finale, elles avaient perdu 26-23 contre cette même équipe en phase de groupes. En demi-finale, face au Nigeria, elles étaient encore menées de cinq buts à quelques minutes de la fin. Elles sont revenues dans le match avant de finalement s'imposer 38-37 après prolongation. Elles ont donc connu des moments difficiles avant de gagner.

Et c'est peut-être avec ce regard qu'il faut aussi analyser le parcours de nos footballeuses.

Elles avaient pourtant bien commencé leur Coupe du monde avec un match nul, 2-2 face au Mexique. Puis il y a eu l'Argentine et ce 8-0 difficile à encaisser. Enfin la Pologne, avec une nouvelle défaite, 4-1. Bien sûr, personne n'aime perdre 8-0. Mais pour une équipe qui découvrait une Coupe du monde U20, ces matchs ont surtout montré le niveau qu'il nous reste à atteindre.

La vraie question commence maintenant.

Qu'allons-nous faire de cette expérience ?

Passer à autre chose et attendre la prochaine compétition ? Ou utiliser ces matchs pour mieux préparer les prochaines générations ?

Parce que le talent, nous en avons. Mais pour arriver au haut niveau, le talent seul ne suffit pas. Il faut que nos jeunes filles jouent régulièrement. Il faut de bons championnats. Il faut commencer la formation très tôt. Il faut de bons entraîneurs, un suivi médical et physique de qualité. Il faut aussi affronter régulièrement de bonnes équipes étrangères.

Et tout cela demande du temps, des moyens et surtout de la continuité.

C'est peut-être finalement ce que le handball et le football viennent de nous rappeler.

Une victoire ne veut pas dire que tout est acquis. Une lourde défaite ne veut pas dire non plus que tout est à jeter. Dans les deux cas, il faut regarder ce qui a fonctionné, ce qui n'a pas fonctionné... et continuer à travailler.

Nos handballeuses viennent de montrer qu'une équipe peut perdre contre un adversaire, le retrouver quelques jours plus tard et le battre. Nos jeunes footballeuses, elles, reviennent de Pologne avec une première expérience du plus haut niveau mondial de leur catégorie.

Maintenant, il faut construire sur tout cela. Célébrer la victoire, bien sûr. Mais apprendre aussi de la défaite.

Parce qu'un match se gagne ou se perd en quelques minutes. Ce que nous faisons après peut changer les résultats des prochaines années.

À jeudi prochain.