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Rentrée scolaire: Le treizième mois des parents du 10/09/2026
Par Wilfrid Ahouassou
Dans quelques jours, les classes vont reprendre. Et dans beaucoup de maisons, les calculs ont déjà commencé. Les cahiers. Les livres. Le sac. Les chaussures. Les uniformes à faire coudre. La première tranche de scolarité pour certains. Le transport, parfois la cantine.…
Dans quelques jours, les classes vont reprendre. Et dans beaucoup de maisons, les calculs ont déjà commencé. Les cahiers. Les livres. Le sac. Les chaussures. Les uniformes à faire coudre. La première tranche de scolarité pour certains. Le transport, parfois la cantine. Pris séparément, chacun de ces achats peut paraître supportable. Mais quand il faut préparer deux, trois ou quatre enfants en même temps, l'addition monte très vite. Et pendant ce temps, le mois de septembre reste un mois comme les autres. Il faut toujours manger. Payer le loyer. L'électricité. L'eau. Se déplacer. Faire face aux imprévus. Voilà pourquoi, pour beaucoup de parents, la rentrée scolaire ressemble presque à un treizième mois de dépenses... mais sans treizième mois de salaire. La rentrée n'est pourtant pas une surprise. Chaque parent sait qu'elle arrive. Alors pourquoi provoque-t-elle, année après année, autant de tension dans les budgets familiaux ? La réponse n'est peut-être pas simplement une question d'organisation. Car pour anticiper une dépense, encore faut-il avoir quelque chose à mettre de côté. Et lorsque le revenu du mois sert déjà à couvrir l'essentiel, constituer progressivement une réserve pour septembre devient difficile. La rentrée scolaire nous ramène donc à une réalité beaucoup plus large : celle du pouvoir d'achat des familles. Il suffit parfois d'une dépense exceptionnelle pour fragiliser un budget déjà très serré. Et lorsque plusieurs enfants sont scolarisés dans le même foyer, l'effort devient encore plus important.
Bien sûr, des mesures existent pour alléger certaines charges. Dans le public notamment, différentes politiques de gratuité ont progressivement réduit une partie des dépenses directement liées à la scolarité. Mais inscrire un enfant à l'école et l'y maintenir pendant toute une année sont deux choses différentes. Autour de la scolarité viennent se greffer de nombreuses dépenses : fournitures, tenue, transport, alimentation et parfois d'autres frais demandés au cours de l'année. C'est aussi cela, le coût réel de l'école pour une famille. Alors, peut-on faire autrement ? Certaines familles achètent progressivement les fournitures. D'autres réutilisent ce qui peut encore servir d'une année à l'autre. Beaucoup font simplement avec ce qu'elles ont et établissent des priorités. Mais la question dépasse les seules familles. Les établissements peuvent aussi s'interroger sur certaines exigences. Les politiques publiques peuvent continuer à cibler les dépenses qui pèsent réellement sur les ménages. Et chacun peut contribuer à faire en sorte que la rentrée reste d'abord ce qu'elle devrait être : le retour des enfants à l'école. Septembre reviendra l'année prochaine. Les listes de fournitures aussi. Les uniformes aussi. La véritable question n'est donc pas de savoir si les parents connaissent la date de la rentrée. Elle est de savoir comment faire pour qu'une dépense aussi prévisible ne continue pas, chaque année, à déséquilibrer autant de budgets familiaux. Car pour beaucoup de parents, le premier défi de la rentrée commence bien avant la salle de classe. Il commence devant le portefeuille.
À jeudi prochain.