Découverte d’une gigantesque planète nichée au cœur de notre Voie lactée

Written by le 9 novembre 2017

Des astronomes ont découvert une planète treize fois plus lourde que Jupiter dans le «bulbe galactique».

Jupiter, la plus grosse planète du Système solaire, pèse 317 fois la masse de la Terre pour un diamètre dix fois plus grand. C’est un beau bébé en somme. Imaginez alors une planète encore 13 fois plus lourde! C’est ce que vient de découvrir une équipe internationale d’astronomes. Leur trouvaille fait l’objet d’une pré-publication sur le site arXiv.

Cette nouvelle planète au nom poétique, OGLE-2016-BLG-1190Lb, fait 13,4 fois la masse de Jupiter précisément, soit plus de six fois la masse de tous les objets qui orbitent autour de notre étoile. Il n’y aurait jamais eu assez de matière dans notre Système solaire pour former un tel objet… Le mastodonte orbite autour d’une étoile similaire à notre Soleil (elle fait 90% de sa masse) à deux unités astronomiques environ, soit deux fois la distance Terre-Soleil.

Cette planète est par ailleurs extrêmement lointaine. Elle se situe au cœur de notre Voie lactée, à 20.000 années-lumière environ, dans une zone appelée bulbe galactique. De la forme d’une cacahuète, cette région concentre 10 milliards d’étoiles, soit un dixième du total de notre galaxie. OGLE-2016-BLG-1190Lb n’est pas la première planète à être découverte dans le bulbe galactique, mais elles ne sont pas nombreuses.

3700 exoplanètes recensées

Les deux techniques les plus communes de détections d’exoplanètes consistent observer les micro-éclipses provoquées par le passage de planètes devant leur étoile (méthode des transits) ou à débusquer les petits variations de couleurs d’une étoile se déplaçant d’avant en arrière sous l’effet de l’attraction gravitationnelle de ses planètes (méthode des vitesses radiales). Ce mastodonte a lui été détectée par une troisème technique: l’effet de microlentille gravitationnelle.

Celle méthode consiste à observer le petit regain de luminosité d’une étoile provoquée par le passage d’un objet dans la ligne de visée. Ce n’est pas intuitif mais en détournant les rayons lumineux provenant de l’étoile d’arrière-plan, l’objet agit comme une loupe grossissante, trahissant ainsi sa présence (tout en restant invisible). Sur les 3700 exoplanètes recensées dans le catalogue Exoplanet.eu (tenu par le Français Jean Schneider), une soixantaine ont été découvertes par cette technique, dont une dizaine en 2017.

La limite entre planète et naine brune n’est pas très claire

OGLE-2016-BLG-1190Lb n’est pas la plus grosse exoplanète jamais identifiée: le catalogue exoplanet.eu en recense plus d’une centaine, avec un record à 93,6 fois la masse de Jupiter! Seul problème, au-delà de 13 masses de Jupiter, on ne sait plus bien si l’on a affaire à une planète ou à une naine brune, sorte d’étoile avortée. «Il n’y a pas de limite très claire», commente Jean-Philippe Beaulieu, directeur de recherche CNRS à l’Institut d’astrophysique de Paris. «Je ne pense pas que la masse soit le bon critère. On pourrait définir une planète comme un objet qui se forme dans le disque de débris qui entoure une étoile. Il ne fait pas trop de doutes selon moi que c’est bien le cas ici.»

Cette observation a en revanche comme particularité d’avoir été réalisée par deux télescopes en orbite ainsi que par des observatoires au sol. «Cela permet d’améliorer d’un facteur deux ou trois au minimum la précision des données recueillies sur cet objet», estime Jean-Philippe Beaulieu. L’astrophysicien aimerait pour sa part regarder directement l’étoile autour de laquelle orbite la planète géante, l’été prochain par exemple. Ce qui serait possible avec l’un des télescopes de 10 mètres situés au sol, comme le Keck à Hawaï.

Src: lefigaro.fr


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