Déguerpissement dans les grandes villes : Les occupants des espaces publics changent d’emploi du temps

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Difficile pour les populations de libérer véritablement les espaces publics. Sommés de quitter les abords des rues et trottoirs il y a quelques jours à Abomey-Calavi et Cotonou, certains petits commerçants ont vite fait de trouver la parade de les occuper l’après midi et dans la nuit.
Des citoyens encore résistants à l’opération de libération des espaces publics. C’est le constat désolant qui se dégage après le déguerpissement opéré il y a quelques jours dans les villes de Cotonou et d’Abomey-Calavi. Des activités économiques se développent toujours aux abords des rues et trottoirs, et cette fois-ci, à des moments précis : après-midi et la nuit.

Maxime, vendeur de chaussures usagers à Abomey-Calavi ne peut pas mener son activité sans exposer ses articles au bord de la voie. Contrairement au passé, c’est de l’après-midi jusqu’à la nuit qu’il fait désormais son commerce. « Je viens autour de 15h, et je fais mon petit business jusqu’à 22h voire 23h avant de partir. C’est une petite activité qui me nourrit et me permet de prendre soin de ma famille. Le bénéfice que je fais ne me permet pas de prendre une boutique. Quand je viens, je mets quelques échantillons au bord de la voie, et le reste est exposé sous l’arbre à côté », a-t-il confié.

« A midi, on ne reste pas là-bas », confie Rachidi, lui aussi vendeur de chaussures et autres articles vestimentaires. Après l’opération de libération des espaces publics, il estime que les petits commerçants peuvent développer ces petites activités par moment afin de gagner un peu d’argent.


Inoussa, vendeur de rideaux expose aussi ses produits au bord de la voie. Mieux que le domaine public, ce sont les poteaux électriques de la SBEE qui lui servent de supports pour l’exposition de ses articles. « Quand les rideaux sont emballés dans le sac, personne ne voit. Il faut les mettre quelque part pour que les gens voient et s’y intéressent. Sinon, les choses vont rester là, tu ne vas jamais vendre », a-t-il expliqué. « C’est quand je finis de me promener un peu que je viens m’installer ici le matin vers 10h, et le soir à partir de 17h », ajoute Inoussa.

Comme eux, plusieurs autres petits commerçants (vendeuses de fruits, de bouillie et autres repas, des tenanciers de stands de vente de produits GSM et autres) continuent d’occuper les espaces publics.

En vue d’améliorer le cadre de vie et de faciliter la mobilité urbaine dans les grandes villes du Bénin, le gouvernement a initié le projet Asphaltage. Pour la première phase qui vient de s’achever, plus de 195 Km de voies avec éclairage public ont été réaménagées pour un coût d’environ 222 milliards de francs CFA.

Selon le préfet du Littoral, Alain Orounla, pas question d’encombrer les espaces publics. A travers un communiqué, il a précisé que les rues asphaltées ne peuvent pas continuer de subir les actes d’incivisme qui avaient été tolérées par négligence par le passé. « Il s’agit de le rappeler à nos compatriotes dans le cadre d’une activité permanente. Il n’y a pas de saison pour rappeler les gens à l’ordre. Ils ont été suffisamment informés de ce qu’ils doivent prendre le soin de libérer les espaces avant que les forces de sécurité ne soient obligées d’intervenir », a précisé Alain Orounla.

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