Deux vies, deux destins, une boussole

Mise en ligne par le 30 octobre 2018

 

Belle coïncidence. Deux ouvrages autobiographiques paraissent presque en même temps en cette année de grâce 2018. Le premier au mois de juin aux Editions Maloona. Auteur : Isidore Mèvoto Hodé. Titre : « Les sommets de la gloire ». Le second au mois d’août, sous la signature de Vincent Codjo Djossou. Il est titré « Une vie consacrée à Dieu ». Les deux auteurs viennent d’un milieu extrêmement pauvre. Mais l’un et l’autre ont brillamment réussi leur vie. Le premier, un septuagénaire, est ingénieur des industries textiles. Le second, un octogénaire, a été le premier professeur d’odontologie au Bénin. Mais pourquoi prennent-ils la plume sur le tard ? Ni  caprice ni fantaisie. Mais la volonté de témoigner.

On notera, par ailleurs, que les deux auteurs sont de Grand- Popo. Qu’ils sont profondément croyants. Qu’ils ont eu un parcours semé de mille et un obstacles. Que face à l’adversité, ils ont su déployer les mêmes « armes miraculeuses ». Qu’ils ont couronné leur  vie des mêmes résultats. En termes d’auto-accomplissement, de réussite et de succès. Que dire de ces deux vies, de ces deux destins, sous le guidage d’une seule et même boussole ? Trois données, comme autant de clés, pour asseoir une explication.

1 – Le devoir de témoignage. Isidore Mèvoto Hodé et Vincent Codjo Djossou, en prenant la plume, ne visaient le moindre succès de librairie. Les hauts faits qui balisent leur parcours suffissent à les faire entrer dans le Panthéon secret et intime de tous ceux qui les connaissent, de tous ceux qui les apprécient. Mais il se trouve que l’un et l’autre ont beaucoup reçu. Ils se doivent de beaucoup donner. Isidore Mètovo Hodé et Vincent Codjo Djossou, en prenant la plume, payent une dette. Parce qu’ils ne peuvent, de façon égoïste, mettre leur expérience de vie sous le boisseau. Cette expérience est à partager. Notamment avec la jeune génération de nos compatriotes qui piaffent d’impatience aux portes des arènes de la vie. Qu’il ne soit pas dit que les anciens n’ont légué à leurs fils et petits-fils qu’un grenier vide, qu’une page blanche. Sous ce rapport, « Les sommets de la gloire » d’Isidore Mètovo Hodé et « Une vie consacrée à Dieu » de Vincent Codjo Djossou se parent de l’exigence d’un devoir de témoignage, exhalent le parfum d’un testament.

2 – Le pouvoir de la pensée positive. Le lecteur découvrira que nos deux auteurs, toute leur vie, face à toutes les situations, ont su développer une attitude mentale positive. Ils se concentrent davantage sur les solutions plutôt que sur les problèmes. Ceci dans le droit fil de ce qu’enseigne la sagesse des nations : « Quand une porte se ferme, une autre s’ouvre. Mais nous perdons très souvent notre temps derrière la porte fermée. » (Fin de citation)

Par ailleurs, nos deux auteurs, sur leur parcours, ont fait montre d’une exceptionnelle persévérance. D’un concept plus actuel, on parlerait de résilience. Il s’agit de ce ressort moral en acier inoxydable contre lequel viennent se fracasser ennuis, soucis et autres équations complexes de la vie. Le professeur Victor Houndonougbo, préfacier de « Les sommets de la gloire »  signale, à juste raison, un précepte au cœur de nos préoccupations au Centre africain de la pensée positive (CAPP) : « Un gagneur ne lâche jamais, un lâcheur ne gagne jamais ». Nous pouvons le dire sans ambages : Isidore Mèvoto Hodé et Vincent Codjo Djossou sont d’authentiques penseurs positifs. Davantage par l’expérience de la vie que par des références académiques.

3 – L’éducation par l’exemple. Nos deux auteurs auraient pu, à partir de leur expérience respective, écrire un traité de règles et principes pour réussir sa vie. Mais le fait de nous inviter à nous mirer dans le miroir de l’histoire de leur vie a plus de consistance et d’épaisseur. C’est au-delà de tous les cours théoriques. C’est plus que toutes les leçons de morale et d’éthique. C’est un condensé unique d’expérience.

Il s’y ajoute que, en dépit d’une désaffection marquée pour le  livre et pour la lecture, nos deux auteurs ont poursuivi jusqu’au bout leur entreprise d’écriture. Rendons leur hommage. Gardons-nous toutefois de faire d’eux des pionniers sans héritiers. Continuons de construire des amphithéâtres. Poursuivons la formation des maîtres. Mais convainquons-nous d’une vérité : ce qu’il y a de mieux, c’est l’éducation par l’exemple. Elle n’a pas de prix.

Jérôme Carlos

La chronique du jour du 30 octobre 2018


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