Économie béninoise : « Le coton n’est pas le seul à tirer la croissance » (L. Zinsou)

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La croissance du Bénin est soutenue par l’activité agricole dans son ensemble et non uniquement par le coton. C’est ce qu’a déclaré l’ex premier ministre Lionel Zinsou dans un entretien accordé à Jeune Afrique.
Dans son interview à JA, l’économiste a salué la double émission d’eurobonds réalisée par le Bénin début janvier 2021 et celle de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD).
A la question de savoir s’il faut mettre cette réussite de l’opération d’émission d’eurobonds du Bénin au crédit du ministre des Finances et de l’Économie, Romuald, il répond : « Il est vrai que le Bénin a un bon ministre des Finances, et vous ne m’entendrez pas le dénigrer. Mais ce qui compte, c’est la signature du pays. Ce sont les 12 millions de Béninois (…) ».

Se prononçant sur la croissance (2%) soutenue par le coton et les investissements dans les infrastructures, l’ancien premier ministre fait savoir que le coton n’est pas le seul à tirer la croissance. Pour lui, c’est l’agriculture dans son ensemble l’anacarde, les cultures vivrières.
« Ces dernières, en particulier le maïs et le manioc, sont d’ailleurs peut-être les plus importantes, d’une certaine manière, pour le pouvoir d’achat des populations. Dans l’Uemoa, l’agriculture, c’est entre 25 et 30% du PIB. C’est le premier client et le premier fournisseur de tous les autres secteurs. C’est un modèle agrarien qui est soutenable, parce qu’il irrigue aussi bien les services que l’industrie », explique-t-il à Jeune Afrique.
Quant aux investissements publics, poursuit M.Zinsou pour reprendre la formule de Mario Draghi, l’ancien président de la Banque centrale européenne : « Il n’y a de bonne dette publique que s’il y a des investissements publics rentables. ». Selon lui, c’est le cas au Bénin, comme au Sénégal ou en Côte d’Ivoire où il n’y a pas d’éléphants blancs.
« Les investissements, ce sont des centrales, des ports, des routes… Des équipements qui ont des effets sur l’ensemble de l’économie. C’est un grand changement par rapport à l’Afrique d’il y a quarante ans. Les investissements publics sont disciplinés et rentables », informe-t-il.
Le banquier d’affaires ajoute que sur le plan des investissements public, le Bénin propose un plan de relance qui va représenter 5 à 7% du PIB. « C’est sans précédent. La Côte d’Ivoire va adopter, en février, un plan exceptionnel, qui représentera également une part du PIB très importante, avec des investissements spectaculaires dans l’industrie, l’énergie. Ce n’est certes pas le plan « Biden », mais pour la première fois, on est à la bonne mesure pour assurer le rebond de l’économie », souligne l’ancien premier ministre de Boni Yayi.
AAA.