L’autoroute Abidjan-Lagos, longue de 1081 kilomètres, est l’un des principaux projets de connexion par la route de cinq pays d’Afrique de l’Ouest : Côte d’Ivoire, Ghana, Togo, Bénin et Nigéria. Ce projet a été discuté lors d’un boardroom (salles de transactions) de l’African Investment Forum qui s’est déroulé le 16 mars 2022.

L’Africa Investment Forum est une plateforme transactionnelle, multipartite et multidisciplinaire conçue pour lever des capitaux pour des investissements d’envergure en Afrique. En prélude à l’événement proprement dit, prévu pour le mois de novembre prochain à Abidjan (Côte d’Ivoire), la Banque africaine de développement et ses sept partenaires ont organisé des sessions de boardrooms du 15 au 17 mars pour discuter et faire avancer les transactions qui étaient dans le pipeline pour l’édition 2021. Cette édition avait connu un report à cause de l’apparition de la variante Omicron du Covid-19.

Parmi les quarante-cinq transactions attendues, l’autoroute Abidjan-Lagos a suscité l’appétence des investisseurs privés, publics et institutionnels. Dans son allocution à cette boardroom, Dr Akinwunmi A. Adesina, président du Groupe de la Banque africaine de développement a souligné que le projet d’autoroute du corridor Abidjan-Lagos est le projet d’infrastructure le plus important en Afrique de l’Ouest, qui facilitera la libre circulation et le commerce dans la région.

Long de 1081 kilomètres, le corridor partira de Bingerville, dans la banlieue Est d’Abidjan, pour se terminer à Mile 2 (Eric Moore) à Lagos. Trois tronçons sont prévus pour la construction de cette autoroute à deux fois trois voies : Abidjan (Côte d’Ivoire) – Takoradi (Ghana), 295 km ; Takoradi (Ghana) – Akanu (Ghana), 466 km et Noepe (Togo)- Cotonou (Bénin) Lagos (Nigeria), 320 km. Huit postes frontières seront également construits sur le corridor.

L’autoroute Abidjan-Lagos a déjà suscité l’intérêt de la Banque africaine de développement, qui a accordé une aide de 22,4 millions d’euros de financement des études préparatoires à la mise en œuvre et à la gestion du projet de corridor.
Le président de la Commission de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Jean-Claude Kassi Brou, a co-présidé une boardroom virtuelle pour attirer des investisseurs pour financer la construction de l’autoroute aux côtés de Solomon Quaynor, vice-président de la Banque africaine de développement chargé du Secteur privé, de l’Infrastructure et de l’Industrialisation.

Le président Brou tout en remerciant les participants a souligné l’importance du projet d’autoroute du corridor Abidjan-Lagos. « Le Corridor Abidjan-Lagos est l’un des principaux instruments qui assurera le développement de notre région et consolidera la résilience économique de l’Afrique de l’Ouest. Il fait partie intégrante des grands projets de développement routier continental de l’Union africaine et de l’Agence AUDA-NEPAD », a-t-il déclaré.

Dynamiser les transport de l’Afrique de l’Ouest

Au total, 15,6 milliards de dollars ont été mobilisés pour ce projet majeur qui sera exécuté sur une période de 4 à 6 ans. L’importance stratégique de ce projet n’est plus à démontrer. L’axe Abidjan-Lagos concentre près de 75% des activités commerciales de l’Afrique de l’Ouest. Le secteur des transports représente 5 à 8% du produit intérieur brut de la région et joue un rôle essentiel dans le développement économique et la création d’emplois, notamment pour les femmes et les jeunes. L’autoroute Abidjan-Lagos figure parmi les 16 projets du Plan d’actions prioritaire du Programme continental de l’Union Africaine pour le développement des infrastructures en Afrique (PIDA) dont la Banque africaine de développement assure la mise en œuvre. C’est également une priorité dans le cadre de la nouvelle Vision 2050 de la CEDEAO qui, entre autres objectifs, vise à « faire de la CEDEAO une région économique pleinement intégrée et interconnectée ».

L’autoroute Abidjan-Lagos est un tronçon de la côtière transfrontalière Dakar – Abidjan – Lagos. Elle aura donc un impact direct sur 14 des 16 pays d’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée Bissau, Libéria, Mali, Niger, Nigéria, Sénégal, Sierra Leone, et Togo). Elle viendra compléter le corridor Enugu-Bamenda, qui relie le Sud-est du Nigéria en Afrique de l’Ouest au sud-ouest du Cameroun, en Afrique centrale. Cette autoroute, longue de 443 kilomètres et dont le coût s’élève à 430 millions de dollars environ, bénéficie d’un financement de la Banque africaine de développement et est en phase de finalisation.

Ce corridor intégrateur, reliera les villes et ports les plus dynamiques sur le plan économique et les agglomérations les plus densément peuplées d’Afrique de l’Ouest (Lagos, Abidjan, Accra, Cotonou et Lomé). Il permettra aussi de densifier les échanges et l’intégration en Afrique de l’Ouest, notamment en offrant un accès maritime aux pays enclavés (Burkina Faso, Mali, Niger et Tchad) grâce à sa jonction avec d’autres corridors le long de l’axe Nord-Sud.

L’autoroute Abidjan-Lagos permettra de dynamiser les transports (routes, voies ferrées, ports et aéroports) de l’Afrique de l’Ouest et contribuera à accélérer la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), un des plus grands marchés mondiaux avec 1,3 milliard de consommateurs et un PIB combiné d’environ 3000 milliards de dollars.

Le Groupe de la Banque africaine de développement

Le Groupe de la Banque africaine de développement est la principale institution de financement du développement en Afrique. Il comprend trois entités distinctes : la Banque africaine de développement (BAD), le Fonds africain de développement (FAD) et le Fonds spécial du Nigeria (FSN). Représentée dans 41 pays africains, avec un bureau extérieur au Japon, la Banque contribue au développement économique et au progrès social de ses 54 États membres régionaux.