Election : un carburant socio-économique

Mise en ligne par le 7 août 2018

 

L’arbitre de la partie a rejeté le référendum. La révision de la Constitution n’empruntera pas cette voie. Un coup de sifflet impératif écarte tout recours à l’arbitrage vidéo. Mais l’arbitre de la partie devra bien se résoudre à faire organiser les élections législatives de 2019. Agenda républicain oblige. Ce ne sera pas pour déplaire à tous ceux qui tirent le meilleur de toutes nos élections. Il faut le savoir : les élections sont un facteur de régulation politique, un baromètre pour apprécier l’Etat de santé d’une démocratie. Mais les élections, sous nos cieux notamment, ne sont pas moins un puissant carburant socioéconomique.  Voici les cinq premières strates d’acteurs, en toute première ligne, pour l’animation de nos prochaines élections législatives.

1- Les partis politiques. Il y a moins d’une dizaine de groupes qui ont les moyens de leur ambition, celle de gagner quelques sièges au Parlement. Cette poignée de partis aura à résoudre la complexe équation du nerf de la guerre. Car avant d’espérer récolter, il faut d’abord semer. Elle aura également à gérer l’épineux problème du positionnement de leurs candidats sur les listes électorales. Un véritable casse-tête qui laisse des traces avec leurs reliquats de frustrations et de rancœurs.

En dehors de cette poignée de partis, il y a tous les autres. Ils sortiront de leur longue hibernation. Ils offriront leurs services contre espèces sonnantes et trébuchantes. Est ainsi tarifé le soutien déclaré à un parti. Est ainsi monnayé le label de validation de la candidature d’un quidam en mal de se faire   une place sur la scène publique.

2 – Les associations et mouvements de soutien. Foisonnante et envahissante flore, à l’image des jacinthes d’eau. Ces associations et mouvements de soutien n’apparaissent qu’à la faveur des élections. Ils sont constitués en majorité de jeunes gens et de jeunes filles. Ils disent venir en appoint aux partis politiques. Ils prétendent apporter un supplément d’âme à tous groupes ayant des moyens pour être représentés à l’Assemblée nationale. Ces forces supplétives juvéniles jurent vouloir faire, à cette occasion, leurs classes en politique. Faut-il prendre cela pour argent comptant ? Ne prenons pas le risque de leur donner le bon Dieu sans confession.

3 – Les bouffeurs à tous les râteliers. Appelons ainsi ces individus qui se vendent à tous dans un marché aux enchères. Avantage au plus offrant et dernier enchérisseur. Pour ces individus, une élection est d’abord et avant tout un marché aux bonnes affaires. Il faut se trouver une place dans la brouillonne mêlée où le chacun pour soi reste la règle d’or.  Il s’agit d’être de tous les meetings, d’arborer les T-shirts de tous les partis, d’avoir à la bouche les slogans de toutes les formations politiques. Tant que dure la saison des élections,   mangeoire et abreuvoir restent toujours bien approvisionnés.

4 – Les prestataires de services. Ce sont des professionnels. Ils répondent aux multiples besoins de ceux qui s’engagent dans la compétition des élections. Car il y a un marché à conquérir. Il y a des parts du gâteau électoral à prendre. Avec les transporteurs, toutes catégories confondues. Avec les fournisseurs du dispositif d’encadrement et d’animation des réunions et meetings. Pensez aux bâches et aux chaises, aux gros bras pour le service d’ordre, aux matos de sonorisation.  N’oubliez ni les hôtesses ni ceux qui ont pouvoir de provoquer ou d’arrêter la pluie. Les élections, c’est exprimer son suffrage. Mais c’est aussi savoir miser sur le bon fromage pour fermer un bon repas.

5 – Les centres de contrôle extérieurs. Sortons de notre naïve innocence : nos élections ne sont pas une simple histoire de famille, une histoire entre nous et nous seuls. L’étranger veille au grain. Il estime avoir son mot à dire. Le droit d’ingérence ne régit-il pas désormais les relations internationales ? Les Etats-Unis viennent de l’apprendre à leurs dépens à l’occasion de leur dernière élection présidentielle. On doit le savoir au risque de passer pour le dindon de la farce. L’extérieur s’intéresse bel et bien à nos élections. L’étranger cherche, au gré de ses intérêts bien compris, à les influencer, à défaut de les contrôler. Nous ne sommes plus un îlot tranquille au milieu d’une mer d’indifférence.

Nous venons ainsi de prendre une longueur d’avance sur la prochaine échéance électorale. Un bond de plusieurs mois au bon motif que l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt.

Jérôme Carlos

La chronique du jour du 7 août 2018


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