Faire de la science notre alliée

Écrit parle 26 décembre 2017

La science, qu’est-ce ? Le dictionnaire répond :  » Savoir faire que donnent les connaissances expérimentales et livresques ». De ce point de vue, on peut soutenir que la science doit être pour tous, ce que le bon sens est pour Descartes : « la chose du monde la mieux partagée ».

En effet, la science n’a ni patrie ni couleur. Aucun peuple de la terre n’en est le propriétaire exclusif. Une découverte scientifique a un auteur ou des auteurs. Géographiquement, elle peut être située. Historiquement, elle peut être datée. Mais son usage et sa jouissance sont universels.

S’il en est ainsi, les impératifs du progrès nous imposent de considérer la science comme un appoint précieux. C’est l’indispensable accompagnateur de tous nos projets et élaborations. La science, de ce fait, doit être vue et comprise comme notre meilleure alliée dans plus d’un secteur de notre développement. Nous en avons recensé quelques uns.

– L’opération « libération de l’espace public ». Le spectaculaire, marqué au coin d’un one man show fébrile, aura prévalu dans cette sphère d’action pourtant d’utilité publique. Si la science avait été convoquée à travers des urbanistes, des sociologues, des géographes… bien d’ardeurs auraient été tempérées, bien de difficultés auraient été mieux gérées. L’opération aurait même pu bénéficier de l’adhésion et de la caution de citoyens aujourd’hui éplorés et inconsolables.

– L’ouverture de cantines scolaires dans des zones déshéritées. Une belle initiative à très longue rallonge sociale. Elle est à saluer. Puisqu’il s’agit d’alimentation, l’approche scientifique pour en optimiser les résultats, serait d’établir le lien entre ces cantines et les denrées produites dans leurs zones ou régions d’accueil. Pour une fois, le « Consommons Béninois » aura de réelles chances de passer le mur du slogan et de prendre pied dans le vécu des populations.

 – La construction de nouvelles voies. Pour ne prendre que ce seul exemple, l’axe Abomey-Calavi-Cotonou- Abomey-Calavi est un échec. Cette voie trahit, chaque jour, sa vocation de voie de dégagement rapide. Tout laisse à penser qu’on n’a pas assez pris en compte des facteurs aussi déterminants que l’évolution du parc automobile, l’importance, d’une année à l’autre, du flux et reflux des usagers entre ces deux pôles urbains. Ainsi, en l’absence de l’éclairage de la science, le futur est sacrifié sur l’autel du présent. Il est alors loisible aux mauvaises langues de parler d’une voie « électorale ».

– Les aliments et médicaments proposés à la consommation. Les étals de nos marchés, les étagères de nos pharmacies, croulent sous des produits divers provenant d’horizons divers. Sans oublier les produits de notre pharmacopée. Ils trouvent sur nos radios l’appui de voix tonitruantes et zélées. Qui contrôle quoi ? Dans quelles conditions ? Pour quels résultats ? Seule la science peut répondre.

– La réhabilitation de nos voies secondaires. Le mot « Asphaltage » est entré depuis dans le vocabulaire des Béninois. Sont concernées les voies secondaires dans nos principales agglomérations urbaines. Au cas où on l’ignorerait, l’asphalte, c’est le bitume communément appelé goudron. Mais la science renseigne que l’asphalte ne fait pas bon ménage avec certains types de sols. On ne saurait donc généraliser l’opération, sans discernement, sans précautions.

– La mesure de l’opinion. Un Etat moderne doit s’interdire de naviguer à vue ou d’avancer dans le brouillard. Voilà qui rend indispensables les sondages d’opinion sur divers aspects de la vie nationale. Nous avons besoin de savoir si la cote de popularité du Chef de l’Etat est en hausse ou en baisse. Nous avons besoin d’être fixés sur l’impact de telle ou telle mesure sur les populations, de connaître, en retour, la réaction de celles-ci. Contrairement à une opinion répandue, ce n’est pas un luxe pour pays nantis. Les sondages sont des outils de gestion, de direction, de prise de décision pour un Etat démocratique moderne.

– Nos relations avec le Nigeria. Ni l’indifférence, ni l’ignorance ne peuvent nous aider à « normaliser » nos relations avec le Nigeria. D’où la nécessité de mettre en place, sans délai, un centre d’étude géopolitique et géostratégique. On ne peut être, comme le Bénin, au flanc de ce géant, sans une conscience aigue de ce qui s’y passe, des tendances qui s’y dessinent. Comment avons-nous pu être surpris par la dévaluation du naïra ? Un peu de lumière, s’il vous plaît. « Mon peuple meurt faute de connaissances ». Parole de Dieu.

Jérôme Carlos

La chronique du jour du 26 décembre 2017


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