Attention ! Mélanger le miel, l’ail, l’aloé vera, le moringa et le whisky ne guérit ni le Sida ni les hépatites.

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Une potion à base de miel permettrait d’en « finir définitivement » avec l’hépatite et avec le VIH SIDA, selon un remède partagée des centaines de fois sur Facebook. Cependant, ce traitement n’a aucun fondement scientifique et ne soigne ni l’hépatite, ni le VIH SIDA, selon des spécialistes contactés par Capp Check.

Selon l’auteur de la publication, « pour finir définitivement avec le VIH SIDA et l’hépatite chronique ”, voici les ingrédients à réunir : « 1 Litre de Miel pur, Gel de 4 feuilles d’aloès Vera, 5 Gousses d’ail, 4 cuillères à soupe de whisky, 4 Cuillères à soupe de la poudre de MORINGA Oleifera« . 

Pour réaliser le remède commande la publication, « Nettoyez les 5 Gousses d’ail et râpé puis mélangez aux autres ingrédients« . La posologie consisterait à « boire 2 cuillères à soupe le matin à jeun et 2 Cuillères à soupe le soir au couché Pendant 2 Mois « .

L’auteur assure enfin que « vous serez totalement guéri du Sida ou de l’hépatite ! » avant d’égrener d’autres supposées vertus des ingrédients qui composent sa potion.

Capture d’écran de la publication Facebook réalisée le 05 Septembre 2022

Cette publication a été partagée des centaines de fois depuis janvier 2022, notamment au Bénin, au Togo et en Côte d’Ivoire (1, 2, 3, 4). Dans le groupe Facebook « LES REMÈDE ET PRODUITS NATURELS ISSUS DES PLANTES DE MAMAN CÉLINE PARQUET« , la publication en date du 06 juillet 2022 faite par l’administratrice Céline Paquet totalise 167 commentaires dont de multiples remerciements d’internautes croyant aux vertus vantées.  La même publication a été partagée plus de 1700 fois.

Un remède sans  fondement scientifique

Les spécialistes des maladies virales contactés par Capp Check s’accordent à dire que ce mélange d’ingrédients n’est pas un traitement reconnu contre l’infection par le VIH – le virus à l’origine du sida – ni contre l’hépatite.

« Le contenu présenté par cette publication n’a aucun fondement scientifique aussi bien pour le traitement du VIH que l’hépatite« , a indiqué à Capp Check le 02 septembre 2022 Dr Éloge HOUNDONOUGBO hépato gastro entérologie à l’hôpital saint Jean de Dieu de Tanguiéta.

« Pour chacune de ces maladies il existe des traitements indiqués. Les médicaments approuvés pour le VIH sont les antirétroviraux (ARV). En ce qui concerne l’hépatite, le traitement est fonction du type d’hépatite et les recommandations des pays guident l’attitude à avoir« , précise le médecin spécialisé dans la prise en charge des maladies virales et des infections sexuellement transmissibles (IST) au sein des populations à risque.

Selon Dr Éloge HOUNDONOUGBO, « l’hépatite virale est une inflammation systémique du foie liée aux virus. Il peut s’agir des virus alphabétiques ou la plupart du cas des virus A, B, C, D et E. On dit que l’hépatite virale est chronique lorsqu’elle dure plus de 6 mois dans l’organisme. Tout comme le VIH, l’hépatite virale, le traitement de ces deux affections se fait sur la base donc de l’utilisation des antiviraux. », a-t-il expliqué à Capp Check le 02 septembre 2022.

« Quand il s’agit de l’hépatite viral C, la prise en charge se fait par les antiviraux d’action direct et lorsqu’il s’agit d’hépatite viral B chronique, le traitement se fait par le Ténofovir disoproxil fumarate ou ténofovir alafélamide. », fait savoir Dr l’hépato gastro entérologue, tout médicament devant être pris sur avis médical du médecin du patient dans le besoin.

Dans un message d’exhortation délivré à l’occasion de la Journée mondiale contre l’hépatite 2020, l’OMS appelle à rappeler les moyens de prévention et de traitement de l’hépatite. Il faudrait, exhorte l’OMS, « redoubler d’efforts pour prévenir la transmission mère-enfant du VHB en dépistant les femmes enceintes, en administrant une prophylaxie antivirale à ceux qui en ont besoin et en maintenant et en élargissant l’accès à la vaccination contre l’hépatite B et à la dose de naissance du vaccin. »

Les médicaments approuvés par les organismes spécialisés de la santé humaine sont bien accessibles. Le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) estime qu’environ 38,4 millions de personnes vivaient avec le VIH en 2021, et que 28,7 millions de personnes avaient accès à la thérapie antirétrovirale la même année.

Capture d’écran du site de l’ONUSIDA réalisée le 05 septembre 2022

Concernant les hépatites virales, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) elles sont « classées de A à G en fonction de la famille du virus en cause« . Dépistées tôt, les hépatites peuvent être soignées et guéries avec des antirétroviraux.

L’OMS précise que « des mesures abordables, comme la vaccination, les relations sexuelles protégées, la sécurité des transfusions, la sécurité des injections et la sécurité sanitaire des aliments, peuvent réduire la transmission des hépatites virales« .

Selon les données de l’OMS, «  au niveau mondial, plus de 250 millions de personnes vivent avec une infection chronique par le VHB. Les nourrissons sont particulièrement vulnérables : environ 90 % des enfants infectés par ce virus pendant leur première année de vie en deviennent des porteurs chroniques. Le VHB attaque le foie et emporte près de 900 000 personnes chaque année. »

 

LES RISQUES DE L’AUTOMEDICATION

Selon les experts interrogés par Capp Check, le recours à l’automédication ou l’utilisation conjointe d’antirétroviraux et de substances non conseillées par les médecins peuvent avoir des conséquences graves sur les patients, notamment en endommageant des organes vitaux comme le rein, les poumons, le foie…

« Les risques sont néfastes pour la santé des personnes concernées parce qu’elles abandonnent les médications approuvées ou que les produits utilisés pour l’automédication peuvent rentrer en compétition avec les autres, ou que la somme de toutes ces médications entraîne des conséquences sur la fonction rénale« , souligne Dr Éloge HOUNDONOUGBO.

CONCLUSION

Selon les spécialistes de la santé, cette potion à base de miel, l’ail, l’aloé vera, le moringa et le whisky ne guérit ni l’hépatite, ni le VIH SIIDA. Ce mélange  ne se retrouve pas dans les recommandations de l’OMS et du ministère béninois de la santé.

Jérôme AVOCETIEN