La Croatie : un exemple

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Vous ne la connaissez peut être pas. Elle s’appelle Kolinda Grabar-Kitarovic. Elle porte sur ses épaules le destin d’une nation de moins de deux millions d’âmes, la Croatie. Rappelez-vous : elle a accompagné l’équipe nationale de son pays à la finale de la Coupe du monde, « Moscou 2018 ».

Depuis 2015, elle bénéficie de la confiance de ses compatriotes comme présidente de la République. C’est à cette éminente échelle de responsabilités qu’elle a mis en œuvre un de train de mesures qui la créditent d’une gouvernance audacieuse et redoutablement efficace.

  • Elle a vendu l’avion présidentiel, estimant qu’il coûte trop cher à son pays qui a d’autres priorités.
  • Elle a vendu, au profit des caisses de l’Etat, 35 Mercedes Benz affectés aux ministres et aux hauts fonctionnaires.
  • Elle a baissé de moitié son salaire et celui de ses ministres.
  • Elle a baissé de 60% les salaires et les dépenses des ambassadeurs et des consuls.
  • Elle a augmenté le salaire minimum pour le secteur privé.
  • Elle a supprimé les pensions de retraite pour les sénateurs et les membres du Congrès.

Quelles réflexions devraient inspirer toutes ces mesures aussi spectaculaires les unes que les autres ?

1 – Un pays aux moyens limités doit porter l’ambition sans limite de se développer. La Croatie est un tout petit Etat né sur les cendres de la grande Yougoslavie. Ce pays a compris, sous l’impulsion de Kolinda Graber-Kitarovic, l’erreur d’une gouvernance du paraître, au détriment des priorités.

La gouvernance de Kolinda Grabar-Kitarovic est aux allures  d’un traitement de choc. Un vrai remède de cheval. Sous d’autres cieux, cela aurait fait jaser. Cela aurait provoqué une levée de boucliers. Les privilèges agissent comme  une drogue. Ceux qui en bénéficient en font un droit. A défendre bec et ongles. La présidente croate a osé, parce qu’elle a le soutien de la majorité de ses compatriotes.

2 – On ne peut oublier que c’est une femme qui est aux commandes. Cette figure de leader affichée par Kolinda Grabar-Kitarovic, doit avoir un impact fort sur la question de la femme en Croatie. A la vérité, cette question est universelle. Tous les pays, sans exception, sont concernés par les violences faites aux femmes. Tous les pays sont interpellés par les inégalités de traitement entre femmes et hommes. Les préjugés sont si ancrés, les habitudes sont si enracinées que certaines avancées  sociopolitiques des femmes n’en paraissent pas. Dans l’ordre des performances techniques et technologiques, nous faisons des bonds impressionnants. Mais, les mentalités bougent à peine. Peut-on expliquer autrement le fait que le Bénin des Amazones a repoussé, à l’Assemblée nationale, le vote d’une loi sur la parité homme/ femme ?

3 –Le bel exemple, en Croatie, de Kolinda Grabar-Kitarovic est à partager. Il mérite d’être connu. Il mérite d’être soutenu. Par les femmes, bien sûr. A moins qu’on veuille y voir un féminisme de mauvais aloi qui chercherait à donner un sexe à tout. Cet exemple mérite également d’être soutenu par les hommes de  bonne volonté. Les grandes causes appellent à la fédération des cœurs et des intelligences. Au-delà de toutes  différences. Les 52% des femmes au Bénin, voilà ce que Mao Tsé Toung appelait « La moitié du ciel ».

Le lundi 3 décembre 2018, le monde entier a rendu hommage à la Croatie de Kolinda Grabar-Kitarovic à travers Luka Modric, lauréat du prestigieux « Ballon d’or ». La lumière que la présidente s’active à faire sur la Croatie à travers sa gouvernance éclaire les performances sportives de ce pays. Le sport y est roi. Un roi vice-champion du monde de football ; détenteur de la Coupe Davis 2018 ;  meilleur joueur de la  coupe du monde »Moscou 2018 ». Un roi qui oriente le regard du monde entier vers Zagreb, la capitale de la Croatie. En témoigne l’hommage rendu à Luka Modric.

Retour de notre voyage en Croatie. Qu’avons-nous appris ? Qu’avons-nous retenu ? Ce n’est pas parce que ce pays est loin de Cotonou que son exemple ne peut pas nous inspirer. L’univers porte une magnifique leçon. Mais beaucoup l’ignorent : au-delà de nos différences, tout est lié. En effet, le monde entier s’invite dans notre quotidien. Nous sommes tous concernés. Qui que nous soyons. Où que nous nous trouvions.

Jérôme Carlos

La chronique du jour du 6 décembre 2018

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