L’aspirine permet-elle de réduire les risques cardiovasculaires ?

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Plusieurs études ont essayé de déterminer si l’aspirine pouvait être utilisée en prévention primaire. Une méta-analyse publiée récemment sur JAMA analyse les dernières recherches pour dresser un bilan des risques et des bénéfices.

Une dose quotidienne d’aspirine aiderait-elle à se protéger contre les maladies cardiovasculaires ? La question fait l’objet de débats depuis plusieurs années. Il est certain que la prise d’aspirine après un infarctus du myocarde réduit les risques cardiovasculaires et permet aussi d’éviter les risques cardiovasculaires lors d’interventions chirurgicales telles que la pose d’un stent. Mais il s’agit de cas de prévention secondaire : l’aspirine est prescrite à la suite d’un événement cardiovasculaire.

Mais ce médicament est-il aussi efficace en prévention primaire, chez les sujets en bonne santé, qui présentent un risque faible ou modéré de problèmes cardiovasculaires ? En effet, si l’aspirine a un effet antiagrégant, elle peut aussi provoquer des hémorragies.

Les directives d’un pays à l’autre sont contradictoires. La société européenne de cardiologie ne recommande pas l’aspirine pour la prévention primaire, par contre,  le US Preventive Service Task Force, un groupe de volontaires experts en prévention des maladies, conseille aux adultes âgés de 50 à 70 ans présentant un risque modéré d’événements vasculaires, de prendre de faibles doses d’aspirine à des fins préventives.

Les études plus récentes

En 2018, trois études ont été publiées dans lesquelles l’efficacité de l’aspirine à des fins préventives a été testée.

Dans la première étude, publiée en octobre, les chercheurs ont administré 100 mg d’aspirine ou un placebo à des patients atteints de diabète de type 2, une pathologie associée à un risque élevé d’événements cardiovasculaires. Environ 15 500 patients ont participé et ont été suivis en moyenne pendant 7 ans. La prise d’aspirine détermine une diminution du risque cardiovasculaire, mais également une augmentation d’hémorragies.

Une deuxième étude a testé l’effet de l’aspirine sur des personnes âgées en bonne santé. Il en résulte que, aussi dans cette population, l’aspirine à faible dose augmente le risque de saignement sans réduire de manière significative le risque de développer des maladies cardiovasculaires.

La troisième étude concerne des sujets à faible risque de développer des maladies cardiovasculaires. Dans ce cas également, le risque de développer des hémorragies rend le traitement préventif à l’aspirine moins intéressant.

Les avantages sont contrebalancés par les risques

Un article publié dans le journal JAMA le 22 janvier analysait les trois recherches ainsi que dix autres études menées au fil des années pour fournir une réponse plus complète à la question. Le résultat de l’étude est que les avantages sont contrebalancés par les risques.

Les chercheurs ont examiné 13 études, pour un total de 164 225 participants âgés de 62 ans en moyenne. Une partie des participants recevait quotidiennement de l’aspirine, les autres un placebo. Chez les patients prenant l’aspirine, le risque d’événements cardiovasculaires était réduit de 0,38%. Par ailleurs, le risque d’hémorragies augmentait de 0,47%.

L’analyse n’est pas concluante et chaque patient devrait évaluer avec son médecin la possibilité de prendre de l’aspirine en fonction de sa situation.

Par la rédaction d’Allodocteurs.fr

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