Le recyclage pour le meilleur

Mise en ligne par le 22 février 2018

Recycler. Le mot s’entend sous divers sens. On pense à la récupération de matière première secondaire pour fabriquer des produits finis. On pense à la formation professionnelle complémentaire dispensée à des adultes pour leur permettre de s’adapter à l’évolution technique de leur secteur d’activité. Ici,   nous privilégions le sens de  » nouveau traitement, nouveau passage dans un cycle d’opérations ». Cela est synonyme d’amélioration, de bonification, de qualification.

Le recyclage, ainsi entendu, nous porte en avant. Il nous engage pour le meilleur. Sous ce rapport, que cherche un homme qui dit vouloir se recycler, vouloir recycler sa vie ? Le meilleur peut prendre plusieurs directions. Privilégions-en trois. On se recycle pour espérer jouir d’une bonne santé. Laquelle conditionne la jouissance de toutes les autres choses. On se recycle pour avoir la paix du cœur et de l’esprit. Cela permet de poursuivre, dans l’espérance, son petit bonhomme de chemin dans la vie, gérant au mieux d’inévitables couacs et turbulences. On se recycle pour réussir sa vie, donnant ainsi sens et du sens à sa vie. C’est l’apogée. C’est le point d’orgue. C’est la cerise sur le gâteau.

Dans le cadre du Bénin, notre pays, qu’est-ce qui mérite d’être prioritairement recycler pour changer le Bénin et pour que le Béninois s’engage à changer ? Opérons un choix arbitraire et unilatéral. Juste pour tenir des éléments de base d’un débat.  Notre choix porte sur trois mots. Rangeons-les sous l’appellation des « 3 T ».

– Le premier « T » : la tête. Que doit impliquer, pour le Béninois, le fait de recycler sa tête ? Commencer par reconnaître que la tête est le siège matériel de l’esprit en nous. Toute la force de conception et de réalisation dont nous sommes nantis est logée dans notre tête. Les solutions que nous trouvons, l’intelligence dont nous faisons montre pour nous hisser à la hauteur des énigmes et des défis de la vie sont en nous. Nos capacités imaginatives qui portent nos créations se déploient à partir de nos têtes. Comme on le voit, la force, la puissance, le pouvoir, tout nous est donné. Mais nous perdons trop de temps à nous fourvoyer sur des voies de traverse. Nous allons chercher loin ce que nous portons dans nos têtes.  Aussi, recycler la tête, sa tête, revient-il à retrouver la voie d’une conscience informée, les chemins d’une responsabilité accomplie. Alors, il n’est que juste d’être sans pitié pour les étourdis qui ne savent pas s’arrêter pour se recycler, pour recycler leur tête. « Imbécile ce barbier qui ne s’arrête pas pour aiguiser sa lame » dit la sagesse des nations.

– Le deuxième « T » : le temps. Comment et pourquoi le Béninois doit-il recycler son rapport au temps ? Notre temps de vie sur la terre est limité. Pourtant, il est nécessaire que nous sachions donner du temps au temps, de prendre le temps de semer, de voir mûrir ce que nous avons semé. En somme, peu de temps imparti. Mais obligation de l’ensemencer   d’actions nobles et mémorables, d’œuvres de beauté. Des œuvres qui nous survivent. Des œuvres qui témoignent de nous et pour nous.

Recycler son rapport au temps, pour le Béninois, c’est sortir de la tricherie permanente de la procrastination, c’est-à dire la tendance à tout remettre au lendemain. Que de rendez-vous n’avons-nous pas manqués ? Que d’opportunités n’avons-nous pas perdues ? Dans nos communautés de base, il y a très longtemps, c’est le temps des saisons qui rythmait et régulait la vie des êtres et des choses. Aujourd’hui, tout change. L’alternative est claire : se soumettre au temps quantifié de nos montres ou rater le train du développement.

– Le troisième « T » : le travail. Le recyclage, ici, c’est travailler, encore travailler, toujours travailler. Non le non travail dans le travail, une manière de camoufler sa fainéantise derrière les efforts des autres. Non le travail au sens de « Dé go houèkpé ». Allusion faite aux tricheurs de tout poil et aux partisans du moindre effort. Non le travail vu sous l’angle de cette incroyable interrogation : « Tu as fait un peu ? ». Ne parlons pas des travailleurs dits  » de la onzième heure », tard venus, tôt partis, toujours « levés », comme on le dit chez nous.

Recycler et se recycler sous le signe des « 3T », voilà l’option gagnante. C’est la seule et unique voie de sortie. Comme qui dirait : hors de là, point de salut.

Jérôme Carlos

La chronique du jour du 22 février 2018


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