L’École : pour de grands remèdes

Mise en ligne par le 14 août 2018

L’École ferme ses portes. Ses usagers et partenaires ont de bonnes raisons de s’égayer aux quatre vents des vacances. Mais gardons-nous, après quelques semaines de repos, de reprendre le même chemin, pour retrouver la même école. L’école béninoise vient de vivre et de nous faire vivre une année exceptionnelle.  Il ne serait pas sain de couvrir d’un regard complaisant cette école-là.

Nous savons notre école malade. Mais nous n’appréhendons pas assez le mal dont elle souffre. Il nous manque d’en connaître l’étendue, d’en sonder la profondeur. L’année scolaire qui s’achève aura été un révélateur de tout premier plan : l’école à nu, l’école en réalité, l’école en vérité. Il y a lieu d’agir. La nécessité nous y oblige. L’urgence nous l’impose.

1- Le niveau général et les aptitudes pédagogiques des maîtres doivent être relevés. Ne remettons pas la grave erreur qui marqua la période révolutionnaire : la banalisation de la fonction enseignante. On a pu alors soutenir, la conscience tranquille, que « Tout cadre est enseignant ». Nous prenons le même chemin en ouvrant l’école, plus précisément la fonction enseignante, au tout venant. Par des « reversements » plus politiques que professionnels. Avec le bal des faux et des non diplômés. Avec les contorsions des pistonnés et autres acrobates qui se bousculent au portillon. Trop d’affluents supposés cherchent à mêler leurs eaux dans le grand cours d’eau. Année après année, le niveau des apprenants baisse. En témoignent à suffisance les résultats aux divers examens.

2 – La grève doit être repensée pour nuire le moins possible à l’environnement humain de l’école. Celle-ci n’est ni une boulangerie ni une station d’essence. L’école, c’est l’espace où l’on s’investit à investir dans le capital humain. La qualification de la ressource humaine en est la raison d’être. Il s’agit de la denrée première de tout vrai développement. Flotte dans l’air des notions aussi essentielles que celles de « mission », de « vocation », « d’éthique » de « morale »…etc. Ici, à l’école, pour fait de grève, on ne saurait fermer les portes comme on le ferait dans une boulangerie ou dans une station d’essence. Une réflexion s’impose à tous les niveaux. Il faut réinventer la grève à l’école.

3 – Il faut mettre immédiatement fin à l’épidémie des grossesses à l’école. Les chiffres des ministères en charge du secteur de l’éducation nationale donnent le frisson. Médiocre spectacle de maîtres et d’élèves en compétition sur les terres sulfureuses du péché. Voilà une autre forme de banalisation, sinon de désacralisation : le sexe. Cela donne de l’école, tout en interpellant notre société à travers ses segments les plus significatifs, l’image dégradée et honteuse d’un marché de commerce charnel. C’est à croire que les parents se battent pour payer l’école à leurs enfants. Mais ceux-ci, en retour, s’ébattent pour le leur faire payer par une grossesse. Le fait est gravissime pour que nous continuions de garder nos positions de pantouflards heureux. Il faut prendre le mal à bras le corps. Il pourrit nos mœurs. Il nous donne à voir comme des bêtes lubriques qui n’écoutent que leurs pulsions.

4- L’assainissement de l’environnement de nos écoles. Il faut revoir les conditions d’installation de nos écoles. Les cahiers des charges liant l’Autorité aux promoteurs d’établissements scolaires doivent y veiller. Avec, en appui, une inspection diligente, régulière, rigoureuse. La salubrité dans l’espace scolaire doit être l’affaire de chacun et de tous. A moins de choisir de nous vautrer dans la posture de démission des trois singes de la légende : ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire. La sanction a des vertus réparatrices et formatrices. Aussi devons-nous nous résoudre à décourager cette malsaine cohabitation entre nos écoles et de ténébreux bars et buvettes, de louches gargotes et auberges de nos quartiers.

5 – La technologie à l’école, d’accord, mais dans les limites et dans la discipline convenues. Nos enfants sont fils et filles de leur temps. Le nier s’est s’engager dans un combat d’arrière garde. Un combat perdu à l’avance. La technologie numérique a investi l’école. Pour le meilleur et pour le pire. Mais c’est à nous de choisir. L’homme est le père de la technologie. Quel désastre s’il devait en devenir l’esclave ! Par rapport à quoi, la mobilisation doit être générale et la réflexion collective. C’est toute une nation, à la quête d’une hygiène technologique salutaire, qui doit se mettre debout. C’est possible. Alors, au travail !

Jérôme Carlos

La chronique du jour du 14 août 2018


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