Lettre à tous les partenaires de l’école

Mise en ligne par le 13 septembre 2018

C’est la rentrée scolaire. Mais quelle rentrée au Bénin, au lendemain d’une année scolaire à tout le moins catastrophique ? Pourrions-nous reprendre tranquillement le chemin de l’école comme si de rien n’avait été ? Pourrions-nous tourner la page sans marquer une pause, sans nous poser des questions ? Les moments que nous vivons ne sont pas simples. Un grand point d’interrogation barre l’horizon de l’école. Plaçons-celle-ci face à trois exigences majeures : les préalables,  les fondamentaux, les résultats.

1 – Les préalables. Il s’agit d’un ensemble  de conditions à remplir avant l’ouverture des classes pour la rentrée scolaire 2018-2019. Nous en avons retenues trois.

Premièrement. Nous devons tous nous convaincre d’une vérité : l’école est la seule entreprise qui a à la fois pour matière première et pour produit fini, l’homme. Avec l’école, c’est un peu comme si, pour oser une comparaison, on semait un être humain dans l’espoir de récolter, en quantité et en qualité, des hommes. L’école est un bien incomparable, une mine de ressources précieuses : le capital humain.

Deuxièmement. L’école, c’est l’esprit à l’œuvre dans un environnement donné. Elle est donc à tenir loin de toutes  turbulences. On ne peut ni se concentrer ni lire dans le bruit. On ne peut obtenir des résultats probants dans le désordre et dans l’indiscipline. Calme et sérénité : voilà les deux principales denrées dont se nourrit l’école.

Troisièmement.  L’école est le bien de toutes les forces à l’œuvre dans une société : parents, enseignants, apprenants, autorités politiques et académiques. L’école ne tourne à plein régime, ne produit tous ses effets qu’en comptant avec compétences, organisation, méthode, esprit de recherche et de découverte…

2 – Les fondamentaux. Il s’agit de ce qui sert de  base à l’école, de ce sur quoi elle est assise. Notons trois fondamentaux, à tenir pour autant de critères d’excellence.

Il y a d’abord le critère d’utilité. En rapport avec le besoin essentiel auquel répond l’école. Quel est-il ? Deux idées fortes de Victor Hugo l’illustrent à souhait : « Celui qui ouvre une école ferme une prison »« Un enfant qu’on enseigne, c’est un homme qu’on gagne ». Sans commentaire !

Il y a, ensuite, le critère d’efficacité. L’école est la force et la puissance qui font tourner une société. C’est l’usine de l’avenir. A ce titre, elle a la mission de porter et de pousser en avant la société toute entière. Face aux mutations, c’est l’école qui sert à la société de levier d’équilibre.

Il y a, enfin, le critère de rentabilité. L’école est un investissement. Elle enrichit une société, en s’enrichissant de cette société. Le capital humain est, en effet, le plus important retour sur investissement. Peut-il en être autrement ? Le capital humain n’a pas de prix.

3 – Les résultats. Il s’agit de l’effet d’une action,  du produit d’une activité orientée vers une fin, vers un objectif déterminé. Qu’attendre comme résultats de l’école ?

D’une part, l’édification et l’accomplissement individuel. L’école bonifie et qualifie individuellement ses usagers. Au-delà du diplôme, elle fait croître et grandir humainement, ceux qui veulent bien lui consacrer de leur temps.

D’autre part, dividende et valeur ajoutée au profit de la société. Nous le savons, « il n’est de richesse que d’homme » Et l’homme, c’est l’alfa et l’oméga de tout développement,  l’agent développeur par excellence avant l’argent.

Enfin, le réinvestissement continu du capital humain pour un profit optimal. C’est en cela que l’idée d’école est incompatible avec celle de pauvreté, de pénurie, de misère. L’école, par essence, est enrichissement sans fin.

Pourquoi, en cette veille de rentrée scolaire, nous devons tous entendre et épouser la cause de l’école ?

L’école est un bien sacré. Parce qu’elle est de l’ordre des choses supérieures. On ne doit, par conséquent, ni la violer ni la violenter.

L’école est un bien indivis, c’est-à-dire un bien sur lequel nous avons tous un droit. Mais aucun groupe d’intérêt ne peut  se l’approprier, aucun cartel ou syndicat ne peut le prendre en otage.

L’école est un bien inépuisable qui traverse les âges. A charge pour chaque génération, en fonction de sa vision, de ses ambitions, de la plier à ses exigences de croissance et de développement.

En cette veille de rentrée scolaire, des millions de jeunes béninois, le regard vide, scrutent l’horizon. Qu’ils trouvent, ici, un début de réponse à leurs interrogations. Bonne rentrée scolaire à tous !

Jérôme Carlos

La chronique du jour du 13 septembre 2018

 


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