Lutte contre les effets de l’érosion côtière en Afrique de l’Ouest: La 3eme session du comité régional de pilotage ouverte à Cotonou

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Le Ministre du cadre de vie et du développement durable José Tonato a procédé ce jeudi 14 novembre 2019, à l’hôtel Azalaï de Cotonou à l’ouverture officielle de la troisième session du comité régional de pilotage du projet d’investissement pour la résilience des zones côtières en Afrique de l’Ouest (Waca Resip).
La séance a réuni les membres du comité de pilotage, le commissaire de l’UEMOA, Jonas Gbian, en charge du Département de l’Agriculture, des Ressources en Eau et de l’Environnement, le ministre de l’environnement et de la ressource forestière du Togo, le représentant de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale et les présidents des comités nationaux du pilotage du projet.
Dans son allocution, le Commissaire Jonas Gbian en charge du Département de l’Agriculture, des Ressources en Eau et de l’Environnement a exprimé au président de la République Patrice Talon et à son gouvernement la reconnaissance de l’ensemble des acteurs du projet Waca Resip pour le rôle que le Bénin a joué dans la formulation du projet. Selon le Commissaire de l’UEMOA, le projet engage non seulement plusieurs pays dans lesquels les investissements physiques seront réalisés mais met également en relation des organisations régionales.
Après le lancement du projet Waca Resip en novembre 2018 à Dakar, ce n’est qu’en 2019 que les bases ont été jetées pour sa mise en œuvre.
Parmi les actions menées, le commissaire Gbian cite le recrutement progressif du personnel d’animation du projet au niveau des composantes nationales et de la composante régionale ; et la conduite des activités préparatoires au lancement des études de faisabilité. Sans oublier la conclusion de contrat avec le centre de suivi écologique de Dakar et les perspectives d’accords avec les autres partenaires concernés notamment la convention d’Abidjan et aussi le centre d’étude et d’expertise sur les risques de l’environnement la mobilité et l’aménagement.
Dans la réalisation de ces activités qui conditionnent la bonne exécution dans le temps des investissements physiques attendus, des difficultés ont été enregistrées. Elles sont relatives à la familiarisation des équipes avec les outils de gestion et de mise en œuvre du projet.
« L’année 2020 marquera le début du déploiement effectif du projet Waca Resip avec les débuts des investissements physiques », a annoncé le commissaire du Département de l’Agriculture, des Ressources en Eau et de l’Environnement.
« C’est justement la raison pour laquelle au cours de cette session une attention particulière sera portée sur les activités projetées dans les plans de travail et budget annuel pour l’année 2020 », a ajouté Jonas Gbian.
Au cours de la session du comité régional de pilotage, une visite de terrain est prévue pour apprécier la nécessité de maintenir le cap afin de réussir la lutte contre l’érosion côtière, les inondations et la pollution.

D’importants travaux annoncés pour 2020

« Nous sommes à une époque qualifiée de cruciale pour l’avenir de notre planète », a déclaré le ministre du cadre de vie et du développement durable José Tonato, co-président du projet Waca ResiP.
Les scientifiques poursuit-il, parlent « de point de basculement ou de point critique pour certains écosystèmes signifiant ainsi que ces écosystèmes ont atteint un stade de dégradation n’offrant plus à la faune et à la flore un cadre de fonctionnement et de vie normale ».
De ce fait, il invite tous les acteurs impliqués dans la mise en œuvre du projet Waca-Resip à s’investir véritablement pour « l’atteinte de l’ensemble des résultats techniques prévus et en priorité pour la réalisation des investissements sans lesquels les phénomènes d’érosion côtière, d’inondation et de pollution observés ne feront que s’aggraver au préjudice des populations qui y vivent et de toutes les activités économiques qui s’y développent ».
Le co-président du projet Waca-Resip a souligné que des travaux d’aménagement du Littoral ont été réalisés à travers le plan d’action du gouvernement (PAG).
D’après le ministre José Tonato, ces investissements ont fortement contribué à la stabilisation des portions critiques de la zone littorale du Bénin. Il s’agit notamment du renforcement de segment de côte, de la création du Lac marin à l’Est de Cotonou et de la construction de la digue immergée sur la partie centrale d’Avlékété dans la commune de Ouidah.
« Il est nécessaire que les mesures de sauvegarde environnementales et sociales soient mises en œuvre et que la maîtrise de la question de l’érosion côtière engage une plus grande coordination des actions et interventions au niveau régional », a affirmé le ministre du cadre de vie et du développement durable. Il faut aussi selon lui, « une plus grande mobilisation des partenaires techniques et financiers et une meilleure implication de la société civile afin que s’instaure un dialogue permanent entre tous les acteurs en charge de cette mise en œuvre ».
Pour faire face à certaines difficultés liées au manque de main-d’œuvre qualifiée pour le dimensionnement des ouvrages, le suivi des infrastructures de protection, la gestion du milieu marin et côtier à court moyen et long terme, le ministre du cadre de vie a annoncé que le Bénin a proposé un programme de formation master régional en gestion du milieu urbain et côtier.
Dans la mise en œuvre du projet, plusieurs travaux sont prévus pour 2020 à savoir : les travaux de protection de côte notamment le dragage et le refoulement de sédiments et de la stabilisation de la berge, la consolidation de la protection de la côte entre Aného au Togo et la Bouche du Roi au Bénin. Ces travaux démarreront après la validation des études techniques en vue de la réduction des risques côtiers. Il en de même pour les activités alternatives génératrices de revenus qui devront impacter 500 bénéficiaires directs dont 373 femmes.
« A l’issue de la présente session, vos échanges et décisions serviront de levier pour l’amélioration des performances tant attendus des différentes coordinations des 06 pays du projet Waca Resip (Togo, Bénin, Sao Tomé, Côte d’Ivoire, Sénégal, Mauritanie », affirme le ministre José Tonato.
Le commissaire Gbian n’a pas manqué de remercier la Banque Mondiale, le Fonds pour l’environnement mondial, et le Fonds Nordique de développement pour le partenariat de confiance avec la commission de l’UEMOA et les Etats concernés par le programme de gestion des zones côtières en Afrique de l’Ouest.
La troisième session du comité régional de pilotage du projet Waca Resip prend fin ce vendredi 15 novembre 2019.

Akpédjé AYOSSO