Poursuivi pour coups mortels (14e dossier): Georges Boco, roi des K.O., condamné à 48 mois d’emprisonnement ferme

Mise en ligne par le 6 août 2018

Dans le cadre de la session supplémentaire de la cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou, le boxeur professionnel Georges Boco était poursuivi pour coups mortels. Lors du jugement, vendredi 3 août dernier, il a été reconnu coupable d’avoir volontairement porté des coups sans intention de donner la mort et a été condamné à 48 mois d’emprisonnement ferme.

Quarante-huit mois d’emprisonnement ferme. C’est le verdict rendu, vendredi 3 août dernier, par la cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou qui s’est penchée sur le dossier de Georges Boco qui y était poursuivi pour coups mortels. Au cours de l’instruction à la barre, Georges Boco a reconnu avoir porté des coups mais déclare n’avoir eu aucune intention de donner la mort.

Des faits très simples mais qui ont abouti à un drame. Selon les explications de l’accusé, il a rencontré sur son chemin, des gens qui voulaient en découdre avec lui. Mais l’inattendu étant survenu, il a craint d’être pris à partie ; c’est ce qui explique qu’on ne l’ait pas vu trois jours après la survenance des faits. Toutefois, l’accusé reconnaît avoir remis 50 000 francs puis 400 000 francs qu’il a dû porter à la brigade suite au refus des parents de la victime d’encaisser lesdites sommes.
Par rapport aux faits qui lui sont reprochés, l’accusé les attribue au diable, la voix remplie d’émotion. Il explique avoir aperçu quatre personnes, au lieu de deux rappelés par le président. Pour le président de la cour d’assises, on attend une maîtrise de soi de la part d’un professionnel de sa trempe. Il en a déduit qu’une pareille réaction venant d’un boxeur professionnel laisse à désirer.
A défaut de la présence physique des témoins, le président a fait donner lecture des procès-verbaux d’audition des témoins et de confrontations faites par le juge d’instruction.
Dans son réquisitoire, le représentant du ministère public relève qu’une petite affaire peut aboutir à une grande tragédie. La discourtoisie a entraîné un drame, retient-il. Il s’appesantit sur le rapport d’autopsie qui révèle un hématome du cerveau et une fracture crânienne. Ce qui a eu pour conséquence, selon lui, la souffrance cérébrale ajoutée à l’état pathologique qui est à l’origine de la mort. Voilà les faits qui justifient le renvoi de l’accusé devant la cour d’assises, fait remarquer le ministère public. Des faits qualifiés de coups mortels prévus par l’article 309 alinéa 4 du Code pénal. Ce qui signifie en d’autres termes des coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
Pour le ministère public, les coups s’analysent comme toute impression faite sur le corps de quelqu’un en la choquant ou la heurtant violemment.
Georges Boco a-t-il porté des coups et fait des blessures, la victime des coups est-elle décédée ? s’interroge le ministère public, avant de souligner que pour retenir les coups mortels, il faut la réunion des éléments légal, matériel et intentionnel.
Par rapport à l’élément légal, le ministère public soutient que le siège de l’infraction est l’article 309 alinéa 4. Il rappelle que si les coups portés et les blessures faites ont pourtant occasionné la mort sans intention de la donner, le coupable est puni d’une peine de travaux forcés à temps.
Le ministère public déclare que l’élément matériel se déduit du légal. L’élément matériel, selon lui, est l’acte matériel de violence exercée par l’accusé sur la victime. Il suffit qu’il y ait eu des coups portés, des blessures faites et des violences. Sur la base des lésions sur le corps de la victime Frégiste Djègbénagnon, de l’hématome du cerveau, des contusions hémorragiques et frontales, point n’est besoin d’être médecin légiste pour reconnaître les coups et blessures volontaires, retient le ministère public.
S’agissant de l’élément intentionnel, l’infraction de coups mortels, selon le ministère public, exige la volonté coupable qui se déduit de la volonté libre et de la responsabilité morale. Par rapport à la responsabilité de l’accusé, il ne souffrait d’aucune lésion, rapporte le ministère public. L’accusé a garé sa motocyclette, a enlevé son casque dont il s’est servi pour asséner des coups à ses supposés agresseurs. « Il sait frapper sur le corps humain pour faire mal ; en agissant, son intention ne fait l’objet d’aucun doute », conclut le ministère public. Car c’est un boxeur professionnel qui a été douze fois champion, qui aurait pu se maîtriser.
Le ministère public demande à la cour de considérer la qualité de boxeur professionnel multi-champion comme circonstance atténuante de même que les injures qui ont été proférées à son endroit. De plus, étant donné que l’enquête de moralité lui est favorable, le ministère public a requis 7 ans de réclusion criminelle à l’encontre de Georges Boco.
Face à de pareilles réquisitions, Me Louis Fidégnon a rassuré l’accusé qu’il a la chance d’être jugé par une composition dirigée par le premier président de la cour d’appel de Cotonou, avec des assesseurs qui ont dirigé des juridictions non moins importantes avant d’être dans les positions actuelles. La défense déclare nourrir une admiration pour ce citoyen d’un calme olympien qui a été douze fois champion. Il venait soit s’entraîner soit combattre à quelques encablures de son cabinet, justifie la défense. Pour Me Louis Fidégnon, des gens de bonne foi pourraient-ils entreprendre d’aller acheter un portable de nuit vers 23 heures? « A cette heure, je dors déjà de même que les enfants ; c’est des badauds, des voyous qui se promènent pour insulter », analyse-t-il.
Ce qui est certain, poursuit la défense, lors de l’accident, il a fait preuve de compassion pour avoir proposé 50 000 francs aux parents de la victime qui ont refusé. De plus, ajoute la défense, lorsqu’il s’est agi de scanner au Cnhu, il a encore proposé 400 000 que les parents du de cujus ont refusé.
La défense a raconté comment il a fait la connaissance d’un cousin fonctionnaire souffrant de gros cœur qui prend des comprimés depuis vingt ans pour survivre

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