Promotion du pouvoir de décision des femmes, contrôle des ressources et accès aux opportunités du marché

0
249
Cet article est une initiative du Réseau des Femmes Leaders pour le Développement à travers son partenariat avec UAF AFRICA dans le cadre de la Justice Économique pour les Femmes.

 

En Afrique de l’Ouest les pays disposent d’un formidable atout économique en grande partie inexploitée : Les femmes. Aujourd’hui des filles sont obligées d’abandonner prématurément leur scolarité et n’ont pas d’autres perspectives que de se marier très jeune et de tomber enceinte dans un environnement où les soins maternels et infantiles de même que les services de planification et même familiales font cruellement défaut. Cela entraîne souvent une pauvreté endémique et une situation sanitaire préoccupante et par ricochet une sous-productivité. Dans certains villages du Nord Benin par exemple, les adolescentes se marient souvent très jeunes dès le début de leur puberté et n’ont pas accès à des services de santé reproductive, maternelle et infantiles adéquats. Certaines régions de la partie septentrionale se caractérisent par des taux de fécondité, de mortalité et de malnutrition très élevés. A cela s’ajoutent les modes de désignation, de partis politiques ou encore de structures étatiques qui continuent d’être obstacle à la participation inclusive des femmes à la vie politique. Malgré la lutte généralisée de démocratisation en vogue dans la plupart des pays, les femmes sont largement sous-représentées à tous les niveaux de l’administration en particulier dans les organes exécutifs et autres ministères. Elles ne sont du tout pas nombreuses à accéder au pouvoir politique au sein des organes législatifs. Mieux, la propension de filles non scolarisées y atteint un niveau record dans le monde avec de plus en plus de jeunes filles et femmes qui sont brimées et à qui l’on accorde très peu d’importance dans l’exercice de leur pouvoir de décisions. L’Afrique se doit donc de s’attaquer à ces défis pour parvenir à valoriser la plus grande de ses ressources, son capital humain féminin en matière de promotion de son pouvoir de décisions, de son accès aux différentes opportunités auxquelles leurs homologues du sexe masculins ont part mais aussi de veiller à un contrôle efficace des ressources, d’où la réponse au thème soumis à notre réflexion à savoir comment assurer la promotion du pouvoir de décision des femmes, contrôle des ressources et accès aux opportunités du marché.
La femme et son pouvoir décisionnel
Pour aborder cette question, il est important de partir de son entendement général. Le pourvoir d’une manière générale est la capacité offerte à quelqu’un pour agir. C’est un exercice d’influence, une capacité que détient une personne pour agir en faveur d’une majorité. Comment cette influence se manifeste-elle alors au niveau des femmes ? Il est cependant important de reconnaître que, que ce soit homme ou femme, les pouvoirs sont exercés de la même manière et les deux rencontrent les mêmes défis dans l’exercices du pouvoir. Qu’il nous soit permis avant tout propos de louer les efforts fournis çà et là par certains gouvernements de l’Afrique de l’Ouest qui, à travers une volonté affichée continuent de faire de la promotion de la femme leur cheval de bataille. Cependant depuis plusieurs années, les réformes engagées aussi bien par les gouvernements africains que par les institutions internationales de défense des intérêts des femmes dans le but de ramener celles-ci comme élément pivot du développement de l’Afrique fait suite à un constat qui interpelle : l’absence chronique et inquiétante des femmes à des instances de prise de décisions dans des nations pourtant riches en capital humain féminin. D’ailleurs l’ironie démographique montre à suffisance que les femmes sont beaucoup plus nombreuses que les hommes et qu’elles vivent encore plus longtemps qu’eux. En effet, le niveau du développement de l’Afrique, nonobstant l’intensité et l’immensité du combat mené par les aînés et dont la génération actuelle continue encore de célébrer la ferveur, le courage et la détermination pour des pays africains prospères où le pouvoir de décisions que ce soit des hommes ou des femmes est valorisé, laisse encore à désirer : Pauvreté, pillage, brimade des droits des femmes, inégalités, guerres entre nations faisant des jeunes filles et femmes les éternels victimes. De cette analyse, s’il n’est bien saillant de faire le procès de la gent féminine, principale victime collatérale de la destruction de l’Afrique que responsable, en revanche, il est regrettable de constater que l’avoir écarté de ce qui devrait être la norme n’a malheureusement pas propulsé le développement de l’Afrique sur les plans politiques, économiques, sociaux et durable. Pour dire vrai, si elles étaient dotées de compétences, d’une capacité à exercer leur pouvoir de décision et pouvaient s’épanouir dans l’aspect social et économique, les femmes pourraient davantage contribuer dans leur foyer et au niveau national à la croissance de l’économie. Alors que la déclaration universelle des droits de l’homme donne à tout homme et à toute femme le droit de prendre part à la gestion des affaires publiques de son pays dans tous les domaines, les femmes, elles, n’en jouissent pas encore. Or, la participation égale et sans anicroche à la vie sociale et politique est un facteur déterminant pour une bonne promotion de la femme. Cette égalité de chance aux affaires publiques et aux prises de décisions, loin d’être un simple facteur ou une simple question de démocratie et de justice est une des conditions nécessaires et indispensables pour que les intérêts de la gent féminine soient pris en considération.
Inégalités hommes-femmes : Quelle implication sur les opportunités de marché pour les femmes ?
Exclues du champ d’action et des voies légales qui ont pour destination le pouvoir, telles que les organes dirigeants des regroupements de partis politiques, les syndicats et les organisations patronales, le tableau de participation des femmes au marché du travail s’assombrit chaque année. Elles ont de plus en plus moins de chances que les hommes d’avoir un emploi décent. Synonyme de prendre activement part à une activité économique, l’emploi recouvre l’intégralité du travail rémunéré et non rémunéré. Cependant elle exclut les tâches domestiques dans lesquelles sont classées les soins des personnes âgées, la cuisine etc. Dans la plupart des pays en voie de développement où les femmes travaillent dans le secteur primaire tel que l’agriculture de subsistance sans rémunération, le taux d’activité est élevé avec une réduction de l’écart entre les sexes, ceci en dépit de leur faible participation à des activités rémunérées en dehors du foyer. Dans les pays développés par contre, le taux d’activité est aussi important puisque la quasi-totalité des femmes participent au marché du travail. En revanche, le taux d’activité des hommes est stable peu importe le niveau de vie dans le pays. Ceci dit que les femmes occupent plus d’emplois vulnérables que les hommes. Il est donc aisé de dire par-là que beaucoup de femmes travaillent pour des emplois précaires au sein des familles, des emplois non rémunérés. A cause de la répartition inégale des responsabilités et du travail au sein des ménages, les femmes n’ont pas suffisamment de temps d’acquérir les connaissances nécessaires pouvant leur permettre de véritablement participer à la prise de décisions dans les organes publics. Ainsi comme des personnes de deuxième rang, celles-ci ont comme dernier recours le militantisme dans le secteur des organisations non gouvernementales. Lesquelles organisations leurs permettent d’exposer leurs intérêts et leurs difficultés et de promouvoir le débat national et régional sur la précarité de la condition dans laquelle elles sont:
Politiques à mettre en place pour la promotion des pouvoirs de décisions des femmes et leurs accès aux opportunités du marché du travail
Le bilan mitigé que présentent les données démontrent bien de l’urgente nécessité pour les gouvernants de restaurer l’équilibre entre l’abaissement du coût d’opportunité des activités professionnelles des femmes et de leur protection.
Pour faire une bonne promotion des femmes à travers la promotion de leur pouvoir de décisions et de leur accès aux opportunités du marché, les pays se doivent d’opérer un suivi et une évaluation des politiques encours afin de savoir ce qu’il faut corriger et ajouter. Pour cela il faut :
• Mettre fin aux rapports de force qui constituent des obstacles à l’épanouissement des femmes : en effet, ils en existent à presque tous les niveaux et dans tous les secteurs de la société, qu’ils soient privés ou publics. Parvenir à garantir une participation égale pour hommes et femmes à une prise de décisions efficace permettra d’établir un équilibre qui correspondra mieux à la composition de la société ce qui est nécessaire au renforcement de la démocratie et à son bon fonctionnement.
• Garantir une égalité dans la prise de décisions : Il s’agit d’une forme d’égalité qui donnera aux femmes un poids et qui seule, facilitera l’intégration d’une perspective égalitaire dans l’élaboration des politiques de développement. Une participation égale à la vie politique est donc déterminante pour bonne promotion de la femme.
• S’il y a lieu, introduire dans les systèmes électoraux des lois qui obligeront les partis politiques à présenter un quota de femmes aux élections diverses. Ceci permettra d’étudier les effets des modes de scrutins sur la représentation des femmes dans les structures électorales ou dans le cas échéant, modifier le système électoral.
• Travailler à restaurer l’équilibre de la proportion hommes-femmes dans les organes et commissions nationaux.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here