Qui protège qui, contre qui et quoi ?

Written by le 6 novembre 2017

Le Bénin est un Etat organisé. L’une de ses missions, c’est de protéger les citoyens. Pour la pleine jouissance de leurs droits. Pour leur épanouissement humain intégral. Beaucoup de Béninois en sont si convaincus qu’ils réclament tout à l’Etat. Ils attendent tout de l’Etat. Aussi s’abandonnent-ils dans les bras de l’Etat comme le ferait un bébé dans les bras de sa maman.

L’Etat, puissance souveraine, peut beaucoup. Mais il ne peut   tout faire. Aux frontières de ses responsabilités s’ouvre le champ des responsabilités de chacun, de chaque citoyen. A l’Etat sa mission régalienne. A chaque citoyen ses responsabilités humaines. L’actualité béninoise décline les multiples domaines dans lesquels l’Etat exerce son devoir de protection du citoyen. En manière d’illustration, ciblons trois grands secteurs de la vie nationale.

– Le secteur de la loi et de la citoyenneté. La Constitution est la mère de toutes nos lois. C’est le bouclier normatif qui nous protège contre toutes les atteintes à nos droits fondamentaux. Cessons donc de regarder notre Constitution comme quelque chose d’abstrait et de lointain. Notre Constitution doit accompagner chacun de nos pas, tous les jours, en toutes circonstances. D’où la nécessité de l’enseigner, de la vulgariser, de se l’approprier.

Le recensement initial administratif à vocation d’identification de la population (RAVIP), actuellement en chantier, est un outil de protection du citoyen. Aux termes de la loi qui l’institue, le citoyen, parce que identifié et identifiable, ne sera plus une entité anonyme dans un cheptel humain. Dans la   dialectique de la solidarité nationale, il sera dans les liens de l’aphorisme célèbre : « Un pour tous. Tous pour un ».

– Le secteur de la sécurité. C’est le devoir d’un Etat de protéger ses citoyens. Il doit veiller à leur intégrité physique et morale. Il doit œuvrer à la sauvegarde du patrimoine humain en général. La mise sur pied prochaine d’une Police républicaine intégrant Police et Gendarmerie, répond à cet impératif. La politique nouvelle de micro-finance en faveur des plus pauvres s’inscrit dans une dynamique de protection de la frange la plus vulnérable de la population.

Le secteur sanitaire et nutritionnel.  Sur le plan sanitaire d’abord, la distribution gratuite des moustiquaires imprégnées, la vaccination toute aussi gratuite des tout-petits contre la poliomyélite sont des actions de protection de haute portée. Sur le plan nutritionnel ensuite, la décision de mettre en place des cantines scolaires dans des zones déshéritées de notre pays   participe du souci de protéger l’avenir contre les carences d’aujourd’hui.

Oui, nul ne saurait dire que l’Etat ne fait rien pour protéger le citoyen. Il reste qu’il y a des espaces où c’est l’individu seul, le citoyen seul qui est maître et responsable de sa protection. Des espaces sacrés devrait-on dire sur lesquels seul l’individu, seul le citoyen a toute légitimité, détient un titre de propriété.

– Il y a l’espace couvert par les rapports de l’individu à Dieu. C’est soi face au plus haut, face au sacré, face à ce qui nous transcende. La raison humaine se plie devant l’espace de la foi.  Ici, c’est l’individu qui est le gestionnaire suprême à l’exclusion de tous, mêmes de ses géniteurs. La protection de Dieu prévient contre l’impasse d’un monde sans Dieu.

– Il y a l’espace couvert par les rapports de l’individu à la vie. Ni papa, ni maman, ni le maître : c’est chacun qui donne une direction à sa vie. Même si nous avons toujours besoin des autres pour nous réaliser. Personne ne change personne. Personne ne peut penser avec la tête d’autrui. Malgré nos hérédités et héritages multiples, nous sommes des pièces uniques dans la vaste machinerie humaine. La vie nous protège contre la mort, synonyme de sécheresse absolue, de désert d’être.

– Il y a, enfin, l’espace couvert par les rapports de l’individu à ses valeurs. Comme qui dirait, « Entre l’arbre et l’écorce il ne faut pas mettre le doigt ». Pas d’immixtion possible par rapport à mes valeurs de vie. Il y en a qui sont aussi vielles que l’humanité. Il y en a d’autres qui participent de mon identité. Nos valeurs nous identifient tout à la fois à la condition humaine en général et aux réalités d’une communauté humaine en particulier. C’est là où se situe le grand carrefour de la vie, au point de rencontre du citoyen du monde que je suis et du fils d’un terroir que j’entends rester.

Jérôme Carlos

La chronique du jour du 2 novembre 2017


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