Répartition et partage inégales des soins entre Hommes et Femmes : Quels efforts pour endiguer le mal ?

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Cet article est une initiative du Réseau des Femmes Leaders pour le Développement à travers son partenariat avec UAF AFRICA dans le cadre de la Justice Économique pour les Femmes.

Il n’est plus un secret pour quiconque vit sous le soleil que la plus grande partie des travaux domestiques sont à 80 pour cent est assumée par des femmes. En Afrique, qu’elle soit centrale ou de l’Ouest, ce constat est légion. Or, de nos jours la société exige que toute personne quel que soit son sexe s’active pour établir un environnement professionnel et sociale équitable. Si donc tout le monde doit se rendre disponible dans le cadre d’un travail professionnel à temps plein, il paraît injuste et inégal que les travaux relevant du secteur des soins non rémunérés soient uniquement à la charge des femmes. Dans ce sens, militer pour que cette forme de discrimination s’estompe au profit des valeurs d’égalité n’est pas insensé. Analysons pour cela les différentes actions menées par des gouvernants des pays africains dans l’optique d’une lutte efficace et efficiente contre les répartitions inégales des soins entre les hommes et les femmes.
Inégalités sexuelles : De quoi parle-t-on ?
Dans toute société il existe des différences qui peuvent être liées à l’âge et au sexe par exemple. En principe toutes ces différences ne donnent droit à des inégalités. On dit qu’il y a des inégalités lorsque ces différences conduisent à des avantages et des désavantages. Par exemple, une étude a montré qu’à poste et expériences égales, les femmes percevaient neuf fois moins de salaires que les hommes. Dans ce cas d’espèce on perçoit clairement comment la différence de sexe peut conduire à des désavantages. On distingue cependant deux formes d’inégalités : Les inégalités économiques et les inégalités sociales. Les inégalités économiques correspondent quant à elles aux écarts de revenus et de patrimoine entre les agents économiques.
Répartition inégale des soins : Egalité ou égalitarisme ?
En Afrique, la situation actuelle des femmes dans le monde du travail rémunéré peut paraître paradoxale. Par ailleurs, si l’emploi féminin a dans un certain cas progresser de manière significative, de nombreuses inégalités persistent et caractérisent la situation des femmes aussi bien dans la sphère du travail salarié que dans celle du travail non rémunéré ou familial. En effet, à l’observance des faits, il est facile de reconnaître que les femmes ne jouissent guère des droits, attributions et avantages de la société de la même manière que les hommes. Sur le plan des textes et lois juridiques, si le droit des femmes à un environnement social au même titre que l’homme fait désormais l’objet d’un consensus, celui-ci disparaît à grand feu quand il s’agit de l’applicabilité. Les femmes en effet constituent près de 80 pour cent des détenteurs d’emplois à temps partiel. La croissance accélérée de cette forme d’emploi s’est traduite par une part accrue des femmes dans les emplois faiblement rémunérés. La ségrégation professionnelle continue cependant de caractériser leurs emplois. Ainsi, au lieu que la société assure dans la légalité le respect de leurs droits, elles sont plutôt marginalisées, stigmatisées et classées au second plan. Largement sous-représentées à tous les niveaux de l’administration en particulier dans les organes exécutifs et ministères, les femmes sont obligées de faire recours aux métiers de basses classes : La collecte de bois de chauffage, prise en charge des enfants et des personnes âgées. Elles sont peu nombreuses à accéder au pouvoir politique au sein des organes législatifs. Ceci malgré les nombreuses actions de démocratisation en vogue dans la plupart des pays. Le pire est que, même la propension de filles non scolarisées a atteint un niveau record dans le monde avec de plus en plus de jeunes filles et femmes qui sont quasiment laissées pour compte. Pendant ce temps, leurs homologues de sexe masculins jouissent bien des prérogatives qui sont les leurs. Et pourtant…
Quid des Privilèges des hommes sur les femmes ?
Contrairement aux femmes, la société actuelle considère les hommes beaucoup plus aptes à conduire que les femmes. Mais à en croire les scientifiques de l’université de London, cette différence est beaucoup plus liée à une discrimination suivie d’une haute inégalité des opportunités plutôt qu’à une capacité innée. Dans le domaine agricole par exemple, il a été prouvé scientifiquement parlant que le rendement des domaines exploités par les femmes est largement en dessous de ceux exploités par les hommes. Ce phénomène, loin de prouver au fait que les femmes soient moins compétentes dans ce secteur est bien au contraire, un fait qui démontre que les femmes sont tout aussi compétentes que les hommes : Le défi majeur est qu’elles n’ont pas accès aux mêmes facteurs de production que les hommes. Pour dire que si elles étaient à égalité des hommes dans ce secteur, leur résultat rattraperait celui des hommes et leur production s’en trouverait augmentée. L’autre pomme de discorde est que trop souvent, les dénominations des fonctions en entreprise sont masculines. A diplômes égal, des écarts de rémunération incroyables. Quelles sont alors les grandes actions entreprises qui montrent une remise en cause de ces écarts ?
La remontada …
Au vu de cette situation qui oppose la condition sociale de l’homme à celle de la femme, les gouvernants à travers des dispositions juridiques propres au mode du travail ont appréhendé la situation des femmes à partir d’une logique protectrice qui correspond à leur statut inégalitaire dans la société. En droit, la loi reconnait près de 30 critères de discrimination. Ainsi, défavoriser une personne en raison de ses origines, son âge, son sexe ou son handicap est puni par la loi et les conventions internationales auxquelles le Benin a adhéré. En optant pour l’option de règlementation de la condition sociale des femmes, il s’agissait pour les autorités de protéger les femmes contre les abus entraînés par la discrimination dans le monde du travail. S’articulant donc sur les logiques protectrices, une certaine vision de la femme au travail s’est progressivement élaborée. Ainsi, dans la constitution béninoise par exemple il est affirmé clairement que la loi garantit à la femme dans tous les secteurs d’activité des droits égaux à ceux des hommes.  Cette disposition a donné par la suite naissance à l’institut national de la femme.
De plus, à la persistance des inégalités, le principe de l’égalité des droits a aussi conduit à définir un certain nombre de sanction et de résolution dans le but de garantir l’égalité pour les femmes. Il sera donc question de passer de l’égalité formelle, c’est-à-dire celle sur papier ou encore de l’égalitarisme à l’égalité réelle. Il s’agit entre autres résolutions de :
• Amélioration du territoire comme un moyen d’aller vers l’élimination des inégalités : l’aménagement du territoire fait appel à un ensemble d’action dont le but est de développer la vie d’un territoire. D’abord aménager les grandes villes qui concentrent les activités économiques contrairement aux milieux ruraux. Y compris certains quartiers plus souvent touchés par des problèmes économique et social. Cet aménagement aura aussi comme déconvenue l’amélioration de certaines actions variées comme l’habitat, le transport, l’éducation etc.
• Promotion du leadership féminin :  les autorités ont développé des stratégies pour mettre fin aux discriminations d’ordre sexuel à travers non la promotion du leadership féminin mais aussi l’autonomisation des femmes. Pour elles, l’autonomisation des femmes et des filles a un effet multiplicateur et contribue à stimuler le développement et la croissance économique dans tous les domaines.  Une raison suffisante qui explique la flopée d’activités organisées çà et là au Benin ces dernières années. Au bout de quelques années, les actions ont montré que 41 pour cent des femmes ont aujourd’hui un emploi décent et rémunéré qu’il y a 20ans en arrière.
• Aussi à travers les objectifs de développement durable les pays africains entendent donner aux femmes des droits égaux sur les richesses économiques comme les propriétés et la terre afin d’atteindre les ODD. Il n’est pas prétentieux de reconnaître qu’aujourd’hui le nombre de femmes ayant des emplois rémunérés et décents est plus élevé que jamais auparavant, mais il serait très important de maintenir ce cap afin que plusieurs d’entre elles parviennent à occuper des positions décisionnelles.
Malgré ces résultats, un nombre important de femmes continuent de subir les affres des inégalités. Et tant qu’il reste à faire, rien n’est encore fait dit-on. C’est pourquoi les autorités se doivent de :
Continuer la lutte sans relâche jusqu’à ce que l’attribution à part égale les responsabilités soit une réalité.
Loin de balayer de revers les multiples efforts par les autorités afin de redonner à la femme africaine toute sa lettre de noblesse à diffèrent niveau de l’administration, il est aussi évident de reconnaître que les fruits ne tiennent pas la promesse des fleurs dans les ménages. Dans les ménages, les femmes sont plus au front en matière de responsabilités ménagères que les hommes. Pour qu’elles puissent profiter autant que des avantages sociaux, il est important qu’un partage équitable et juste soit fait. En effet les hommes se doivent de véritablement s’engager à réduire la souffrance aux femmes en se chargeant d’une partie des tâches. Et pour y parvenir, une évaluation des points forts de même que des points fables des deux côtes s’avère nécessaire.

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