Responsabiliser les hommes et les garçons pour assumer leur part égale du travail de soins rémunérés et non rémunéré afin de parvenir à l’égalité entre les sexes.

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Cet article est une initiative du Réseau des Femmes Leaders pour le Développement à travers son partenariat avec UAF AFRICA dans le cadre de la Justice Économique pour les Femmes.

Qui  est sexiste ? Personne ? Nous imaginons que c’est votre cas aussi. Si tel est le cas, comment expliquer les écarts de salaire, les violences domestiques, le harcèlement des rues et j’en passe ? En d’autres termes comment expliquer qu’une population antisexiste tolère encore voire alimente un système inégalitaire ? c’est le constat d’un paradoxe similaire qui a conduit Pierre Tevanan, essayiste et militant français à proposer le concept de « mécanique raciste », mécanique qui permet d’entretenir et de justifier  toute une série d’inégalité en l’occurrence raciste et celle du monde du travail. Et si cette mécanique discriminatoire pouvait aussi s’appliquer au sexiste, c’est ce que nous allons voir à travers le thème : Responsabiliser les hommes et les garçons pour assumer leur part égale du travail de soins rémunérés et non rémunéré afin de parvenir à l’égalité entre les sexes.
Notions de sexe et de genre :
 Sexe et genre, veut-ils dirent les mêmes choses ? bien que ces termes soient confondus, ils ne recouvrent pas les mêmes réalités. Le thème « sexe » recouvre les différences biologiques entre les hommes et les femmes. Cependant ces différences biologiques peuvent conduire à des constructions autour sociales autour de ce qu’implique être une femme ou un homme dans la société. La notion de genre recouvre ces constructions sociales. Contrairement aux différences biologiques, elles sont variables dans le temps et dans l’espace précisément parce qu’elles sont produites par les sociétés dans lesquelles elles existent et évoluent. Pour prendre un exemple plus simple, il est déshonorant pour un homme de prendre soin des enfants, s’occuper des taches ménagères, brefs, accomplir des activités non rémunérées. On observe aussi que la façon dont les hommes et les femmes travaillent diffère. Il est important de réaliser que les attentes liées aux genres qu’une société crée autour des sexes biologiques peuvent malheureusement conduire à des différences sociales entre les femmes et les hommes. Par exemple, les femmes sont censées s’occuper des ménages et de la famille tandis que les hommes devraient avoir un revenu pour subvenir aux besoins de leur famille ou assumer des responsabilités politiques. Ces caractéristiques des rôles et des statuts s’accompagnent souvent d’une valorisation et d’une hiérarchisation à l’avantage du masculin. Bien que cette hiérarchisation a tendance à progressivement s’atténuer, certaines différences entre hommes et femmes en terme de rôle, de statut en décomptent encore. Par exemple, les hommes assument toujours moins de tache de soin. Les femmes restent également sous représentées en politique. Vous êtes curieux de savoir comment les différences de sexe peuvent être prises en compte lors de la conception des politiques publiques ?
Comment expliquer la persistance de ces inégalités de genre ?
Pour répondre à cette préoccupation, il est important de reconnaitre que le premier aliment de ces inégalités s’appelle les stéréotypes de genre. Les stéréotypes rendent en effet la vie dure. Ils s’installent dans la vie de chaque individu dès l’enfance et sont perpétrés dans toutes les sphères de la vie privée, en premier lieu au sein des familles et ensuite au sein de l’école et de tous les espaces de socialisation. Au plan politique, il est notable de constater le retard africain en matière de droit de vote et d’éligibilité des femmes. De par leur nature, les femmes sont prédisposées à l’excitation, ce qui produit un effet pernicieux sur les affaires publiques et les intérêts de l’Etat seraient bientôt sacrifiés à tout ce que l’ardeur de la passion peut engendrer de confusion comme de désordre : avait confié un député français à l’époque. Ceci explique pourquoi depuis plusieurs années, les lois se succèdent dans les pays de l’Afrique de l’Ouest pour rééquilibrer les rôles d’évoluent aux femmes et aux hommes dans la vie politique.
En Afrique de l’Ouest, les femmes plus de 50 pour cent de la population. Elles contribuent activement au développement économique et social des pas. La plupart d’entre les pays africains ont ratifié la convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, le protocole de la charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes, la convention sur les droits de l’enfant et la résolution 1325 des Nations Unies sur les femmes. Toutefois les disparités entre les hommes et les femmes persistent du fait du faible statut social des femmes. Pour favoriser l’égalité des chances entre homme et femme dans le contexte des travaux rémunérés et non rémunérés, le Bénin à l’instar du  Sénégal s’est résolument engagé dans le processus d’élaboration et de mise en œuvre des stratégies nationales pour l’équité et l’égalité de genre.
La première étape de la mécanique c’est la focalisation. Il s’agit de prendre un critère arbitraire, la taille, le sexe, la couleur de la peau et d’en faire quelque chose qui définisse une population. Les femmes ne sont plus seulement des personnes, elles sont aussi et surtout des femmes. Elles partagent un certains nombre de critère communs, comme le fait d’aimer les enfants et d’en vouloir, d’avoir les chevaux longs et d’être coquette. La deuxième étape c’est la différenciation. Les femmes ne sont plus seulement toute pareilles, elles sont aussi très différentes des hommes. Comme par exemple les femmes ont des cheveux longs et les hommes les chevaux courts, les femmes privilégient leur famille et les hommes leur carrière. Cela nous renforce les deux contrastes entre les deux individus qui nous paraissent bien plus différents que ce que l’on peut imaginer. Ensuite c’est la péjoration. Ce qui était au départ une différence devient un favori. Pour le sexiste cela peut paraitre assez franc. Une femme n’est pas douée pour diriger, conduire bien et ne peut pas se défendre. Mais cela peut aussi prendre la forme plus subtile d’un sexiste bienveillant. Dire que les femmes mieux la cuisine ou son multitâche, devient un prétexte pour les laisser s’occuper de tout à la maison. Dire que les femmes plus sensibles est une façon pour dire en fait qu’elles sont plus en proie à leurs émotions et qu’on ne peut pas leur confier une décision importante. A ce stade, les femmes sont toutes pareilles et sont toutes différentes d’hommes. La dernière étape c’est la légitimation. On s’appuie sur les trois étapes précédentes pour justifier les inégalités de traitement du système dans son ensemble. Les femmes aiment toutes les enfants et elles en veulent contrairement aux hommes qui privilégient leurs carrières. Du coup, les femmes sont moins compétentes et moins expérimentées au travail et finalement c’est logique qu’elles moins représentées aux postes de décisions. Le système sexiste parait regrettable mais presque normal pour plusieurs. Car ces réflexions nous les avons tous, mais en prendre conscience, c’est déjà le point de départ pour constater les inégalités, développer notre empathie à propos des personnes qui les subissent et renvoyer cette mécanique en arrêtant d’abord de focaliser et de différencier. Ne plus permettre la péjoration et la légitimation des injustices.
Rôle des médias dans la prise de conscience des enjeux légalitaires :
Les stéréotypes de genre sont les véritablement au cœur de la préoccupation systémique. Alors que lorsqu’ils sont véhiculés par le biais des instances de représentativité comme c’est le cas des médias, ces stéréotypent lèguent à la plus jeune génération l’image d’une société genrée. En quoi alors les médias ont-ils un pouvoir pour véritablement lutter contre les discriminations tout en responsabilisant les hommes et les garçons pour assumer leur part égale du travail de soins rémunérés et non rémunéré afin de parvenir à l’égalité entre les sexes ? D’abord il faut reconnaitre que les médias, au-delà de leur rôle d’informateurs font plus. Que ce soit au niveau des citoyens qui les composent ou des organisations, les médias reflètent les réalités de nos sociétés, leurs rôles essentiels dans la démocratie et leur fonctionnement. Au-delà donc de ce rôle initial (informer), les médias ont également une grande influence sur les individus, négativement ou positivement. Pour avoir un grand impact, il sera donc question d’agir en priorité sur les médias les plus visibles tels que les principales chaines de télévision à forte audience. Créer aussi ds médias 100 pour cent féminins est une option pour faire entendre la voix des femmes et marquer ainsi les esprits.
Responsabiliser les hommes et les garçons :
Dans la marche vers l’égalité entre les sexes, les hommes ont bien évidemment un rôle majeur à jouer pour favoriser cette égalité. Aujourd’hui, ce sont les hommes qui sont aux manettes donc la responsabilité leur incombe. Il faut que chaque homme et chaque garçon se crée un reflexe égalitaire, c’est-à-dire à chaque occasion où une activité doit être exécutée aussi bien à la maison comme sur les lieux de travail, on pense à une répartition équitable des taches et des responsabilités.
La part des autorités :
Tout comme les hommes et les garçons, les autorités gouvernementales ont-elles-aussi un rôle important à jouer pour favoriser l’égalité entre les sexes. En effet, elles peuvent développer des stratégies incitatives à travers des politiques égalitaires pour amener les hommes et les garçons à changer leurs idées préconçues vis-à-vis des femmes. Elles peuvent aussi déployer certains outils dont pourraient se servir les acteurs du système.
Source: Cellule de communication RFLD