Tambour, secours, recours

Mise en ligne par le 9 janvier 2018

 

Les problèmes nous accompagnent comme les gros nuages escortent l’orage. Mais comment les résoudre ? Quelle solution pour nous dégager des fils entremêlés d’une méchante toile d’araignée ?  Le lien entre le problème et la solution a fait dire, à juste raison, que la solution est toujours dans le problème.

Que faire pour développer le Bénin ? Voilà posé un problème. Il s’adresse aussi bien aux dirigeants de notre pays qu’au Béninois lambda. Dans la recherche d’une solution, tout le monde est concerné. Il n’y a pas, d’un côté, ceux qui doivent se casser la tête et de l’autre côté, ceux qui doivent se cacher la tête. C’est, dit-on, la posture qu’adopte l’autruche pour échapper au danger.

Nous devons nous tenir tous pour des artisans de solutions. Mais nous n’avons pas tous une même approche de solution. Différence dans la manière de poser les problèmes. Différence de position par rapport aux problèmes posés. Différence de vue et de but. Le Bénin, actuellement, est en proie à une sévère crise sociale. Sous le rapport d’une solution à chercher et à trouver, au moins trois voies s’offrent. Mais à chaque voie ses caractéristiques propres.

1- La solution « tambour ». Elle consiste à faire le plus de bruits possibles. Il s’agit de porter l’attention sur un fait, de faire la lumière sur une situation. C’est généralement la voie que privilégient ceux qui vont en grève. On donne de la voix pour se faire entendre. On se donne en spectacle pour établir, par sa mobilisation et sa détermination, un rapport de force dissuasif.

Si le tambour, synonyme de bruit, devait être la seule offre de solution, on pourrait aller vite à l’affrontement, synonyme de troubles à l’ordre public. Au bruit des tambours pourraient répondre d’autres bruits. Dans la cacophonie générale et sans un minimum de sérénité, comment peut-on s’entendre ? Et il est dit que « le bruit ne fait pas du bien et que le bien ne fait pas du bruit ». C’est pourquoi le tambour dans la rue ne doit jamais exclure la négociation en coulisses. Les fils du dialogue ne doivent jamais être rompus. Il importe de garder deux fers au feu. L’action syndicale bien comprise, de ce point de vue, n’est pas et ne peut être unilinéaire, unidirectionnelle. Le dialogue est impératif. La négociation n’est pas facultative. Le consensus est à rechercher et à construire.

2 – La solution « secours ». Elle est de l’ordre de l’urgence. Elle est comparable aux tout premiers soins qu’on administre à un malade. Des soins dits palliatifs qui atténuent les symptômes d’un mal sans agir sur ses causes. Des soins tout de même   pertinents pour prendre de l’avance sur ce qui pourrait s’imposer, à terme, comme une issue fatale.

La solution « secours », par le détour des contributions et médiations diverses, est du ressort de tous. Il faut amener les parties au conflit à faire l’accord sur leurs désaccords. Face à une crise sociale, c’est une faute de se calfeutrer chez soi, de jouer les spectateurs, de regarder les protagonistes en découdre, de se contenter de compter les coups. Chacun doit prendre sa part à la solution « secours ». Aussi sûr que ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières, plus nombreux nous serons plus pertinente sera notre intervention.

Mais la solution « secours » est provisoire et transitoire. Elle est de l’ordre de l’urgence. L’erreur, c’est de s’arrêter au provisoire, c’est de s’installer dans le transitoire. On ne triche pas avec la nature. Nos carences finissent par nous rattraper. Un devoir inachevé ne vaut pas plus qu’un devoir non fait.

3 – La solution « recours ». Elle est à la discrétion d’éminentes personnalités, d’autorités institutionnelles et morales ou d’instances de légitimation capables de se placer au-dessus de la mêlée. Prenons un exemple. Face à une situation difficile, un ancien chef de l’Etat n’a pas besoin de solliciter une audience auprès du Président de la République avant de partager avec lui ses idées, ses approches de solution pour une sortie de crise honorable. Il tient pour atouts l’antériorité dans la fonction, le crédit capitalisé, l’expérience acquise… Il reste, toutefois, que la personne morale ou la personnalité en question ne doit pas être suspecte de parti pris, d’esprit partisan. La solution « recours », sous ce rapport, doit en imposer et s’imposer à tous. Trouverait ainsi à s’illustrer l’antique citation : « Le pharaon apparaît et les choses sont ».

Jérôme Carlos

La chronique du jour du 9 janvier 2018

 


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