#TaxePasMesMo : Une campagne pour l’annulation de la taxe Internet au Bénin.

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Au Bénin, des milliers d’Internautes et des associations de protection de consommateurs se sont mobilisés ce week-end pour dénoncer l’adoption de la taxe sur l’usage des réseaux sociaux. La campagne #Taxepamesmo sur Facebook et Twitter demande l’annulation d’une taxe béninoise créée par le décret 218-341 du 25 juillet 2018 qui introduit une taxe d’application immédiate sur l’usage des réseaux sociaux. Le décret institue une redevance de  5 Fcfa par mégaoctet consommé par l’utilisateur des services tels que Facebook, WhatsApp, Twitter, Viber, Telegram. Une pétition sur le site Change.org adressée au ministre de l’économie du Bénin a également reçu plus de 6500 signatures en 2 jours.

 

Violation du principe de neutralité d’Internet

Internet Sans Frontières s’inquiète des conséquences de l’adoption d’une fiscalité spécifique à l’usage d’un service Internet en particulier. Celle-ci viole le principe de neutralité d’Internet qui interdit toute discrimination  discrimination positive ou négative à l’égard de la source, de la destination ou du contenu de l’information transmise sur le réseau. Ce principe est à la base du développement d’Internet dans tous les pays du monde. Cette fiscalité viole également les recommandations de l’Organisation Internationale des télécommunications en matière de fiscalité appliquée aux communications électroniques.
Pour Qémal Affagnon, coordonnateur Afrique de l’Ouest d’Internet Sans Frontières:

La mobilisation des béninois contre cette taxe montre que le gouvernement béninois n’a pas mesuré l’impopularité de cette mesure et surtout ses effets sur l’économie numérique au Bénin. Cette taxe a pour conséquence tripler le prix de la consommation des forfaits Internet des consommateurs les plus démunis au Bénin: le prix du forfait moyen de 300 Mo passe ainsi de 200 fcfa à 1700 fcfa avec l’application de la taxe si on utilise les réseaux sociaux. C’est un recul net de la tendance dégressive des coûts d’accès à Internet. Au Bénin comme dans de nombreux pays d’afrique de l’Ouest, l’usage des réseaux sociaux est le principal usage d’Internet“.

 


Le Hashtag #Taxepamesmo appelle au retrait de la taxe

Sur Twitter de nombreux nombreux internautes interpellent les membres du gouvernement sur leur propre usage des  réseaux sociaux. Des appels au désabonnement des comptes des membres du gouvernement ont également été lancé. Joël Arsène Noumonvi, un membre de l’association des blogueurs béninois ironiquement le ministre de l’urbanisme José Tonato après un tweet de ce dernier pour promouvoir la présence du gouvernement Béninois au troisième sommet Chine-Afrique:

 

Sur Facebook également , le hahstag #TaxePasMesMo contient de nombreux appels à boycotter les pages du gouvernement présentes sur le réseau sont relayés par des internautes pour inciter ce dernier à retirer la taxe sur les réseaux sociaux.

 

Une taxe créée en Ouganda, contreproductive et dangeureuse pour l’économie numérique

Pour Hervé Coovi GUEDEGBE, secrétaire exécutif  de l’autorité de régulation des telecommunications électroniques du Bénin, “le Bénin n’innove pas avec cette taxe“, et celle ci permettrait d’accroître “la durabilité du secteur Internet“. Cette analyse est contraire à la totalité des études réalisées depuis mai 2018 sur la taxe spécifique sur les services de réseaux sociaux en Ouganda, pays “inventeur” de cet impôt. Lorsqu’on  supprime des conversations et des échanges en ligne par le biais d’une taxe, on limite l’inclusion financière, l’éducation et le bien-être général des citoyens.
Selon l’étude menée par le cabinet   d’audit ICT Research Solutions, les effets de la taxe en Ouganda sont contre-productifs pour l’économie nationale de ce pays. Selon ce rapport elle a surtout eu pour effet de réduire les revenus des opérateurs de téléphonie mobile et mettre en péril des milliers d’emplois dans le secteur numérique.

 

Source : Internet Sans Frontière