Travail de soin non rémunéré, y compris le travail domestique, la collecte d’eau et de bois de chauffage et les soins aux enfants et aux personnes malades ou âgées.

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Cet article est une initiative du Réseau des Femmes Leaders pour le Développement à travers son partenariat avec UAF AFRICA dans le cadre de la Justice Économique pour les Femmes.
La lutte pour l’émancipation de la femme est aujourd’hui devenue une monnaie courante dans les pays du monde. Mais pour que cette émancipation soit une réalité, plusieurs maux sont en vue d’être éliminés. Au nombre ce ceux-ci trône en règle d’or l’accès aux soins non rémunérés. En effet, l’accès aux soins désigne la facilité avec laquelle on accède aux bons services de soins au bon moment. Loin de traduire les mêmes choses, l’accès aux soins non rémunérés, malheureusement réduit nombre de femmes à l’esclavage. La réduction des femmes en esclavage à travers le poids des travaux non rémunérés sur leurs épaules est une tendance en pleine expansion. La pénalisation de l’emploi et le travail de soin non rémunéré creusent de nos jours des écarts entre les sexes. A en croire la directrice de l’Organisation Internationale du Travail en Bruxelles à une concertation sur les stratégies de l’Union Européenne en matière d’égalité des sexes, le travail de soins non rémunérés est l’une des raisons pour lesquelles les jeunes filles et les femmes sont en dehors de la population active. A l’en croire, près de 700 millions de femmes en âge de travailler pour apporter une valeur ajoutée à la société exécutent à temps plein des taches non rémunérées de soin contre une cinquantaine de millions d’hommes. Elles sont confrontées à plusieurs défis sur le marché du travail. Si, d’une manière générale, les disparités entre les femmes et les hommes persistent dans le domaine de l’emploi, des postes et des salaires, ces inégalités sont principalement prononcées dès lors qu’on décide de faire une étude comparative entre les deux sexes par rapport aux mères. Les femmes mères sont moins nombreuses à travailler que celles sans enfants. Cette différence constitue ce qu’on pourrait appeler « pénalité pour l’emplois des femmes mères ». Dans la plupart des pays du monde, les femmes continuent d’exécuter la quasi-totalité des travaux ménagers, la collecte de bois de chauffage, l’entretien des personnes âgées et autres. Il s’agit d’un véritable problème qui pourrait être réglé en investissant davantage dans les services de garde d’enfants, d’infrastructures de soins notamment de soins aux personnes âgées et aux personnes en situation d’handicap. D’où la pertinence du thème : Travail de soin non rémunéré, y compris le travail domestique, la collecte d’eau et de bois de chauffage et les soins aux enfants et aux personnes malades ou âgées.
Travail de soin non rémunéré : La pénalité de l’emploi des femmes mères
Entre les années 2000 et 2017, la pénalité pour l’emploi des femmes mères a exponentiellement évolué. Elles ont tendance à gagner dix fois moins que les femmes sans enfants. La maternité de part ses effets entraine chez elles une pénalité salariale dont les répercussions persistent tout au long de la vie professionnelle alors que dans du coté de l’homme, son statut reste associé à une prime salariale. Le difficile accès à l’information, aux infrastructures et aux services  alourdit le fardeau des soins qui pèsent sur les femmes en général et celles démunies en particulier. Pour que la prestation de soins non rémunérés, la collecte de bois de chauffage, la prise en charge des personnes âgées soient non seulement partagée mais valorisée, il faut passer en revue les rôles attribués et les règles qui les encadrent. Le milieu du travail doit inévitablement valoriser les responsabilités allant avec la prestation de soin de manière à ce que les travailleurs puissent s’en acquitter. Mais entre croissance et débouchées économiques, quels sont les enjeux ?
Les enjeux :
La prestation de soin aux ainés et aux personnes handicapées et aux jeunes revêt un aspect très important de l’économie mondiale. Tout individu a besoin de bénéficier de soins de qualité pour mieux apporter sa touche à la vie sociale, politique et économique. Malheureusement, une grande partie des soins est injustement tournée vers une seule catégorie de personnes, les femmes. Les soins non rémunérés, majoritairement assumés par les jeunes filles et les femmes, leur laisse moins de temps pour travailler, s’instruire et contribuer à la société. A en croire les estimations du Programme des Nations Unies pour le Développement en 2015, les femmes donnent dix fois plus de soins non rémunérés que leur homologue de sexe masculin. Les plus touchées par cette injustice sociale sont les familles à faible revenu parce qu’elle les prive de moyens pour souscrire aux services de soins et restreint leur accès à des infrastructures et à des services susceptibles de leur alléger le fardeau des soins. C’est ce qui justifie d’ailleurs la pertinence de l’objectif de développement durable numéro 5 qui met le focus sur une cible afin que soient valorisés et reconnus les soins et les travaux ménagers non rémunérés.
 Quels sont les paramètres pour alléger le fardeau ?
La restructuration de la participation des hommes et des garçons aux travaux domestiques induite par l’implication accrue des femmes sur le marché du travail et dans les taches ménagères au Bénin. Ces modifications faut-il le rappeler jouent à la marge sur le niveau d’implication des hommes et leur participation aux travaux ménagers reste malheureusement faible, centrée sur certaines taches ménagères très précises. A coté d’un caractère masculin dominant axé sur un modèle dit « idéalisé du male » semblent trôner d’autres pratiques s’émergeant dans l’intimité familiale et plus précisément autour de l’éducation des enfants. Mais celle-ci s’inscrive dans l’exercice de du rôle de premier responsable du foyer et s’apparentent à des restructurations obligées de pratiques masculines privées de leur fieffe d’expression et de structuration habituelle.
En 2016, plusieurs réponses avaient été reçues lors d’un sondage réalisé au niveau des responsables d’organisation non gouvernementales, des organisations de travailleurs et des réseaux de femmes, lesquelles réponses fournissaient des détails importants sur un éventail d’initiatives axées sur le travail des soins non rémunérés à l’échelle mondiale. Sur la base donc de ces réponses, une cinquantaine de cas sont sortis du lot mentionnent les expériences des autorités gouvernementales et de la société civile dans l’économie d’initiatives de recherches pertinentes et dans l’économie des soins. A cet appel de données se sont ajouté d’autres discussions de portée mondiale tenue sur le web les 07 et 08 juin 2016. Si l’appel de données a été entendu par plusieurs organisations opérant dans le  secteur de l’autonomisation des femmes et de prestation de soin, le peu de temps alloué pour collecter des réponses à l’endroit du groupe de réflexion et les différentes restrictions technologiques n’ont malheureusement pas permis de procéder à une validation digne du nom.
Recommandations :
Pour que les femmes puissent parvenir au plein emploi économique, des changements s’imposent dans l’évaluation du travail de soin  et la répartition de ces travaux dans les ménages. Les faits saillants qui ont découlé des différentes consultations sur la question du travail des soins rémunérés révèlent que des actions suivantes sont indispensables :
Nous devons impérativement prendre le chemin royal vers le travail de soins décents, et réduire, reconnaitre et redistribuer le travail de soins non rémunérés.
Nous nous devons aussi de mieux récompenser les travailleurs de soin par des travaux plus décents et assurer ainsi la négociation collective pour tous ceux qui s’adonnent au travail de soin de même que le dialogue social.
Source : Cellule de communication RFLD