Le marché de missèbô a été démoli ce jeudi 22 janvier 2026. Haut lieu du commerce de friperies et de chaussures à Cotonou, ce site marchand emblématique a été en quelques heures, vidé puis entièrement rasé. L’opération, menée par les services techniques à l’aide d’engins lourds, s’est déroulée dans un climat de forte tension.
De nombreux commerçants pris de court, ont tenté de sauver leurs marchandises dans la précipitation, parfois sous la pression directe des pelleteuses déjà à l’œuvre.
Des scènes exposant des vendeurs déboussolés, oscillant entre colère et incompréhension, face à la disparition brutale d’un espace qui constituait leur principale source de revenus.
Toutefois, cette démolition s’inscrit dans un processus de réorganisation des marchés urbains, piloté par l’Agence nationale de gestion des marchés modernes (ANaGeM).
A en croire les autorités qui rappellent que les commerçants concernés ont été invités à rejoindre un nouveau site spécialement aménagé pour les activités de friperies, l’ANaGeM avait déjà quelques jours plus tôt, le vendredi 16 janvier 2026, procédé à la remise officielle des clés de 349 boutiques du marché moderne de friperies d’Akpakpa PK3.
En effet, ce complexe, destiné à accueillir progressivement près de 2 200 commerçants issus notamment de Misèbô et de Dantokpa, comprend des boutiques fermées ainsi que plus de 1 700 étals, dans un cadre répondant aux normes d’hygiène, de sécurité et d’organisation.
Symbole de la volonté des autorités de tourner la page des installations jugées anarchiques, au profit d’infrastructures modernes, censées améliorer les conditions de travail des commerçants et l’attractivité économique de la capitale économique, ce nouveau marché de PK3 regroupe des acteurs béninois, nigérians et nigériens.
Certes, pensé pour structurer durablement le commerce de vêtements de seconde main. Cependant, la disparition de missèbô laissera une empreinte sociale forte dans le paysage commercial de Cotonou. Car, la transition demeurera pour de nombreux vendeurs affectés, difficile.
Bertin Djitrinou




