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CHRONIQUE DU JOUR : Présidentielle 2026, après la victoire, le défi de la compétition politique

L’élection présidentielle du 12 avril 2026 s’est tenue dans un climat apaisé. Le processus
électoral a été maîtrisé. La campagne s’est déroulée sans tensions majeures. Et, une
fois encore, le Bénin a respecté ses règles constitutionnelles.

Romuald Wadagni devient ainsi le cinquième président élu depuis le renouveau
démocratique. À bien des égards, notre pays confirme sa stabilité.

Mais au-delà de ce constat, une question essentielle se pose :

Que dit réellement cette élection de l’état du débat politique au Bénin ?

Car si le processus a été apaisé, la compétition, elle, a été limitée. Sur le terrain, de
nombreux observateurs ont relevé une forme d’anticipation du résultat par les
électeurs eux-mêmes, comme si l’issue du scrutin ne faisait que peu de doute.

Avec seulement deux candidats en lice, sans confrontation directe, et un résultat très
largement en faveur du vainqueur — 94,05 % des suffrages exprimés — cette élection
interroge sur l’intensité du jeu démocratique.

Dans ce contexte, plusieurs ralliements intervenus à la veille de la campagne ont
également contribué à réduire davantage l’intensité de la compétition.

Faut-il y voir l’expression d’un consensus, ou le signe d’un débat politique encore
insuffisamment structuré ?

C’est ici que se situe le véritable enjeu du nouveau mandat. Car aujourd’hui, le défi n’est
plus seulement d’organiser des élections régulières et pacifiques.
Le défi est de faire émerger une compétition politique utile.
Une compétition qui ne se limite pas à une opposition systématique. Une opposition
qui critique pour critiquer…sans proposer d’alternative.

Mais une compétition fondée sur des alternatives crédibles, des visions différentes, et
des propositions concrètes.

Car au fond, les défis sont connus. Développer les infrastructures. Améliorer l’accès
aux soins. Renforcer l’éducation. Créer des opportunités pour les jeunes.

Sur ces priorités, les grandes orientations sont largement partagées. La différence ne
se fait donc plus sur les objectifs… mais sur les méthodes.

Comment financer ? Comment prioriser ? Comment exécuter ? C’est là que doit se situer
le débat politique.

Mais une crainte persiste dans de nombreux systèmes politiques : celle de voir
l’opposition freiner l’action publique, bloquer les réformes, ou transformer le débat en
affrontement permanent.

Or, une démocratie efficace ne repose pas sur l’absence de contradiction. Elle repose
sur une contradiction organisée, structurée et utile. Une contradiction qui améliore les
décisions, au lieu de les bloquer.

Et cette exigence d’une opposition fondée sur des propositions s’inscrit d’ailleurs dans
l’esprit des récentes évolutions du cadre institutionnel, qui appellent à une critique
constructive de l’action publique.

Dès lors, une question se pose : Le nouveau président élu saura-t-il créer les conditions
d’une telle évolution ? Saura-t-il favoriser un espace politique où la compétition existe
sans compromettre la dynamique de développement ?

Car le véritable enjeu n’est peut-être pas de réduire l’opposition. Il est de la
transformer. Transformer la critique en proposition. Transformer l’affrontement en
débat. Transformer la rivalité en émulation.

Le Bénin a réussi à construire une démocratie stable. Le défi, désormais, est d’en faire
une démocratie pleinement compétitive.

Wilfrid Ahouassou
À jeudi prochain

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