La cité lacustre de Ganvié au cœur du programme de développement touristique et de la préservation mémorielle sous la gouvernance Talon. Le conseil des ministres de ce mercredi 4 mars a acté le classement du bien culturel dénommé « Cité lacustre de Ganvié » au patrimoine culturel national. Ainsi que l’a étayé le compte rendu de la session, ladite cité subit actuellement des transformations rapides en raison de la pression démographique, de l’évolution des modes de vie, des dynamiques économiques ainsi que des menaces environnementales, notamment la pollution du lac, la dégradation des écosystèmes et les effets du changement climatique.
Ce geste officiel reconnaît officiellement l’exceptionnelle valeur historique, architecturale et écologique de ce village sur pilotis, surnommé la « Venise de l’Afrique ».
Implantée sur le lac Nokoué, Ganvié fut fondée au XVIIe siècle par les Tofinu qui, fuyant l’esclavage du royaume du Dahomey, construisirent leurs habitations sur l’eau. Aujourd’hui, ses ruelles aquatiques, ses maisons en bois surélevées, ses marchés flottants et sa vie rythmée par les pirogues incarnent un mode d’adaptation unique à l’environnement lacustre.
Inscrite sur la liste indicative de l’UNESCO depuis 1996, la cité attire des visiteurs du monde entier, mais son avenir est menacé.
Face à ce constat alarmant, le gouvernement a choisi l’outil juridique le plus fort : le classement national. Ce statut impose des règles strictes : interdiction des dégradations, encadrement des nouvelles constructions, élaboration d’un plan de sauvegarde obligatoire et mobilisation de ressources pour la restauration. Les ministres de la Culture, de l’Environnement, du Tourisme et de l’Urbanisme sont chargés de coordonner la mise en œuvre, avec une implication accrue des communautés locales et des autorités traditionnelles.
Cette mesure s’inscrit dans la continuité du projet « Réinventer Ganvié », qui vise déjà à moderniser durablement la cité tout en préservant son identité. Le classement renforce cette dynamique en offrant un cadre légal protecteur et en ouvrant la voie à des financements internationaux.
Bertin Djitrinou




