Présidentielle de 2026 au Bénin : La Cour constitutionnelle confirme la victoire du duo Wadagni-Talata avec 94,27 %
Quelques jours après les résultats provisoires publiés par la Commission électorale nationale autonome (CENA), la Cour constitutionnelle du Bénin a proclamé, jeudi 16 avril 2026 à Cotonou, les résultats de l’élection présidentielle du 12 avril. Les données qui manent de la juridiction compétente en matière électorale, chargée de statuer sur la régularité du scrutin et d’en proclamer les résultats donne vainqueur le duo formé par Romuald Wadagni et Mariama Chabi Talata, crédité de 94,27 % des suffrages exprimés.
Selon les chiffres publiés par l’institution juridictionnelle, le duo porté par Paul Hounkpè et Rock Judicaël Hounwanou obtient 5,73 % des voix et le taux de participation est fixé à 63,55 %, sur l’ensemble du corps électoral. Ce taux de participation communiqué par la juridiction traduit un niveau de mobilisation supérieur à celui enregistré lors de précédentes consultations, selon les données officielles disponibles sur les scrutins antérieurs.
Cette décision rendue publique par la Cour constitutionnelle confirme également l’écart enregistré entre les deux binômes qui traduit une nette domination du vainqueur arrivé en tête dans la quasi-totalité des circonscriptions électorales.
Il est à noter que ces chiffres publiés par la Cour constitutionnelle s’inscrivent dans la continuité des résultats annoncés par la Commission électorale nationale autonome (CENA) le 13 avril 2026. L’institution dirigée par Sacca Lafia avait alors proclamé des tendances largement favorables au duo Wadagni–Talata, qui totalisait 4 252 347 voix, soit 94,05 % des suffrages valablement exprimés, contre 269 433 voix, représentant 5,95 %, pour le duo Hounkpè–Hounwanou. Ces résultats reposaient sur un taux de traitement de 90,55 % des données électorales, correspondant à 15 814 postes de vote validés sur 17 463.
La Commission avait également indiqué que 4 640 354 électeurs avaient pris part au vote sur un total de 7 897 287 inscrits, soit un taux de participation de 58,75 %. Le nombre de suffrages valablement exprimés s’élevait à 4 522 756, tandis que 117 598 bulletins avaient été déclarés nuls. L’écart observé entre les deux duos, déjà significatif lors de cette première proclamation, rendait improbable toute modification du classement final à l’issue du traitement complet des résultats.
Les résultats communiqués à ce stade restent provisoires, dans l’attente de la décision définitive. Conformément aux dispositions du Code électoral béninois, la Cour est la seule institution habilitée à proclamer les résultats officiels après examen des éventuels recours et vérification de la régularité des opérations de vote.
Bertin Djitrinou
Arrestation de Kèmi Séba avec son fils en Afrique du Sud : Les détails sur la raison de l’interpellation de l’activiste béninois
La police sud-africaine a confirmé l’interpellation du militant panafricaniste béninois Kèmi Séba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, survenue le mercredi 15 avril 2026 à Pretoria. Selon un communiqué officiel des forces de sécurité, trois personnes ont été interpellées au cours de l’opération qui a eu lieu dans un centre commercial de la capitale administrative, à savoir : Kèmi Séba, l’un de ses fils et un individu présenté comme un intermédiaire.
Les faits reprochés s’inscrivent dans le cadre strict de la législation nationale sur l’immigration et le contrôle des frontières. Les autorités policières évoquent des faits présumés de facilitation de passage illégal de frontière entre l’Afrique du Sud et le Zimbabwe, via le fleuve Limpopo. Les enquêteurs indiquent que le facilitateur aurait perçu une somme de 250 000 rands pour organiser cette traversée irrégulière.
Selon les éléments recueillis, le groupe projetait de poursuivre son déplacement après une étape au Zimbabwe, avec une destination finale hors du continent africain. Mal à eux, cette zone frontalière du Limpopo est régulièrement placée sous haute surveillance par les autorités sud-africaines en raison des flux migratoires non autorisés.
Les trois suspects ont été placés en garde à vue après leur interpellation, puis présentés à la justice. Dans l’attente, ils ont été maintenus en détention provisoire et leur comparution a été renvoyée au 20 avril 2026.
Dans une démarche s’inscrivant dans un contexte judiciaire plus large, la police sud-africaine a confirmé l’existence d’une procédure d’extradition en cours visant Kèmi Séba. Il faut rappeler qu’au Bénin, un mandat d’arrêt international avait déjà été émis à son encontre en décembre 2025 pour des faits qualifiés par la justice béninoise d’apologie de coup d’État.
Cependant, la justice sud-africaine devra statuer en priorité sur les infractions liées au franchissement illégal de frontière avant d’examiner toute demande d’extradition. Ce processus suppose une coopération judiciaire encadrée par les accords et conventions internationaux en vigueur.
En attendant une éventuelle réaction officielle du côté des avocats ou de l’entourage du militant, la prochaine audience prévue pour le 20 avril, devrait permettre de clarifier les suites de la procédure.
Bertin Djitrinou
CHRONIQUE DU JOUR : Présidentielle 2026, après la victoire, le défi de la compétition politique
L’élection présidentielle du 12 avril 2026 s’est tenue dans un climat apaisé. Le processus
électoral a été maîtrisé. La campagne s’est déroulée sans tensions majeures. Et, une
fois encore, le Bénin a respecté ses règles constitutionnelles.
Romuald Wadagni devient ainsi le cinquième président élu depuis le renouveau
démocratique. À bien des égards, notre pays confirme sa stabilité.
Mais au-delà de ce constat, une question essentielle se pose :
De cette élection présidentielle, que dire de l’état du débat politique au Bénin ?
Car si le processus a été apaisé, la compétition, elle, a été limitée. Sur le terrain, de
nombreux observateurs ont relevé une forme d’anticipation du résultat par les
électeurs eux-mêmes, comme si l’issue du scrutin ne faisait que peu de doute.
Avec seulement deux candidats en lice, sans confrontation directe, et un résultat très largement en faveur du vainqueur — 94,27 % des suffrages exprimés — cette élection
interroge sur l’intensité du jeu démocratique.
Dans ce contexte, plusieurs ralliements intervenus à la veille de la campagne ont
également contribué à réduire davantage l’intensité de la compétition.
Faut-il y voir l’expression d’un consensus, ou le signe d’un débat politique encore
insuffisamment structuré ?
C’est ici que se situe le véritable enjeu du nouveau mandat. Car aujourd’hui, le défi n’est
plus seulement d’organiser des élections régulières et pacifiques.
Le défi est de faire émerger une compétition politique utile.
Une compétition qui ne se limite pas à une opposition systématique. Une opposition
qui critique pour critiquer…sans proposer d’alternative.
Mais une compétition fondée sur des alternatives crédibles, des visions différentes, et
des propositions concrètes.
Car au fond, les défis sont connus. Développer les infrastructures. Améliorer l’accès
aux soins. Renforcer l’éducation. Créer des opportunités pour les jeunes.
Sur ces priorités, les grandes orientations sont largement partagées. La différence ne
se fait donc plus sur les objectifs… mais sur les méthodes.
Comment financer ? Comment prioriser ? Comment exécuter ? C’est là que doit se situer
le débat politique.
Mais une crainte persiste dans de nombreux systèmes politiques : celle de voir
l’opposition freiner l’action publique, bloquer les réformes, ou transformer le débat en
affrontement permanent.
Or, une démocratie efficace ne repose pas sur l’absence de contradiction. Elle repose
sur une contradiction organisée, structurée et utile. Une contradiction qui améliore les
décisions, au lieu de les bloquer.
Et cette exigence d’une opposition fondée sur des propositions s’inscrit d’ailleurs dans
l’esprit des récentes évolutions du cadre institutionnel, qui appellent à une critique
constructive de l’action publique.
Dès lors, une question se pose : Le nouveau président élu saura-t-il créer les conditions
d’une telle évolution ? Saura-t-il favoriser un espace politique où la compétition existe
sans compromettre la dynamique de développement ?
Car le véritable enjeu n’est peut-être pas de réduire l’opposition. Il est de la
transformer. Transformer la critique en proposition. Transformer l’affrontement en
débat. Transformer la rivalité en émulation.
Le Bénin a réussi à construire une démocratie stable. Le défi, désormais, est d’en faire
une démocratie pleinement compétitive.
Wilfrid Ahouassou
À jeudi prochain
Bénin/10ème législature : Le président Joseph DJOGBÉNOU investi aux commandes du pouvoir législatif
L’Assemblée nationale du Bénin ouvre sa première session ordinaire de l’année au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo. Cette reprise solennelle des activités parlementaires est marquée par l’investiture du président, élu à la tête de l’institution.
Plébiscité le 08 février dernier par l’entièreté des députés siégeant au parlement pour assurer la présidence de l’Assemblée Nationale 10ème législature, succédant ainsi à Louis VLAVONOU, l’universitaire Joseph Fifamin DJOGBÉNOU prend sa couronne de commandeur de l’ordre parlementaire ce mercredi 15 avril 2026.
Après son élection à la tête de la prestigieuse institution parlementaire, le président en exercice du parti Union Progressiste le Renouveau élu avec brio aux dernières élections législatives dans la 23ème circonscription électorale, prend officiellement les rennes du pouvoir parlementaire.
Cette cérémonie d’investiture se veut un grand rendez-vous national et international ponctué de la présence des personnalités institutionnelles, de hauts responsables de la République ainsi qu’un ballet impressionnant de parlementaires et président d’institutions parlementaires de la sous-région.
Cette investiture, au-delà du cérémoniale symbolise l’installation effective d’une nouvelle équipe dirigeante à la tête de l’Assemblée nationale, appelée à accompagner les grandes orientations de l’État pour les années à venir.
Le nouveau patron du palais des gouverneurs aura pendant son septénaire de présidence, la lourde responsabilité de préserver les acquis parlementaires, renforcer le pouvoir parlementaire conformément au cadre légal et institutionnel et aussi ennoblir et moderniser la fonction parlementaire en vue de faire de l’institution parlementaire un socle de développement durable au service de l’intérêt général, et qui répond aux aspirations des populations
Elu à la tête de l’institution avec un large consensus, l’ancien président de la Cour constitutionnelle prend ainsi pleinement les rênes du pouvoir législatif dans un contexte politique marqué par le renouvellement des institutions républicaines.
Alors que le pays amorce une nouvelle phase de son agenda politique national, l’ouverture des travaux parlementaires devrait également permettre de fixer les grandes priorités législatives de l’année, notamment l’examen de textes attendus sur les réformes institutionnelles, économiques et sociales.
Bertin Djitrinou

