Accueil A LA UNE CHRONIQUE DU JOUR: Voter, c’est choisir une direction pour sept ans

CHRONIQUE DU JOUR: Voter, c’est choisir une direction pour sept ans

Le peuple béninois s’apprête à vivre un moment important de son histoire démocratique. Ce
dimanche 12 avril, 7,8 millions d’électeurs sont appelés aux urnes. Mais cet acte, au regard des
enjeux, ne saurait être réduit à une simple formalité. Cette fois-ci, l’enjeu est encore plus
important.
Avec la révision constitutionnelle intervenue en novembre 2025, le prochain président
s’inscrira dans un cycle politique de sept ans. Le choix qui sera fait engagera donc durablement
l’avenir du pays.
Dans ce contexte, les électeurs ne seront pas seulement appelés à choisir un homme. Ils
devront choisir une orientation de société.
D’un côté, le duo Romuald Wadagni – Mariam Chabi Talata propose un programme intitulé «
Plus loin ensemble ». Ce projet s’inscrit dans la continuité du modèle actuel, avec une volonté
de le renforcer et de l’approfondir.
Il repose notamment sur une stratégie de développement structurée autour de six pôles
économiques régionaux, avec l’installation d’industries dans chaque zone afin de créer de
l’emploi local. Il prévoit également la poursuite des investissements dans les infrastructures et
la transformation de l’économie.
Sur le plan social, ce programme s’appuie sur des dispositifs déjà engagés, comme l’assurance
maladie ARCH, ainsi que sur des initiatives comme le Projet SWEDD, qui vise à maintenir les
jeunes filles à l’école et à favoriser leur autonomie.
En matière de santé, le projet annonce la poursuite du renforcement des infrastructures, la
modernisation du plateau technique et l’amélioration de l’accès aux soins pour les
populations.
Dans l’ensemble, cette vision repose sur une idée centrale: structurer l’économie, renforcer
progressivement les mécanismes sociaux et consolider les acquis pour inscrire le pays dans
une trajectoire de transformation durable.
En face, le duo Paul Hounkpè – Rock Houwanou porte un projet intitulé « Rebâtir ensemble la
fierté béninoise ». Ici, l’approche est différente.
Il ne s’agit pas de poursuivre le modèle actuel, mais de rompre avec un cycle jugé déséquilibré
et marqué par l’exclusion.
Le programme met en avant des mesures directement liées aux conditions de vie des
populations. Il prévoit notamment la baisse du coût de la vie, avec des engagements concrets
comme la réduction du prix de certains produits de consommation, dont l’aileron. Il propose
également l’intégration des aspirants au métier d’enseignant dans la fonction publique, la
prise en charge de pathologies lourdes comme la dialyse, ainsi que des réformes politiques
telles que la révision des lois électorales, le retour des exilés et la réouverture des médias
fermés.
À travers ces propositions, c’est une logique de rupture qui se dessine, avec une volonté de
répondre plus directement aux attentes sociales et de redéfinir le fonctionnement politique.
Au final, le choix proposé aux électeurs est clair. D’un côté, poursuivre une transformation
économique structurée dans la durée. De l’autre, engager une rupture pour répondre plus
rapidement aux réalités sociales et politiques.
Dans un tel contexte, l’importance du vote prend tout son sens. La loi n’impose aucun seuil
de participation pour valider le scrutin. Peu importe le nombre de votants, le candidat arrivé
en tête sera proclamé vainqueur. Mais une élection peut être juridiquement valide tout en
posant une question essentielle : celle de la légitimité.
Car la démocratie ne se résume pas à l’existence du vote. Elle repose sur la participation du
peuple.
Depuis plus de trois décennies, ce modèle est celui du Bénin. Et c’est le vote qui lui donne sa
force et sa réalité. S’abstenir, ce n’est donc pas un geste neutre. C’est laisser d’autres décider
à sa place des choix qui orienteront la société.
Voter, ce n’est pas seulement désigner un vainqueur. C’est trancher entre des priorités, entre
des méthodes, entre des visions du pays. Ne pas voter, ce n’est pas être neutre. C’est renoncer
à peser sur le modèle de société qui s’imposera pour les sept prochaines années.
Dans une démocratie, le vote reste l’un des actes les plus simples, mais aussi les plus
déterminants. Il engage chacun dans la construction de l’avenir collectif.
Le 12 avril, les électeurs ne choisiront pas seulement un président. Ils choisiront la direction que
prendra le Bénin pour les sept prochaines années.
Et c’est précisément pour cela que le vote est bien plus qu’une simple formalité.
Wilfrid Ahouassou
À jeudi prochain

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