Accueil A LA UNE Présidentielle 2026: Ce qu’on ne vous dit pas

Présidentielle 2026: Ce qu’on ne vous dit pas

À trois semaines de l’élection présidentielle du 12 avril, le climat politique s’anime
progressivement. La campagne s’installe, les prises de parole se multiplient, et deux
duos se positionnent pour cette échéance : Romuald Wadagni et Mariam Chabi Talata
pour la mouvance présidentielle, face à Paul Hounkpè et Rock Houwanou pour
l’opposition dite modérée.


Mais derrière cette dynamique, une question s’impose : quelle sera réellement la
mobilisation des électeurs ? Lorsqu’on observe l’évolution des scrutins au Bénin, une
tendance nette se dessine.
Pour les élections présidentielles, l’évolution est claire : en 2011, la participation
dépassait les 85 %. En 2016, elle tombe à 66,13 %. En 2021, elle descend encore à 50,63
%.


Au fil des années, l’intérêt pour le vote semble s’éroder, installant un doute sur la
capacité des élections à mobiliser aussi fortement qu’auparavant. Et ce mouvement ne
se limite pas à l’élection présidentielle.


Il s’inscrit dans une évolution plus large du comportement électoral. Pendant
longtemps, les élections législatives suscitaient elles aussi un fort engouement. En
2011, elles avaient mobilisé environ 76 % des électeurs. En 2015, ils étaient encore plus
de 65 % à se rendre aux urnes. Puis, en 2019, une rupture nette s’opère : la participation
chute à 27,12 %. Depuis, elle ne s’est jamais véritablement redressée. En 2023, elle
s’établit à 37,79 %, et en 2026 à 36,74 %.


D’un scrutin à l’autre, une même réalité s’installe : la mobilisation s’affaiblit et ne
retrouve plus ses niveaux d’autrefois.


Peu à peu, un décrochage s’installe, comme si une partie des citoyens ne se
reconnaissait plus dans le processus électoral. C’est dans ce contexte que s’inscrit la
présidentielle de 2026, dans un paysage politique profondément reconfiguré.


L’accès à la compétition est désormais plus encadré. Les candidatures indépendantes
ne sont plus autorisées et les duos doivent réunir les parrainages exigés par la loi. Cette
évolution vise à structurer le système partisan, mais elle limite également le nombre
d’acteurs en lice.


Dans le même temps, les formes de mobilisation évoluent. Les réseaux sociaux
occupent désormais une place centrale et les mouvements de soutien se multiplient,
parfois en marge des partis politiques traditionnels.


Mais au-delà des modes de mobilisation, c’est surtout le cadre politique lui-même qui
a profondément évolué.


La transformation la plus marquante reste celle introduite par la réforme
constitutionnelle de novembre 2025.


Le mandat présidentiel passe à sept ans. Une trêve politique est instaurée à compter
de la proclamation définitive des résultats, jusqu’à douze mois avant la prochaine
échéance électorale. Durant cette période, l’animation politique à finalité électorale
est prohibée, tandis que les partis d’opposition sont appelés à formuler des critiques
accompagnées de propositions.


Cette nouvelle organisation du jeu politique suscite des interrogations sur son
équilibre réel. Elle est présentée comme un facteur de stabilité, mais elle redéfinit
également les conditions du débat démocratique.


Dans ce contexte, la question de la mobilisation électorale prend une dimension
particulière. Elle ne concerne plus seulement la participation, mais aussi le lien entre
les citoyens et le système politique tel qu’il évolue aujourd’hui.


C’est sans doute là que se joue l’essentiel : non seulement dans le résultat du scrutin,
mais dans la capacité des citoyens à se reconnaître encore dans le processus
démocratique tel qu’il est aujourd’hui.


À jeudi prochain

Wilfrid Ahouassou

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