(De la certification jusqu’aux funérailles et au Conclave)
La mort du Pape marque le début d’un processus de tradition millénaire simplifié dans certains aspects par la volonté du Pape François, mais qui conserve des étapes fondamentales, de la constatation de la mort du pontife au Conclave qui élit son successeur en passant par l’enterrement.
Après douze ans de pontificat, François s’est éteint le lundi 21 avril 2025, laissant le siège de saint Pierre vacant. Pendant quelques jours, le Saint-Siège va ainsi modifier son activité et préparer le conclave qui doit élire le nouveau souverain pontife.
Le Pape François est décédé ce matin du lundi 21 avril 2025, à l’âge de 88 ans, à sa résidence de la Casa Santa Marta du Vatican.
Dès cet instant, tous les plus hauts responsables du ‘’gouvernement’’ de l’église, c’est-à-dire la Curie romaine, doivent se démettre de leurs fonctions.
Seuls certains personnages-clés de la période de «Sede vacante» («siège vacant»), chargés d’assurer le bon déroulement des affaires courantes du Saint-Siège, restent «en poste» jusqu’à la fin du conclave devant élire le nouveau souverain pontife.
C’est notamment le cas pour le camerlingue, le pénitencier majeur, le cardinal archiprêtre de la basilique Saint-Pierre, le coordinateur du Conseil pour l’économie, le substitut de la secrétairerie d’état, et le secrétaire pour les relations avec les états. C’est aussi le cas de tous les secrétaires de dicastère et des représentants pontificaux en mission.
Selon les règles en vigueur, c’est désormais le cardinal camerlingue qui s’occupera des affaires courantes, tandis qu’une constitution stipule notamment la durée des obsèques, neuf jours, et le délai pour organiser un conclave qui élira un nouveau souverain pontife dans un délai de 15 à 20 jours.
Le «camerlingue» fera donc office de pape «par intérim» chargé de gérer l’église jusqu’à l’élection du nouveau souverain pontife, avec des pouvoirs nettement réduits et surtout administratifs.
C’est le cardinal irlandais Kevin Farrell, préfet du dicastère (ministère) pour les laïcs, la famille et la vie, qui a été choisi pour ce poste en 2019.
Le mot «camerlingue» est dérivé du mot italien «camera», qui signifie chambre. Il est chargé de gérer le Vatican mais ne peut prendre aucune décision dont la validité excéderait la durée de la période de vacance du trône de Saint-Pierre ou empièterait sur les prérogatives exclusives du Pape, comme par exemple la nomination de cardinaux.
C’est le camerlingue qui est notamment chargé de constater et de notifier le décès du pape. Jusqu’à Pie XII, mort en 1958, il constatait le décès du chef de l’Eglise en le frappant sur le front avec un petit marteau en argent, pour s’assurer qu’il était bien mort.
La première étape de ce protocole est donc la certification de décès, une procédure dans laquelle le chef du cabinet pontifical, connu sous le nom de camerlingue, en l’occurrence Kevin Farrell, doit appeler le pape trois fois par son prénom, en l’occurrence Jorge Mario Bergoglio. S’il n’obtient pas de réponse, il annoncera officiellement sa mort avec l’expression « vere Papa mortuus est », ce qui signifie « le pape est vraiment mort ».
Dans le passé, il suffisait de prononcer cette phrase par le responsable, mais aujourd’hui, un médecin doit confirmer que le pape est décédé. De plus, selon le premier des changements qu’a introduit le pape François, cet acte de décès ne sera pas fait dans la chambre du défunt, mais dans sa chapelle privée.
Après cela, les viscères du pape sont retirés pour préserver son corps et le pontife est vêtu de la soutane blanche, de la muceta rouge et du pallium.
A son tour, il est déplacé vers le cercueil. A ce niveau des changements les plus pertinents, le pape François a demandé que son corps soit immédiatement déplacé dans un seul cercueil en bois, avec un intérieur en zinc. Alors qu’auparavant, les papes étaient enterrés dans trois cercueils : un en cyprès, un en plomb et un extérieur en chêne ou en orme.
Dans ce cercueil unique en bois et en zinc, le pape François sera transféré à la basilique Saint-Pierre du Vatican afin que les fidèles puissent rendre hommage au pape, tandis que des gardes d’honneur sont faites pour veiller sur le pape et que certaines autorités religieuses sont autorisées à visiter.
Dans le passé, le pape défunt était placé sur un catafalque pour la vénération des fidèles. Cependant, il s’agit d’un autre changement du pape François, puisqu’il a voulu que l’exposition se fasse dans le cercueil unique et définitif dès le début, évitant ainsi sa vénération par les fidèles dans un lit funéraire.
Ainsi, le camerlingue prend symboliquement possession des propriétés papales, le palais apostolique du Vatican, les Palais du Latran, siège du diocèse de Rome dont le pape est par tradition l’évêque, et de Castel Gandolfo, la résidence d’été des papes.
Il convoque les réunions de cardinaux, appelées «congrégations», et décide avec elles du jour et de l’heure de l’exposition de la dépouille du pape défunt, de la date de l’inhumation, qui doit intervenir entre le 4e et le 6e jour après la mort.
C’est également ainsi qu’est fixée la date du début du conclave, chargé d’élire le nouveau pape, qui doit débuter au plus tôt quinze jours et au plus tard vingt jours après le décès. Il faut rappeler que les funérailles du pape ont eu lieu le samedi 26 avril 2025.
Mais comment est choisi un nouveau pape ? Le nouveau pape est élu par le Collège des cardinaux. Ce sont tous des hommes nommés par le pape et généralement ordonnés évêques.
Il y a actuellement 252 cardinaux catholiques, mais seulement 135 peuvent voter, car les personnes de plus de 80 ans peuvent participer aux débats mais ne peuvent pas voter.
Traditionnellement, le conclave ne commence qu’après une période de deuil de 15 jours.
Cependant, en 2013, le prédécesseur de François, Benoît XVI, a modifié les règles pour permettre que la messe commence plus tôt si les cardinaux le souhaitaient.
Comment fonctionne le conclave ?
Pendant la période de vote, les cardinaux sont coupés du monde extérieur : ils n’ont pas de téléphone, ni d’accès à Internet ou aux journaux.
Ils dorment dans la Maison Sainte-Marthe, une maison d’hôtes de cinq étages au sein du complexe du Vatican.
L’élection se déroule dans le plus grand secret à l’intérieur de la chapelle Sixtine, célébrèrent peinte par Michel-Ange.
Chaque cardinal vote pour le candidat qu’il souhaite voir devenir pape. Il peut voter pour lui-même s’il le souhaite.
Un nouveau pape est élu lorsqu’un candidat obtient 90 voix, ce qui peut prendre plusieurs tours.
Au cours des siècles précédents, les conclaves duraient des semaines, voire des mois. Certains cardinaux sont même décédés au cours du processus.
Pour le monde extérieur, la seule information sur la façon dont se déroule le conclave est la fumée qui s’échappe de la cheminée de la chapelle lorsque les bulletins de vote sont brûlés après chaque tour de scrutin.
La fumée noire signale un échec. La fumée blanche signifie qu’un nouveau pape a été élu.
Ainsi, le nouveau pape apparaît normalement sur le balcon surplombant la place Saint-Pierre dans l’heure qui suit son élection.
Le cardinal principal confirme la décision avec les mots « Habemus Papam », qui signifie en latin « nous avons un pape » et présente le nouveau pontife par le nom papal qu’il a choisi, qui n’est peut-être pas son prénom d’origine.
Par exemple, le pape François est né Jorge Mario Bergoglio, mais a choisi son nom papal pour honorer saint François d’Assise.
En théorie, tout homme catholique romain ayant été baptisé peut-être considéré. Cependant, dans la pratique, les cardinaux préfèrent toutefois choisir l’un des leurs.
En 2013, François est devenu le premier pontife originaire d’Amérique du Sud, une région qui représente environ 28 % des catholiques du monde et de l’hémisphère sud.
Les précédents historiques suggèrent que les cardinaux sont bien plus susceptibles de choisir un Européen, et surtout un Italien. Sur les 266 papes élus à ce jour, 217 sont italiens.
Plusieurs analystes du Vatican ont suggéré que le successeur de François pourrait venir de l’extérieur de l’Europe, notamment parce que le défunt pape a nommé plus de 140 cardinaux venus de l’extérieur du continent.
Le pape est le chef de l’Église catholique et constitue une source importante d’autorité pour les quelque 1,4 milliard de catholiques romains du monde.
Ils croient que le pape représente une lignée directe avec Jésus-Christ. Il est considéré comme le successeur vivant de saint Pierre, qui fut le chef des premiers disciples du Christ, les Apôtres.
Environ la moitié des chrétiens du monde sont catholiques romains. D’autres confessions, notamment les protestants et les chrétiens orthodoxes, ne reconnaissent pas l’autorité du pape.
Le pape réside au Vatican, le plus petit État indépendant du monde, entouré de la capitale italienne, Rome.
Le pape ne reçoit pas de salaire, mais tous ses frais de voyage et de séjour sont pris en charge par le Vatican.
Bertin Djitrinou