Accueil Blog Page 79

47 ans après le massacre des enfants de Soweto : Le monde s’en souvient encore

Célébrée chaque année en souvenir du 16 juin 1976 à Soweto, la journée de tragédie durant laquelle des centaines d’enfants ont été tués et d’autres blessés par le régime de l’apartheid en place à l’époque en Afrique du Sud, est devenue une tradition.

En effet, des milliers d’étudiants sud-africains ont manifesté ce jour-là pour exiger une éducation de qualité.

C’est donc en hommage à ces enfants que le 16 juin 1991 l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) a initié la Journée Mondiale de l’Enfant Africain (JAE) dont l’objectif est de promouvoir les droits de l’enfant africain afin de lui garantir une meilleure éducation.

Selon la convention de 1989 relative aux droits de l’enfant, il est clairement établi qu’un enfant est tout être humain âgé de moins de 18 ans.
Cependant, beaucoup d’enfants sont brimés dans leurs droits et sont victimes de violences psychologiques et physiques. Le respect des droits des enfants a régressé dans le monde, selon un rapport de l’ONG ‘’Vision du Mondes’’. Ainsi, au Bénin comme dans d’autres pays du monde, des actions sont encore nécessaires pour améliorer le sort de nombreux de jeunes enfants, mendiants, marchants ou apprentis artisans avant l’âge.

La journée de l’enfant africain est donc une occasion pour sensibiliser l’opinion publique et surtout rappeler aux autorités la nécessité de renforcer la réglementation pour lutter contre ces pratiques en assurant à tous les enfants le droit à une bonne éducation.

Il convient de noter que le thème choisi cette année par le Comité Africain d’Experts sur les Droits et le Bien-être de l’Enfant (CAEDEB) pour la célébration est : « Le droit de l’enfant dans un environnement numérique ». Le numérique à n’en point douter offre beaucoup d’opportunités de nos jours et constitue un excellent moyen pour l’apprentissage des enfants.

Il urge donc de faire de l’éducation numérique une réalité en vue d’assurer et de promouvoir la protection des enfants en ligne.

Bertin Djitrinou

Croisade contre le travail des enfants

Des millions d’enfants sont privés de leur enfance dans le monde parce qu’ils sont contraints d’exercer un travail mettant en péril leur santé, leur sécurité et leur éducation. Pourquoi arracher l’enfance à l’enfant ?

Selon les dernières estimations de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) rendues publiques l’ors d’une allocution d’ouverture de son Directeur Général Gilbert F. Houngbo, à la 111e Conférence internationale du Travail le 5 juin 2023, 160 millions d’enfants, soit près d’un sur dix dans le monde, sont soumis au travail des enfants. « Le pire, c’est que la moitié d’entre eux, 80 millions, le sont dans les formes les plus dangereuses du travail des enfants. Il s’agit d’un travail qui menace réellement leur santé physique et mentale », a affirmé dans un communiqué, Gilbert F. Houngbo, Directeur Général de l’OIT, appelant la communauté internationale à soutenir une plus grande justice sociale et à intensifier la lutte contre le travail des enfants. « Pour la première fois en 20 ans, le travail des enfants est en augmentation », a-t-il déclaré.

Un rapport de l’OIT publié en 2022 notait déjà une hausse significative du nombre d’enfants âgés de 5 à 11 ans astreints au travail des enfants. Ceux-ci représentaient dès lors un peu plus de la moitié du chiffre mondial total.

Le nombre d’enfants âgés de 5 à 17 ans qui effectuent des travaux dangereux, définis comme un travail susceptible de nuire à leur santé, leur sécurité ou leur développement moral, a augmenté de plus de 6 millions depuis 2016 pour atteindre près de 80 millions.

En Afrique subsaharienne, la croissance démographique, les crises récurrentes, l’extrême pauvreté et des mesures de protection sociale inadaptées ont abouti à ce que plus de 16 millions d’enfants supplémentaires soient astreints au travail des enfants au cours des quatre dernières années.

Bien que les statistiques soient alarmants, on a l’impression de tendre au fil des ans vers la normalisation du phénomène. Les nouvelles estimations sont un signal d’alarme et les autorités étatiques ne peuvent pas rester sans rien faire quand une nouvelle génération d’enfants est mise en péril.

Chaque année, la journée mondiale du travail des enfants a lieu le 12 juin. Mais quel a été jusque-là l’impact réel et significatif de cette journée qui a pour but de promouvoir des actions de prévention et de sensibiliser l’opinion publique sur la réglementation en vigueur pour lutter contre le travail des enfants et mieux protéger les victimes ? Et que comprendre en terme claire par le travail des enfants ?

Selon l’OIT, le travail des enfants regroupe l’ensemble des activités qui privent les enfants de leur enfance, de leur potentiel et de leur dignité, et nuisent à leur scolarité, santé, développement physique et mental.

D’après les réglementations européennes, l’âge minimal d’admission au travail ne peut être inférieur à l’âge auquel cesse la période de scolarité obligatoire. L’UNICEF et l’OIT estiment que le secteur agricole représente un peu plus de 70% du travail des enfants.

L’ensemble des 187 pays membres de l’OIT ont ratifié la convention 182 contre les pires formes du travail des enfants (l’une des huit conventions fondamentales de l’OIT), qui interdit l’utilisation des enfants dans les conflits armés, la prostitution, la pornographie et les activités illicites telles que le trafic de drogue et les travaux dangereux.

Ainsi, il faut noter que le travail des enfants ne comporte pas uniquement des risques physiques, mais également cognitifs, sociaux et moraux.

Bertin Djitrinou

Afrique : « (…) trois jeunes sur cinq âgés de 15 à 24 ans ne sont pas connectés, contre seulement un sur 25 en Europe », selon le dernier rapport de l’UNICEF

Dans son rapport sur la situation des enfants dans le monde, l’UNICEF a mis un accent sur les données concernant les laissés-pour-compte du numérique et les répercussions liées au fait de ne pas être connecté dans un monde numérique. Les premiers chiffres sont édifiants : en Afrique, trois jeunes sur cinq âgés de 15 à 24 ans ne sont pas connectés, contre seulement un sur 25 en Europe.

Dans les pays développés, 81 % de la population utilise internet, ce qui représente plus du double du pourcentage observé dans les pays en développement (40 %). Ce chiffre est lui-même deux fois plus élevé que dans les pays les moins avancés (15 %). Cependant, la fracture numérique ne se limite pas seulement à la division entre les personnes connectées et celles qui ne le sont pas. Elle engendre également des conséquences plus profondes, tant dans la manière dont les individus, y compris les enfants, utilisent les technologies de l’information et de la communication (TIC), que dans la qualité de leur expérience en ligne.

Selon les données issues des pays les plus riches, l’expérience dans le domaine des technologies de l’information et de la communication (TIC) a un impact significatif sur la participation au marché du travail et les salaires, notamment en Australie et aux États-Unis. Prenons l’exemple de la technologie mobile, qui est devenue une partie intégrante de tous les aspects de la vie à un rythme sans précédent. Comme le souligne la Banque mondiale dans son Rapport sur le développement dans le monde 2016 intitulé « Les dividendes du numérique », « dans les pays en développement, il y a plus de ménages possédant un téléphone mobile que ceux ayant accès à l’électricité ou à de l’eau potable, et près de 70 % des personnes appartenant au quintile le plus pauvre de la population possèdent un téléphone portable ».

Il reste encore beaucoup à faire en termes de connectivité mobile pour réduire la fracture numérique. Cependant, étant donné l’essor des smartphones dans de nombreux pays, y compris dans les économies émergentes, il est facile d’imaginer le rôle central que l’accès jouera ou joue déjà.

La connectivité numérique n’est pas seulement une exigence incontournable de notre époque, elle offre également la possibilité de rompre les cycles d’inégalité intergénérationnelle dont les enfants les plus défavorisés pourraient autrement ne pas parvenir à se libérer.

Christelle Togonou

Compte-rendu du Conseil des Ministres de ce mercredi 14 juin 2023

Réunis en Conseil des Ministres ce mercredi 14 juin 2023, les membres du gouvernement ont pris plusieurs décisions dont voici les grandes lignes :

Au titre des mesures normatives, le conseil a décidé :
• De la création et de l’approbation des statuts de l’Agence de collecte des paiements et de recouvrement
• De la transmission à l’Assemblée Nationale du projet de loi portant modification de la loi n°2016-24 portant cadre juridique du partenariat public-privé en République du Bénin
• De la création et l’approbation des statuts de l’Agence nationale de la maintenance hospitalière

Au titre des communications, les membres du gouvernement ont retenus :
• Des mesures de soutien de l’état aux prix de cession des intrants et l’homologation du prix d’achat de coton graine aux producteurs au titre de la campagne cotonnière 2023-2024
• La mise en œuvre de la phase pilote du projet de lanternes solaires à titre expérimental dans les écoles primaires publiques au Bénin
• L’agrément de cinq sociétés au code des investissements.
Il s’agit de la SOCIETE FINANCIERE DU GOLFE SARL, admise au régime B, pour son projet de construction et d’exploitation d’un hôtel à Sogbo-Aliho, dans la commune d’Abomey ; d’ECOCYCLE SAS, bénéficiaire du régime A, pour son projet de fabrication d’emballages pour œufs de table dans la zone industrielle de Sèmè-Podji ; d’ORANA SA, admise au régime B pour son projet d’installation d’une usine de production de concentré d’oranges et d’ananas à Za-Kpota, commune de Za-Kpota. Egalement nous avons le SOCIETE DES CIMENTS DU BENIN SA, inscrite au régime C pour la construction et l’exploitation d’une nouvelle usine de fabrication de ciment par broyage de clinker dans la zone industrielle de Sèmè-Podji ; et enfin PREMIUM RICE MILL INDUSTRIES SARL, bénéficiaire du régime B pour l’installation de deux rizeries dont l’une dans la commune de Glazoué et l’autre dans celle de Malanville.

Précisons que des nominations ont été prononcées au Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité Publique et au Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche.

Christelle Togonou

Haute Cour de Justice : Les députés désignés pour y siéger sont connus

Les cinq représentants de l’Assemblée nationale à la Haute Cour de Justice ont été officiellement dévoilés le mardi 13 juin 2023. Parmi ces cinq représentants, trois d’entre eux appartiennent au groupe parlementaire Union Progressiste le Renouveau.

Il s’agit des députés Behanzin Édouard, Orou Sé Guéné Yacoubou et Mehou Afiavi Solange. Les deux autres représentants, Eustache Akpovi et Benoît Dègla, sont membres du Bloc Républicain. Les députés ont sélectionné ces représentants en se basant sur la clé de répartition proposée par la Commission des lois.

Selon cette clé de répartition, l’Assemblée est constituée de trois entités distinctes : une majorité composée de l’Union Progressiste le Renouveau, du Bloc Républicain et du parti Les Démocrates.

Cependant, il est à noter que, le groupe parlementaire Les Démocrates n’a pas été satisfait de cette répartition, n’ayant obtenu aucun député pour siéger à la Haute Cour de Justice.

Christelle Togonou

Assemblée Nationale : Voici les députés désignés comme représentants dans les 03 parlements régionaux

Ce mardi 13 juin 2023, l’Assemblée nationale a dévoilé les noms des députés qui ont été désignés pour représenter le parlement béninois au sein de trois parlements régionaux. Au total 69 députés ont voté en faveur de leurs collègues sélectionnés, tandis que 28 ont exprimé leur opposition. Aucun député ne s’est abstenu.

À la suite de ces choix, les représentants du Bénin au parlement de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) seront Ahoumenou Cécile, Adomahou Jérémie, Issa Salifou et Bako Arifari Nassirou. Quant au parlement panafricain, ce sont Agbodjetin Justin, Aikole Rogatienne, Fagnon Nicaise et Dagniho Rosine qui représenteront l’Assemblée nationale.

En ce qui concerne le Comité Interparlementaire de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (CIP-UEMOA), Allossohoun Richard, Fatouma Tony Gniré Guimba, Yempabou Jacques et Sokpoekpe Nathanael ont été choisis comme députés pour représenter le pays.

Christelle Togonou

Justice : État de la répression de la lutte contre la corruption à la CRIET

La CRIET a été créé en juillet 2018 pour renforcer l’arsenal juridique de lutte contre les crimes économiques et la corruption au Bénin.

Mais quel est l’état de la répression de la lutte contre la corruption ? Comment arrive-t-elle à jouer son rôle en toute impartialité dans la lutte contre ce phénomène criminel ?

A en croire son président Edouard Cyriaque DOSSA dans sa communication sur « l’état de la répression de la lutte contre la corruption au Bénin ; cas de la CRIET », « la corruption, ce phénomène criminel n’est pas facile à réprimer ». Cette infraction selon le président de la CRIET, « défie le législateur dans la pratique, érode le poursuivant et déséquilibre les règles classiques d’enquête avec une poussée d’incertitude pour le juge de jugement dans l’atteinte de l’efficacité escomptée par les criminologues ».

Exposant deux visages de la corruption, le magistrat Edouard Cyriaque DOSSA qualifie de visage de la générosité lorsque la corruption est passive et celui d’une exigence de l’autre lorsqu’elle est active. « Dans ces cas, nous en conviendrons que la corruption avilie l’agent qui reçoit la contrepartie avant, pendant et après le service rendu et engendre une kyrielle de conséquences pour l’administration, objet de théâtre d’opérations » a-t-il fait remarquer en précisant surtout que « la corruption admet une incrimination pénale certaine ensuite une poursuite discutée et discutable ».

Pour la Cour Spéciale de Répression, cette lutte est considérée comme une infraction sous-jacente du ‘’blanchiment de capitaux’’, parce qu’ils veulent avoir un peu plus de résultats.
Soulignant la complexité dans le jugement d’un dossier de corruption, le président de la CRIET fait observer que « les dossiers de corruption sont des dossiers minces parce qu’il n’y a pas des éléments de preuves ». Et pourquoi ? « Parce que lorsqu’on veut corrompre un agent public, on ne dresse pas un procès-verbal de corruption. C’est souvent discret. Et lors des interrogations, aucune des parties ne passe aux aveux pour la plupart » a-t-il précisé.

Alors, comment la cour parvient-elle à trouver une solution dans de situations pareilles ? A cette question, « la CRIET a toujours la solution », rassure son président. Selon ses explications, le parquet spécial aide le juge du jugement en requalifiant les faits de ‘’corruption ‘’ en ‘’enrichissement illicite’’. Cela permet de renverser la charge du prévenu. « D’accord vous n’avez pas été corrompu. Alors, justifiez-nous comment vous avez eu toute votre richesse. A cette interrogation, c’est la débandade. On les clous » a révélé le magistrat. A titre illustratif, il fait comprendre que si un fonctionnaire après 29 ans de service est auteur d’actes de corruption, le parquet peut requalifier en enrichissement illicite et tous les biens du prévenu seront confisqués au profit de l’état.

Déplorant le fait que « c’est seulement dans la constitution que tous les citoyens sont égaux » et que la répression ne soit pas égale, le président Edouard Cyriaque DOSSA dénonce une procédure complexe pour aboutir au jugement d’autorités étatiques.

Même si la lutte contre la corruption est une priorité du gouvernement du Président Patrice TALON, ne vaudrait-il pas mieux prévenir la corruption que de chercher à réprimer les auteurs et ses complices ?

Bertin Djitrinou

BEPC 2023 : 121.827 candidats inscrits contre 119.746 en 2022

Au Bénin, 121, 827candidats affrontent depuis ce lundi 12 juin 2023 le Brevet d’Études du Premier Cycle (BEPC) session de juin 2023 dans 213 centres de compositions sur l’étendue du territoire national.

A ce rendez-vous annuel scolaire, il faut noter une participation de 59. 327 filles, soit un pourcentage de 48, 70% et 62.500 garçons, soit un pourcentage de 51, 30%, contre un total de 119. 746 candidats l’année dernière, d’où une hausse de 2. 081 candidats, qui traduit un taux de progression de 1,74 %.

Pour le Ministre des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle, KOUARO Yves Chabi, cette statistique mérite non seulement d’être rappelée et d’être lue comme l’indice de la noble reconquête d’un effectif indispensable pour conduire le sous-secteur de l’enseignement secondaire du Bénin vers des horizons rassurants de stabilité et de performances nouvelles. « Je me réjouis particulièrement que dans notre pays, l’effectif des filles en classe de troisième avoisine d’aussi près celui des garçons. Le gouvernement s’en félicite et, par ma voix, salue les actions menées par tous les acteurs à divers niveaux pour garantir le maintien en scolarité de nos jeunes filles. De même, je voudrais, au nom du Gouvernement, rassurer la nation toute entière que toutes les dispositions nécessaires sont prises pour que les compositions se déroulent dans les meilleures conditions », a-t-il confié.

Le Ministre des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle, dans son adresse, a exhorté les parents d’élèves à davantage de soin et d’attention à l’endroit de leurs enfants candidats afin de les prémunir de la peur, du stress et des maladies, surtout par ces temps de forte pluie.

Aux chefs de centres, surveillants de salles, superviseurs et autres agents impliqués dans l’organisation de cet examen, il en appelle à leur conscience professionnelle afin qu’il n’y ait aucun désagrément pouvant entacher la crédibilité de l’examen. Il souhaite bon courage et bonne chance à tous les candidats.

A noter que les candidats à l’examen du Bepc composent du lundi 12 juin au mercredi 14 juin 2023.

Bertin Djitrinou

Assemblée nationale : Les députés en plénière mardi prochain autour de trois points

Les députés se retrouvent au Parlement le mardi 13 juin 2023. L’information a été rendue publique par le secrétaire général administratif adjoint, Clément Ebo, par communiqué N°2392-23 An/Sga du 8 juin 2023.

Au cours de la séance plénière, les élus parlementaires vont se pencher sur trois points. Il s’agit de l’examen du rapport relatif au Débat d’orientation budgétaire (Dob) 2024-2026, de la désignation des représentants de l’Assemblée nationale au sein des Parlements régionaux (Parlement panafricain, Parlement de la Cedeao et Cip-Uemoa) et de la désignation des représentants de l’Assemblée nationale au sein de Haute cour de justice (Hcj), de l’Autorité de protection des données à caractère personnel (Apdp) et de la Commission béninoise des droits de l’homme (Cbdh).

JEG

Recule des langues nationales en Afrique : Les principaux facteurs et conséquences de l’Assimilation Linguistique’’

Grâce à la question sur la principale langue parlée par chacun des individus au sein de leur ménage, posée dans son dernier recensement de la population de 2013, le Bénin rejoint plusieurs autres pays, comme le Sénégal, le Rwanda, les Comores, les Seychelles, le Niger, la Mauritanie, l’île Maurice, le Maroc, le Gabon pour ne citer que ceux-là, avec la possible d’examiner la configuration des groupes sociolinguistiques et des langues parlées, mais surtout, d’étudier ou de comprendre leurs interactions dans un contexte de diversité ethnique.
À partir des données extraites de ce recensement, il établit que l’assimilation linguistique n’épargne aucune des langues nationales du Bénin et qu’elle est plus fréquente au fur et à mesure que l’on s’éloigne des aires d’implantation ou de concentration de chacun des groupes ethniques, particulièrement dans les agglomérations urbaines et parmi les personnes n’appartenant pas au même groupe ethnique que le chef de ménage.
La modernisation de l’environnement socio familial des ménages ainsi que leur tendance systématique à scolariser leurs enfants constituent des évolutions récentes du système des perceptions, des croyances et des attitudes des individus et des ménages, particulièrement en milieu urbain. Dans un tel contexte, de plus en plus de ménages, en particulier les mères, choisissent de transmettre directement le français comme langue maternelle. Ce phénomène qui, probablement, se développe et qui pourrait se généraliser, notamment avec la diversité des formes de mariage et de mode résidentiel des conjoints, suscite une interrogation, celle sur le rôle joué par le phénomène des employés domestiques ou des enfants confiés, ainsi que le développement de l’hétérogamie ethnique.
Selon les données du Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH), les langues nationales fon, groupe ethnique majoritaire, soit 39 % de la population nationale, sont parlées dans tous les départements du pays. Il en est de même du groupe ethnique Yoruba, dont les langues nationales, tout comme le français, sont parlées dans tous les départements du pays au sein du ménage. Du fait que tous ces groupes ethniques sont par ailleurs localisés dans d’autres pays de la sous-région ouest-africaine, toutes ces langues nationales sont transfrontalières : elles sont parlées dans les localités du Nigeria, du Togo, du Ghana, du Burkina Faso, du Mali ainsi qu’au Niger et même certaines, telle que le Songhaï, se retrouvent au Sénégal.
On ne peut donc nier l’intérêt et l’impact du français en matière d’assimilation linguistique au Bénin. Dans les faits, c’est la langue de travail du pays ; il est systématiquement d’usage exclusif dans l’administration et dans les espaces publics. Qui plus est, la langue qui bénéficie d’une expansion permanente et progressive, de génération en génération, notamment, par le truchement de son usage largement prépondérant dans l’enseignement scolaire, de plus en plus universel et précoce dans le pays, d’où la pertinence du français dans toute analyse démolinguistique nationale.
Selon les statistiques, 0,5 % des Béninois parlent principalement le français dans leur ménage, en lieu et place de leur langue ethnique ou d’une autre langue nationale. Ce taux, non négligeable statistiquement, est une évidence de la prévalence du français dans des milieux familiaux béninois.
Selon l’analyse des assimilations linguistiques des individus, l’expression en français concerne toutes les ethnies du pays, plus remarquablement les Gua/Otamari et les Yoa/Lokpa des départements de l’Atacora et de la Donga (Nord-Ouest/Bénin), groupes ethniques généralement moins scolarisés et linguistiquement fermés.

Bertin Djitrinou

CANAUX DIGITAUX

0FansJ'aime
0SuiveursSuivre
0SuiveursSuivre
0AbonnésS'abonner

Articles recents