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Désignation du nouveau maire de Djidja: Le préfet KOUTON convoque à nouveau le conseil communal pour le 03 Avril

La succession de Denis GLEGBETO élu député à la 9ème Législature, pose véritablement de problème pour le Bloc Républicain dans la commune de Djidja. Après le rendez-vous manqué en début de semaine, le préfet du zou Firmin KOUTON vient de convoquer encore les membres du conseil communal. En effet, par un message radio en date du 31 mars 2023, il a demandé au maire intérimaire, Félicien Gangan, de convoquer à nouveau les élus communaux pour la désignation et l’installation du nouvel édile de la Commune.

La situation est critique, puisque le préfet n’a pu procéder à l’installation du nouveau maire pour faute de quorum. Pour mémoire, seulement 4 conseillers ont répondu à la convocation du maire intérimaire sur les 25 dont compte le Conseil communal. « Suite à report session extraordinaire Conseil communal devant se tenir le mardi 28/03/2023 passé pour défaut quorum HVDVB faire convoquer à nouveau dit Conseil pour lundi 03/04/2023 à 10h précises », a instruit l’autorité préfectorale dans son message.

Au premier point de l’ordre du jour de la session, il est inscrit la communication au Conseil communal du nom et prénoms du conseiller désigné pour être maire de la Commune de Djidja en remplacement du sieur Denis GLEGBETO qui a démissionné dudit poste. Il faut rappeler que c’est le Bloc républicain qui est le parti politique majoritaire au sein du Conseil communal de Djidja avec 15 conseillers. En cette qualité, les responsables du parti ont proposé au préfet du Zou, le nom du nouveau maire pour installation. Mais la proposition ne fait pas l’unanimité au sein de tous les conseillers du parti. On attend donc de voir la suite le lundi prochain.

✍🏿✍🏿✍🏿Jandel G

Recul des langues nationales en Afrique : Les principaux facteurs et conséquences de l’assimilation linguistique

Grâce à la question sur la principale langue parlée par chacun des individus au sein de leur ménage, posée dans son dernier Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) de 2013, le Bénin rejoint plusieurs autres pays, comme le Sénégal, le Rwanda, les Comores, les Seychelles, le Niger, la Mauritanie, le Gabon avec la possibilité d’étudier ou de comprendre leurs interactions.

À partir des données extraites de ce recensement, bien que le français soit la langue officielle, il établit que les langues nationales sont concentrées dans leur zones géographiques respectives. La modernisation de l’environnement des ménages particulièrement en milieu urbain, ainsi que leur tendance systématique à scolariser leurs enfants, constituent des facteurs qui favorisent l’assimilation linguistique (parler une langue étrangère au détriment de sa langue maternelle).
Dans un tel contexte, de plus en plus de ménages, en particulier les mères, choisissent de transmettre directement le français comme langue maternelle.
Ce phénomène qui, probablement, se développe et qui pourrait se généraliser, notamment avec la diversité des formes de mariage et de mode résidentiel des conjoints, suscite une interrogation, celle sur le rôle joué par le phénomène des employés domestiques ou des enfants confiés, ainsi que le développement de l’hétérogamie ethnique.
Selon les données du RGPH 2013, le fon (39 % des béninois le parle), est parlé dans tous les départements du pays. Il en est de même pour le français, qui est parlé dans tous les départements du pays.
On ne peut donc nier l’intérêt et l’impact du français en matière d’assimilation linguistique au Bénin. Dans les faits, c’est la langue de travail du pays ; il est systématiquement d’usage exclusif dans l’administration et dans les espaces publics. Qui plus est, la langue qui bénéficie d’une expansion permanente et progressive, de génération en génération, notamment, par le truchement de son usage largement prépondérant dans l’enseignement scolaire.
Selon les statistiques officielles, 35% des béninois parlent le français, en lieu et place de leur langue ethnique ou d’une autre langue nationale. Ce taux est une évidence de la prévalence du français dans les familles au Bénin.

Bertin Djitrinou

12 mois après la réforme structurelle dans les communes : Quel bilan pour les secrétaires exécutifs?

✓ Nécessité de revoir la collaboration avec les maires dans certaines communes

Depuis Avril 2016, le train de la rupture a pris un nouveau départ pour une destination bien connue. Le Bénin a pris l’envol d’une nouvelle histoire de son développement avec à la clé une kyrielle de réforme dans presque tous les secteurs d’activités. Et comme annoncé au début de son second mandat, le président Patrice TALON a emballé les collectivités locales dans une lourde réforme structurelle.

31 mars 2023, cela fait exactement un an que les secrétaires exécutifs (SE) des 77 Communes mairies ont été tirés au sort à la tête des communes. Le 14 avril 2022, ils ont signé leur contrat de travail qui fait d’eux, des agents des Communes. Environ un an après, tous les SE sont toujours en place excepté quelques-uns qui ont démissionné pour diverses raisons et remplacés conformément aux dispositions de loi 2021-14 du 20 décembre 2021 portant Code de l’administration territoriale.

Aujourd’hui on s’interroge sur le bilan des SE dans les communes et surtout on se pose des questions sur la nature de la collaboration avec les maires. Ces derniers entretiennent d’excellentes relations avec les maires pour relever les défis de développement, même si par endroit il faut améliorer cette collaboration. Grâce à la synergie d’actions notées de part et d’autre, les ressources sont mobilisées même mieux qu’avant la réforme dans certaines communes. Mais au delà de tout ce qui est bon et perfectible, il faut qu’on améliore surtout la relation entre les SE, les maires et les agents des communes. Dans certaines communes, les maires n’ont plus aucune autorité. Les SE sont devenus tout puissant, drainant ainsi derrière eux tous les agents et cadres sans parlé des conseillers communaux. Toutes fois, il faut reconnaître que l’administration communale n’est plus politisé comme avant et cela est à l’actif de cette réforme.

✍🏿✍🏿✍🏿Jandel G

Surpopulation carcérale au Bénin : Tableau comparatif et récapitulatif des données carcérales

Les conditions de détention dans les prisons et les centres de détentions au Bénin se révèlent délétères à cause d’une surpopulation, de conditions d’hygiène insalubres et de l’absence de soins médicaux ou de nourriture adéquats. L’ONG Changement Social Bénin a rapporté que des prisonniers étaient sujets à de mauvais traitement et confinés dans des cellules surpeuplées.

D’après le barreau du Bénin, dans son rapport sur les droits de la personne produit en 2021, les conditions de détention dans les trois maisons d’arrêt et les huit prisons du pays étaient inhumaines à cause de la surpopulation, de la malnutrition et de mauvaises conditions sanitaires.

En 2021, les 11 établissements comptaient environ 9 000 détenus, pour une capacité d’accueil de 5 620 personnes. Les condamnés, les personnes en détention provisoire et les mineurs étaient souvent détenus ensemble. Selon le même rapport de l’Ordre des Avocats du Bénin, certains prisonniers seraient morts par manque de soins médicaux, par négligence et en raison d’une mauvaise aération dans des cellules exiguës et surpeuplées. Les détenus porteurs de handicaps mentaux ne recevaient pas l’aide nécessaire à leur handicap.

Mais quelle était la situation globale au cours des années antérieures ?

En novembre 2007, une neuvième prison a vu le jour au Bénin. Il s’agit de la prison civile de Missérété. Elle a été construite en vue d’accueillir les génocidaires du Rwanda. Cette prison désormais, non seulement, les condamnés du génocide rwandais, mais également, d’autres condamnés antérieurement logés dans les prisons de Cotonou, Porto-Novo et Abomey, notamment la plupart des condamnés à mort.

Tenant compte d’un tableau comparatif et récapitulatif, les données carcérales au Bénin en 2008 donnait un total de 6083 détenus pour les 10 prison du pays dont 5711 hommes, 210 femmes,127 mineurs et 35 décès. La prison civile de Cotonou venait en tête avec un effectif total de 1887 détenus dont 1732 hommes, 95 femmes, 51 mineurs et 9 décès. Cette situation globale de janvier 2008 tient compte du léger désengorgement dû à la construction de la nouvelle prison de Missérété.

En juillet 2007, la prison civile de Cotonou qui avait une capacité d’accueil initial de 400 prisonniers, battait le record de 611,25% de surpopulation avec un effectif réel de 2445 prisonniers.

Ce tableau ainsi présenté démontre de manière très éloquente la surpopulation des lieux de détention au Bénin depuis plusieurs années.

Bertin Djitrinou

Benin : Évaluation des installations du projet d’aménagement hydroagricole dans la vallée du Mono

La Banque Arabe pour le Développement Économique en Afrique (BADEA) a effectué une mission d’évaluation des installations du projet d’aménagement hydroagricole et d’adaptation aux changements climatiques dans les vallées du Mono et du Niger, porté par le gouvernement du Bénin. La délégation, dirigée par Docteur Zul-Kifl Salami (Chargé de mission du Président de la République), a visité, du 13 au 22 mars dernier, une superficie de 1.500 hectares dans la vallée du Mono.

La mission avait pour objectif d’évaluer le projet en confrontant les documents y relatifs avec les informations sur le terrain et d’échanger avec les populations de ces régions. Elle a de ce fait, exprimé sa satisfaction quant au projet novateur et stratégique qui touche la sécurité alimentaire, l’amélioration du niveau de vie des populations, ainsi que l’adaptation aux changements climatiques.

Le projet dans sa composante Vallée du Mono, comprend l’aménagement de 1.500 hectares de terres agricoles qui seront irriguées pour la promotion de plusieurs filières dont le riz, les cultures maraîchères, le maïs, ainsi que le développement de la pisciculture. Des étangs piscicoles seront aménagés, des équipements associés et des infrastructures connexes nécessaires seront installés dans les villages bénéficiaires.

Par ailleurs, des travaux de génie civil, et le développement des chaînes de valeurs agricoles et piscicoles sont également prévus. Les bénéficiaires seront encadrés pendant deux ans après la réalisation des infrastructures et une ligne de crédit leur sera dédiée pour faciliter leur accès.

L’approche du projet est participative et inclusive, en invitant la population locale à travailler de concert avec les acteurs impliqués.

Christelle Togonou

Les principaux éléments d’une stratégie intégrée pour la normalisation des échanges commerciaux avec le Nigéria

Le flux de marchandises entre le Bénin et le Nigéria non déclarés à la douane ou incorrectement déclarés constitue un problème majeur et persistant. Ainsi que l’établit le rapport récent du FMI de février 2023, le retour à des pratiques plus orthodoxes, nécessaire pour respecter les engagements en termes d’intégration régionale et continentale, requiert une stratégie intégrée.

Du fait des difficultés logistiques et administratives dans les ports nigérians combinées à des restrictions d’importation au Nigéria, des volumes importants de marchandises passent par le port de Cotonou avant de traverser la frontière de manière informelle ou frauduleuse. Cette économie parallèle selon le rapport récent du Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest (GIABA), est susceptible d’alimenter la corruption à divers niveaux et de donner lieu à du blanchiment de capitaux.

Prenant en compte l’impact économique et social, les facteurs divers et la concurrence directe qui existe entre les ports d’Afrique de l’Ouest, la mise en place d’un cadre administratif douanier conforme aux normes internationales et reposant sur une collaboration renforcée entre les deux douanes des deux pays, permettrait d’engager un processus de remise en ordre, permettant d’éradiquer une source majeure de corruption actuelle ou potentielle.

Au nombre des mesures suggérées par la mission d’évaluation du FMI à mettre en œuvre de manière intégrée, il y a : l’utilisation de la procédure douanière de transit international. Elle consiste à établir et rendre obligatoire une procédure informatisée et digitalisée de transit douanier entre le port de Cotonou et un bureau de douane au Nigéria avec une déclaration en douane unique, pour un apurement automatisé. Cette procédure consiste aussi à renforcer les contrôles via l’utilisation de scanneurs au départ et à l’arrivée, l’analyse comparative des images en utilisant l’intelligence artificielle, et pour les inspections physiques nécessaires, des équipes conjointes de douaniers béninois et nigérians.

Toujours au menu des mesures suggérées par la mission, il faut citer la prévention et la répression des flux non déclarés. Cette mesure consiste à développer et appliquer une grille de sanctions douanières dissuasives pour non utilisation de la procédure de transit pour le franchissement de la frontière. Il s’agit aussi de mettre en place la stratégie et les opérations de la surveillance douanière mobile de la zone frontalière en assurant une couverture géographique et temporelle optimale, mais surtout d’activer la coordination de la stratégie et du commandement opérationnel de la lutte anti-contrebande, en continu, entre les deux administrations.

En plus de ces principaux éléments précités, s’ajoutent d’autres actions consistant à éliminer les valeurs à l’importation dites « ajustées » et appliquer totalement l’Accord de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) sur les valeurs en douane, et mettre en place avec le Nigéria un cadre de suivi des progrès et de renoncement aux fermetures unilatérales de la frontière.

Bertin DJITRINOU

Audit et contrôle internes et externes : Le Bénin pionnier en Afrique selon le FMI

Les fonctions d’audit et de contrôle internes et externes sont essentielles pour s’assurer que les entités publiques atteignent leurs objectifs et pour garantir l’intégrité et la bonne gouvernance. C’est dans ce sens que, dans son dernier rapport de février 2023, le Fond Monétaire International relève les différents mécanismes que met en place le Bénin en termes d’audit et de contrôle internes et externes.

Au Bénin, le cadre juridique mis en place par le décret 2018-396 porte sur la réforme des organes de contrôle de l’ordre administratif (OCOA) et introduit un dispositif d’audit interne dans chaque ministère. Ce dispositif est composé d’un comité ministériel d’audit interne (CMAI) et d’un auditeur interne, qui est le responsable de l’OCOA du ministère. Le dispositif permet donc d’établir une cartographie des risques et de produire un rapport sur le contrôle interne.

Cependant, selon le rapport de l’institution, la mise en place d’un cadre de référence de l’audit interne de l’État (CRAIE) en août 2018 est un processus évolutif qui doit progressivement se rapprocher des normes internationales. Le dispositif d’audit interne est plus efficace au Ministère de l’Économie et des Finances que dans les autres ministères, en raison des écarts en effectif et en compétences.

Par ailleurs la Cour des Comptes (CDC), en tant qu’auditeur externe du secteur public et institution supérieure de contrôle des finances publiques, prévoit un niveau d’autonomie adéquat et dispose d’un accès suffisant à l’information. Cependant, la CDC n’est pas encore pleinement opérationnelle, faute d’un recueil des normes professionnelles d’audit externe qu’elle devrait appliquer, ainsi qu’un effectif en nombre encore limité.

Le recrutement de conseillers et d’auditeurs pourrait donner un nouvel élan à l’institution, préconise le rapport.

Christelle Togonou

Lutte contre le Blanchiment de Capitaux et le Financement du Terrorisme (LBC-TF) au Bénin Quel plan d’action pour renforcer l’efficacité du système ?

Des progrès considérables ont été réalisés selon le rapport du FMI en matière de Lutte contre le Blanchiment de Capitaux et le Financement du Terrorisme (LBC-TF) au Bénin. Cependant, des efforts restent à réaliser sur l’ensemble du dispositif pour mobiliser ses outils dans la lutte contre la corruption :
• Transparence des entités juridiques
• Accès à l’information sur les bénéficiaires effectifs
• Renforcement de la supervision du secteur immobilier

Une évaluation récente du cadre LBC-TF par le Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) a révélé certains progrès mais aussi de sérieuses lacunes subsistant dans toutes les dimensions, notamment dans le secteur de l’immobilier.

Pour remédier à ces lacunes et à leurs conséquences potentielles, les autorités béninoises ont entrepris de vastes réformes visant à réduire l’informalité dans le secteur de l’immobilier, au travers de mesures telles que la digitalisation du cadastre et l’obligation de recourir aux notaires pour toutes les transactions immobilières.

En particulier, la nouvelle base de données « e-notaire » de l’Agence Nationale du Domaine et du Foncier (ANDF) autorise les notaires à vérifier en ligne l’information sur la propriété du foncier à l’occasion des transactions immobilières.

Pour aider à améliorer la compréhension des risques dans le secteur de l’immobilier, la Cellule Nationale de Traitement des Infractions Financières (CENTIF) coordonne une évaluation pour renforcer la supervision en matière de Lutte contre le Blanchiment de Capitaux et le Financement du Terrorisme. En tant qu’officiers ministériels, les notaires devraient en tout état de cause jouer un rôle accru pour lutter contre les risques de blanchiment, en particulier au travers d’une meilleure coopération avec l’ANDF et la CENTIF.

En outre, les synergies additionnelles entre les cadres relatifs à la Lutte contre le Blanchiment de Capitaux et le Financement du Terrorisme et la lutte contre la corruption devraient être exploitées pour traiter le lien étroit entre ces deux infractions ; ceci peut passer par une coordination accrue entre la CENTIF et les autorités en charge de la lutte contre la corruption, ou encore par la recherche d’une complémentarité entre le régime des déclarations de patrimoine et les obligations imposées aux personnes politiquement exposées.

Même si la corruption est considérée comme l’une des infractions les plus significatives en termes de génération de revenus criminels au Bénin, ces différentes actions pourraient aider les autorités à bénéficier davantage d’une analyse plus approfondie des vulnérabilités sectorielles à la corruption.

Bertin DJITRINOU

Transparence budgétaire : Le Bénin premier en Afrique francophone

Le récent rapport d’activité du Fonds Monétaire International (FMI), publié en février 2023, place notre pays à la première place en Afrique francophone subsaharienne et la deuxième en Afrique après l’Afrique du Sud.

En effet, plusieurs diagnostics récents ont mis en évidence des progrès encourageants au Bénin en matière de transparence des finances publiques. C’est ce qui ressort des termes de l’évaluation conduite par le Fond Africain de Développement (FAD) en 2021, mais aussi des résultats de l’Enquête sur le Budget Ouvert (EBO) de 2021, publiés en mai 2022, qui donne au Bénin un score de 65 sur 100 en matière de transparence budgétaire.

Notre pays se retrouve devant la Côte d’Ivoire qui a obtenu un score de 47, la République Démocratique du Congo, 42, et le Sénégal qui obtient un score de 40 points.

Une transparence budgétaire accrue, qui selon l’institution, contribue à la réduction de la corruption si elle est complétée par des mesures fortes. D’autres études établissent une causalité empirique de l’ordre du « vase communicant » entre la transparence et la corruption ; l’augmentation de la transparence budgétaire entraine la baisse de la corruption et réciproquement.

Cependant, ceci est subordonné à l’adoption de mesures fortes telles qu’un système efficace de sanctions, dont l’effectivité est garantie par des mécanismes de contrôle et d’audit appropriés.

Christelle Togonou

L’alphabétisation et l’insertion des langues maternelles dans le système éducatif Le multilinguisme, une nécessité pour transformer l’éducation

Pour réussir le défi de la maîtrise des technologies, de l’acquisition et de la transmission du savoir à une grande échelle avec l’efficacité requise, le développement et la promotion des langues nationales doivent demeurer une priorité pour la communauté. Selon un sondage de l’UNESCO, une personne sur sept restes illettrés de par le monde et sur 860 millions de personnes illettrées, on retrouve 500 millions de femmes. Alors que les africains doivent apporter leurs contributions pour enrichir au plan national et international leur culture, le salut de l’Afrique pourrait venir de l’utilisation des langues maternelles à l’école et dans l’administration.

Les études montrent qu’il existe un lien étroit entre l’apprentissage dans une langue maternelle et les résultats scolaires à un niveau national. La science démontre qu’une langue comporte des richesses culturelles, scientifiques, philosophiques et économiques d’où la nécessité de l’introduction des langues maternelles dans les systèmes éducatifs.

Au Bénin, en dépit des efforts consentis pour baliser le terrain à l’insertion des langues maternelles dans le système éducatif formel, rien n’a réellement avancé sur le sujet. Six (6) langues post alpha à savoir l’Adja, le Batonou, le Dendi, le Ditamari, le Fon et le Yoruba ont été retenues le 16 juillet 1992 pour être introduites dans l’enseignement. Quatre (4) autres langues telles que le Yom, le Fulfuldé, le Gengbé et le Gungbé ont été ajoutées aux six précédentes.

Ainsi, le Bénin a commencé l’expérimentation, celle d’introduire les langues nationales dans le système éducatif lors de la rentrée scolaire 2013-2014 par les classes de cours d’initiation (CI) avec 30 écoles primaires. Il faut noter que le Fon, une des principales langues du Bénin parlée par un peu plus de quatre millions de béninois est la langue la plus usée à Cotonou, la capitale économique.

Il est aussi important de faire remarquer qu’il existe un peu plus de deux mille langues africaines qui constituent l’essence de l’identité des peuples africains. Cependant, peu de langues africaines ont un statut officiel dans leur pays respectif.

On compte 12 pays dont la Tanzanie, le Rwanda, l’Erythrée ou le Kenya qui ont modifié leur constitution ou adjoint une langue « co-officielle » à l’anglais ou au Français. Dans certains pays comme le Sénégal, 80% de la population parle le Wolof. L’Assemblée Nationale du Sénégal s’est par exemple dotée d’un « système d’interprétation simultanée » permettant aux députés de s’exprimer dans leur langue natale. C’est une question difficile à trancher pour des raisons politiques, ethniques, administratives et scolaires ; ce qui explique les timides avancées de nos pays sur le sujet.

Aujourd’hui, à travers la musique et les arts, de nombreux pays africains valorisent la promotion des identités linguistiques. Le Lingala, avec ces rythmes mélodieux a conquis les scènes mondiales dans les années 80 et 90, aujourd’hui le Yoruba vibre sur toutes les scènes internationales de par l’éclosion des artistes nigérians.

Kola Tubosun, écrivain nigérian et créateur du moteur de recherche des noms Yoruba a dit ; « la plus grande pauvreté était celle qui consiste à empêcher un individu de s’interroger dans la langue avec laquelle il est intimement lié ».

La langue nous lie aux nôtre et spécifie notre ‘’moi’’ face à la mosaïque mondiale. La mondialisation et la technologie doivent servir de prétextes pour la création et l’expansion des initiatives en faveur des langues africaines. Ainsi, plus que des outils de fierté et d’unité, nos langues deviendront une porte vers le monde.

Bertin DJITRINOU

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