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Bénin : Les grandes décisions du Conseil des ministres du 26 avril 2023

Le gouvernement a tenu ce mercredi 26 avril 2023 le premier Conseil des ministres suite au remaniement ministériel intervenu le Lundi 17 Avril 2023. Voici les grandes décisions prises lors de ce conclave.

Au titre des mesure normatives, les membres du gouvernement ont décidé de l’adoption du projet de loi sur l’alimentation scolaire en République du Bénin, de la révision du décret fixant la procédure de minutie, l’exercice du droit de transaction et le mode de répartition du produit des amendes et confiscation, la nomination des membres de la Commission de surveillance de la Caisse des Dépôts et Consignations du Bénin, ainsi que de son commissaire aux comptes suppléant.

Le Conseil a également retenu le renouvellement de l’agrément de la société Pefaco Industries Ltd pour l’exploitation de salles de jeux, l’approbation des statuts révisés de l’Agence nationale d’identification des personnes et nomination des membres de son Conseil d’administration et l’approbation des statuts modifiés de l’Agence Nationale de développement des Patrimoines Touristiques, désormais dénommée « Agence Nationale des Patrimoines Touristiques ». A ceci s’ajoute, l’attributions, composition et fonctionnement du Conseil de santé des Forces de défense et de sécurité, l’approbation des statuts modifiés de La Galerie nationale désormais dénommée « Agence de développement des arts et de la culture » et nomination des membres de son Conseil artistique.

Au titre des communications, les membres du gouvernement ont validé la contractualisation pour la maîtrise d’œuvre complète pour l’exécution des travaux d’aménagement de la base logistique de la Société de Gestion des Déchets et de la Salubrité (SGDS SA), aussi la contractualisation avec diverses structures dans le cadre des évacuations sanitaires des patients béninois. Il a été également question de la mise en place et du suivi d’un système intégré d’information, de gestion de l’archivage et de la communication en imagerie médicale dans des formations sanitaires du Bénin, ainsi que la mise en place d’un pôle d’excellence en oncologie médicale au Centre national hospitalier universitaire Hubert Koutoukou MAGA et au Centre hospitalier universitaire de la Mère et de l’Enfant Lagune.

Au titre des nominations, le Chef de l’état, Patrice Talon, a nommé M. Shegun Bakari, au poste de Ministre conseiller aux investissements. D’autres nominations ont été prononcées au ministère de la Santé et au ministère des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation professionnelle.

Christelle Togonou

Convention de l’ONU sur l’environnement et les droits de l’homme : la Guinée-Bissau, premier signataire sur le continent

La Guinée-Bissau est devenue le premier pays non européen à signer un accord international sur la responsabilité des gouvernements en matière de droits de l’homme et d’environnement, en adhérant à la Convention sur l’accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière d’environnement, également connue sous le nom de Convention d’Aarhus.

Cette convention a pour objectif de protéger le droit des individus à vivre dans un environnement sain et offre aux citoyens le droit de participer au processus décisionnel en matière d’environnement. En dehors de la région européenne, la Guinée-Bissau est le premier état à adhérer à cet instrument juridique, selon l’ONU.

Cette adhésion permettra à la Guinée-Bissau de lutter contre les changements climatiques et promouvoir sa biodiversité en permettant au public de participer au processus décisionnel et d’avoir accès à la justice lorsque ses droits à l’environnement sont violés.

A noté que, la Guinée-Bissau est l’un des pays de l’Afrique de l’ouest les plus vulnérables aux changements climatiques, menacée par les inondations, la salinisation accrue des régions côtières et les activités minières et de construction qui menacent les zones protégées du pays.

Christelle Togonou

Lutte contre paludisme : Le Bénin face à de nombreux défis

Le paludisme est une maladie potentiellement mortelle qui se manifeste principalement dans les pays tropicaux. La maladie est évitable et curable, mais en l’absence de diagnostic rapide et de traitement efficace, un cas non compliqué peut évoluer vers une forme grave et souvent mortelle. Le paludisme n’est pas contagieux et ne se transmet pas d’une personne à l’autre, mais il est transmis par les piqûres d’anophèles femelles.

Les nourrissons, les enfants de moins de cinq ans, les femmes enceintes, les personnes atteintes du VIH/sida, les migrants, les populations mobiles et les voyageurs sont les groupes les plus vulnérables à la maladie.

Près de la moitié de la population mondiale est exposée au risque de paludisme, et environ 247 millions de personnes dans 85 pays ont contracté la maladie en 2021. Cette même année, le paludisme a causé environ 619.000 décès et 95 % de ces cas de paludisme, ont été identifiés en Afrique.

Les symptômes du paludisme apparaissent généralement 10 à 15 jours après la piqûre d’un moustique infecté, et se manifestent par de la fièvre, des maux de tête et des frissons. Dans les zones d’endémie, les personnes ayant développé une immunité partielle peuvent être infectées sans présenter de symptômes.

Selon le Dr Cyriaque Dossou AFFOUKOU, coordinateur du programme national de lutte contre le paludisme, au Bénin, le paludisme reste un grave problème de santé publique. « En 2020, 2.289.948 personnes ont contracté le paludisme entraînant 2 450 décès. Il est et reste la première maladie qui préoccupe et gêne les agents de santé dans les structures sanitaires du pays et constitue, à son tour, la première cause de décès chez les enfants de moins de cinq ans », a-t-il précisé.

Cette année, la campagne de la Journée mondiale du paludisme, célébrée par l’ensemble des acteurs de la lutte antipaludique, a pour thème : « Il est temps de parvenir à zéro cas de paludisme : investir, innover, mettre en œuvre ».

Dans le cadre de cette campagne, l’OMS met un accent sur le troisième aspect, à savoir la mise en œuvre, et sur l’importance cruciale d’atteindre les populations marginalisées grâce aux outils et aux stratégies dont on dispose actuellement. « Aujourd’hui, la lutte contre le paludisme au Bénin fait face à des défis importants : une couverture élevée en moustiquaires imprégnées de longue durée ; la définition de nouvelles stratégies pour leur utilisation efficace par la communauté, l’amélioration du traitement préventif intermittent chez les femmes enceintes et les nourrissons à travers le Programme élargi de vaccination et les campagnes de chimio-prévention du paludisme saisonnier, la numérisation des interventions, le déploiement du nouveau vaccin antipaludique RTS,S, et à terme, l’élimination du paludisme…Face à ces nombreux défis, il est urgent de réfléchir à des stratégies innovantes pour mobiliser des ressources supplémentaires », a rappelé le Prof. Benjamin I. B. HOUNKPATIN, Ministre béninois de la Santé.

Christelle Togonou

Finances : Des perspectives économiques moroses régionales

La croissance économique de l’Afrique subsaharienne baissera de 3,9% à 3,6% en 2023 selon le FMI

Des facteurs conjoncturels ont aggravé une situation financière très difficile pour l’Afrique subsaharienne déjà très éprouvée par le contrecoup de plusieurs années de chocs successif, ce qui a perturbé la reprise économique pendant une année de plus et assombrit les perspectives pour l’économie et le développement de la région.

Compte tenu des multiples difficultés, la croissance économique régionale, après un très fort rebond en 2021, baissera à 3,6 % en 2023, contre 3,9 % en 2022. Ces perspectives moroses en Afrique subsaharienne marquent deux années consécutives de ralentissement de la croissance. Selon les estimations des services du Fonds Monétaire International (FMI), plusieurs facteurs communs à tous les pays de la région permettent d’expliquer cette contre-performance, comme la guerre en Ukraine et le relèvement des taux par les banques centrales pour lutter contre l’inflation, qui freinent l’activité économique mondiale et, par conséquent, la demande de biens exportés par les pays de la région. Cependant, la situation varie considérablement d’un pays à l’autre.

Les six pays en Afrique subsaharienne qui auront le taux de croissance prévisionnel le plus élevés sont respectivement : le Sénégal (8.3%), la République Démocratique du Congo (6.3%), la Côte d’Ivoire (6.2%), le Rwanda (6.2%), l’Éthiopie (6.1%), et le Niger (6.1%). En effet, l’exploitation de nouveau gisements pétroliers et gaziers cette année devrait faire nettement augmenter la croissance du PIB de certains de ces pays.

A l’inverse, deux pays connaîtront une très faible croissance : l’Afrique du Sud, dont la croissance devrait fortement ralentir pour s’établir à 0,1 % en 2023, en raison de la multiplication des coupures de courant, de la fragilité de l’environnement extérieur et du contrecoup du ralentissement de la croissance enregistré fin 2022. Le Ghana connaîtra une croissance de 1,6% en 2023, notamment en raison de la forte inflation, et de la chute vertigineuse de sa monnaie locale, le cédi.

Un pays en Afrique subsaharienne, la Guinée Équatoriale, sera en récession (-1.8%), principalement dû à la baisse de sa production de pétrolière.

La croissance du PIB réel du Bénin appartenant au groupe des pays pauvres en ressources naturelles, ayant connu ces dernières années une variation de 3,8% en 2020, 7,2% en 2021 et 6,0% en 2022, gardera une constance de 6,0% en 2023. Le Bénin devrait réaliser selon les estimations du FMI la 7e performance continentale en termes d’accroissement annuel du PIB derrière les six pays cités.

Bertin Djitrinou

La star Céline Dion dans un fauteuil roulant ? Faux, voici la vérité sur cette vidéo

Depuis le 14 avril 2023, une vidéo de moins d’une minute montrant une femme dans un fauteuil roulant accompagnée d’hommes en costume, a été diffusée sur les réseaux sociaux en particulier dans certains groupes Whatsapp au Bénin.  La vidéo prétend montrer la célèbre chanteuse internationale Céline Dion. La rédaction de Capp Check Info a vérifié et a trouvé qu’il s’agit d’une vidéo provenant des Etats-Unis en date de juillet 2022. Elle n’a donc rien avoir avec la chanteuse canadienne.

 

«La super star Céline Dion est réellement souffrante… Aimons-nous vivants. Avoir le souffle de vie et avoir la grâce et la grande faveur de jouir toujours d’une bonne santé, ça n’a pas de prix. Ce n’est non plus par un mérite particulier. Remercions en le très haut en tout temps ».

C’est le texte qui accompagne une vidéo prétendant montrer la star Céline Dion dans un fauteuil  roulant. Cette vidéo est abondamment partagée sur les réseaux sociaux (ici, ici ). En fond sonore de cette vidéo, on entend l’un de ses titres,  « My Heart Will Go On (Love Theme from ‘’Titanic’’) »

Céline Dion malade mais, pas en fauteuil roulant

Dans une vidéo de plus de 5 minutes publiée sur son compte Tik Tok le 8 décembre 2022, la Star Céline Dion annonce le report de ses spectacles du printemps 2023 et l’annulation de 8 spectacles prévus à l’été de la même année. “Ça m’attriste énormément de vous dire que je ne serai pas prête à recommencer ma tournée en Europe en février” a-t-elle déclaré. La chanteuse canadienne souffre d’une maladie rare, le syndrome de l’homme raide qui est une pathologie neurologique rare associant une rigidité fluctuante du tronc et des membres, des spasmes musculaires douloureux, une phobie associée à la réalisation de certaines tâches, une tendance à sursauter de façon exagérée et des déformations ankylosantes. Cette maladie, dit-elle, est « la cause des spasmes musculaires dont je souffre » et qui « affectent ma vie de tous les jours ». « J’ai parfois beaucoup de difficultés à marcher, et je ne peux pas toujours utiliser mes cordes vocales pour chanter comme je le souhaiterais ».

La recherche d’image inversé à l’aide de l’outil Yandex par l’une des vignettes de la vidéo sectionnée par InVid, nous a permis de retrouver une capture d’un compte instagram  @z_poirier de la vidéo dans un article publié le 10 mai 2022. Dans cet article, c’est plutôt une mère en fauteuil roulant atteinte de SLA (sclérose latérale amyotrophique) qui assistait au mariage de son fils aux Etats-Unis et qui était appelée à danser. La vidéo devenue virale est publiée sur la chaine YouTube Good morning America.

 

Conclusion

La vidéo virale ne montre pas la star Céline Dion en fauteuil roulant mais, plutôt une femme atteinte de SLA qui a assisté au mariage de son fils.

 

Jérôme AVOCETIEN

Non, le mélange de banane et d’œuf n’est pas un poison mortel

Partagée dans les groupes Whatsapp béninois, le samedi 1er avril 2023, une capture d’écran accompagnée d’une légende, prétend montrer le corps sans vie de deux personnes allongées sur un tapis après avoir consommé l’œuf et la banane dans un interval de 5 minutes. Même si cette rumeur existe depuis la nuit des temps, elle se répand beaucoup plus vite à l’ère d’internet et peut être à l’origine de peurs infondées. Pourtant,  rien de tout ça n’a encore été prouvé scientifiquement.

 

« URGENT !!! Ne mangez jamais un œuf et une banane en même temps parce que leur mélange donne un poison qui tue dans les 5 minutes », lit-on sur la capture.

Le message est illustré par une photo dans laquelle, deux hommes habillés chacun d’un boubou blanc de style oriental sont allongés à même le sol. Au milieu d’eux,  se trouve un tapis garni de divers repas  et d’un plateau de fruits.

« Ne gardez pas ce message, publiez-le si vous êtes un bon Samaritain », conclut l’auteur du post.

Cette allégation s’inscrit dans un contexte bien particulier. Le 23 mars 2023, la communauté musulmane du monde d’entier et celle du Bénin en particulier a débuté le jeûne du mois de Ramadan (l’un des 5 piliers de l’islam) qui devrait durer jusqu’au 21 avril 2023. Ces aliments font partie intégrante de la rupture du jeune chaque soir.

Que disent les scientifiques et spécialistes de la santé ?

« C’est improbable, pour ne pas dire impossible », telle est la réponse du Docteur Sehouidji Euloge HOUNDONOUGBO, gastro-entérologue, dans un entretien accordé à Capp Check Info sur la dangerosité du mélange constitué de banane et d’œuf.

L’expert déclare qu’aucune étude scientifique n’a jusqu’ici établi que ce mélange pouvait être un poison mortel.

Le mélange de la banane et d’œuf est-t-il un poison mortel ? Le nutritionniste diététicien, Serge Patrick ZINVOEDO s’inscrit en faux. Pour lui, les deux aliments sont bons pour notre organisme. La  banane nous apporte de la protéine, de la vitamine B, du zinc, de calcium, de magnésium. Leur mélange ne saurait être un poison mortel, affirme-t-il.

Rebecca SAGBOHAN, nutritionniste diététicienne reçue sur la Web Radio Afrique Santé, dément l’information sur le mélange banane et œuf qui pourrait constituer un poison pour l’organisme. « C’est une fausse affirmation et n’a aucun fondement scientifique. Mieux, des auteurs ont même prouvé que c’est un bon mélange d’ailleurs à cause des bons glucides qui se retrouvent dans la banane et les protéines et des acides gras qui se retrouvent dans l’œuf », rassure-t-elle.

 

 

Quels sont les bienfaits de ces aliments ?

Cultivée dans de nombreuses régions du monde (Bangladesh, Australie, Afrique de l’ouest et centrale, pays d’Asie, Mexique, Colombie…), la banane est le fruit tropical le plus consommé au monde. Energétique et très nutritif, c’est le fruit de prédilection de tous les sportifs. Riche en antioxydant, la banane préviendrait l’apparition de nombreuses maladies, selon une publication de la diététicienne nutritionniste Léa Zubiria sur le site d’information en santé et de nutrition Passeport Santé. De plus, les sucres qu’elle contient contribueraient à maintenir une bonne santé gastro-intestinale. D’un point de vue culinaire, on distingue 2 types de bananes : les bananes à dessert, comme celles que nous mangeons au petit-déjeuner, et les bananes à cuire, comme le plantain.

Elles sont une source importante de protéines car elles  contiennent les neuf acides aminés essentiels pour une alimentation bonne et équilibrée. Les œufs, d’après la diététicienne, contiennent une quantité élevée d’acide gras oméga-3 ainsi que des vitamines liposolubles telles que les vitamines A et E.

PesaCheck a analysé le même post en octobre 2020, affirmant que manger une banane et un œuf en même temps causerait la mort en moins de cinq minutes et a trouvé que c’était FAUX.

Verdict

Aucune étude scientifique ne prouve que la combinaison d’œufs et de bananes produit un poison mortel.

 

Jérôme AVOCETIEN

Intox : Cette restauratrice camerounaise ne vend pas la chair humaine, attention à une vidéo truquée

Une vidéo d’une minute trente circule sur les réseaux sociaux depuis février 2023 parvenue à notre rédaction prétend qu’une restauratrice camerounaise serait fière d’avouer qu’elle vend de la chair humaine. Après vérification, nous avons constaté que la vidéo est sortie de son contexte. Cette restauratrice affirme au contraire que sa cuisine n’a rien à voir avec ce genre de pratique.

Vérification en bref

  • Une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux et a été vue plus 861.000 (huit cent soixante et un mille) fois sur Facebook
  • Sur la vidéo, on voit une dame présentée comme une vendeuse de chair humaine. Sur cette même vidéo, on lit: « Elle vend de la chair humaine et elle est fière », « Fait-divers : Consommation de chair humaine » et « cette camerounaise situé dans la rue MATOUGOU à Poto Poto Brazzaville ».
  • La vidéo est extraite d’un vox populi réalisée par la chaîne YouTube AgiTV WEB le 31 août 2018 où une restauratrice témoignait sur une affaire d’infanticide au Cameroun.

Les détails de la vérification

L’inquiétante rumeur s’est emparée des réseaux sociaux en février 2023, notamment sur Facebook, Tik Tok et WhatsApp . La vidéo censée montrer la vendeuse de chair humaine  est diffusée en masse pour alerter les consommateurs de viande. Cette même rumeur est relayée par d’autres médias en ligne comme ‘’LoméAtu’’ dont le siège est à Lomé quartier Nyekonapoe, et ‘’L.frii’’ un média camerounais.

Cette restauratrice avoue cuisiner de la chair humaine ?

Dans cette vidéo abondamment relayée sur la toile, on voit une femme dans un restaurant de fortune témoignant de son commerce. « Je prépare directement sur place, je fais tout sur place… Je viens découper devant les gens, je pose sur le foyer… ça ne me gêne pas. Mes clients savent que je le fais, et ils vont toujours venir manger… Je prépare et j’ai confiance que mes clients viendront manger.  Même si je ne vais plus leur vendre la viande au marché, ils viendront acheter sur place. J’en suis fière. Je ne le vends pas derrière les gens, je le fais en live(…) ». Tout en s’expliquant, la restauratrice  montre du doigt des plats et une marmite. Sur une bande verte qui n’apparaît que pendant quelques secondes sur la vidéo, on lit la mention : “Vox pop, Fait divers: consommation de chair humaine”.

« Je n’ai pas de charge. Les dehors et les frères. Nous ne savons pas où nous allons dans ce monde. Vraiment nous beaucoup. » C’est la légende qui accompagne cette vidéo virale postée par un internaute au nom de  Alain Mosolo le 20 février 2023 sur son compte Facebook. A la date du 05 mars 2023,  sa vidéo a recueilli plus de 861.000 vues, 200 commentaires et 13.000 partages.

Capture d’écran de la page Facebook

 

Une vidéo sortie de son contexte

Attention ! Cette dame ne vendait pas de chair humaine. Des internautes avertis ont décelé la mauvaise foi de l’auteur de la publication virale.

« N’importe quoi ! comment vous pouvez salir l’image de quelqu’un comme ça. Elle dit clairement dans sa vidéo qu’elle n’a rien à voir avec cette pratique, raison pour laquelle elle prépare devant tout le monde », a réagi Patricia Mbouendeu, une utilisatrice de Facebook. Rolf Ndamba, un autre internaute a également relevé le mensonge de la publication : « En suivant la vidéo je trouve que ce n’est pas de la viande humaine qu’elle parle. Arrêtons de salir l’image de la dame. Donc si c’est le cas on ne devrait pas l’arrêter ?

En dehors des internautes, une  recherche Google par  mots clés “consommation de chair humaine” a permis à Capp Check Info de retrouver une vidéo de 13 minutes 23 secondes. Elle est publiée sur la chaîne YouTube Agri TV Web le 31 août 2018 avec cette légende : « Après le scandale provoqué par la découverte d’une dame qui a servi des morceaux de son enfant à manger à ses clients au quartier Eleveur à Yaoundé, AgriTv a décidé de balader son micro pour savoir quel impact aurait cette information sur les habitudes alimentaires des habitants de la cité capitale ».

Capture d’écran de la vidéo de 13 minutes 23 secondes

En suivant cette vidéo de 13 minutes 23 secondes, c’est à partir de 5 minutes 40 secondes qu’on retrouve la séquence de la vidéo objet de notre fact-checking où la restauratrice interrogée par AgriTV Web s’exprimait sur une rumeur faisant état de chair humaine retrouvée dans un congélateur d’un restaurant à Yaoundé, au Cameroun comme l’ont rapporté ces médias camerounais ici, ici et ici.

La même vidéo a été déconstruite par d’autres médias de fact-checking comme PesaCheck et AFP Factuel. Pour ces dernières, la vidéo de la fausse publication ne présente donc pas une vendeuse de chair humaine à Brazzaville, mais plutôt une restauratrice témoignant sur une affaire d’infanticide au Cameroun.

Conclusion

Capp Check Info a examiné une publication contenant la vidéo d’une prétendue vendeuse de chair humaine à Brazzaville en République du Congo et peut confirmer que c’est une INFOX.

                                                       

Jérôme AVOCETIEN

Perspectives économiques régionales : L’Afrique subsaharienne face à une grande pénurie de financement

Les coûts d’emprunt augmentent et l’Afrique subsaharienne souffre d’une pénurie de financement. Car, les contributions des donateurs se tarissent et les séquelles des crises récentes sont toujours palpables.
C’est ce que révèle l’édition d’avril 2023 des Perspectives économiques régionales sur l’Afrique subsaharienne présentée par le Fonds Monétaire International (FMI).

Selon ce rapport, plusieurs facteurs concomitants sont à l’origine de la pénurie de financement que connaissent de nombreux pays d’Afrique subsaharienne à savoir : la hausse des taux d’intérêt au niveau mondial, la hausse des spreads sur les obligations souveraines, et la dépréciation des monnaies de la région par rapport au dollar. Tout ceci vient s’ajouter aux difficultés que rencontrent les pouvoirs publics en raison des répercussions de la pandémie de COVID-19 et de la crise du coût de la vie.

Ainsi, la région est frappée de plein fouet par une pénurie de financement. La persistance de l’inflation mondiale et le resserrement des politiques monétaires ont entraîné une hausse des coûts d’emprunt pour les pays d’Afrique subsaharienne et exercé une pression accrue sur les taux de change. De fait, aucun pays n’a été en mesure d’émettre une euro-obligation depuis le printemps 2022. La pénurie de financement aggrave une tendance de fond qui est à l’œuvre depuis des années.

Il convient de noter que la charge des intérêts de la dette publique augmente, parce que les pays de la région se tournent de plus en plus vers les marchés financiers, où les coûts d’emprunt sont élevés, et parce que les budgets d’aide au développement ne cessent de baisser. Ce manque de financement affecte donc une région déjà aux prises avec de profonds déséquilibres macroéconomiques.

La dette publique et l’inflation sont à des niveaux qui n’ont plus été atteints depuis des décennies. Ainsi, la moitié des pays de la région sont en proie à une inflation supérieure à 10 %, qui réduit le pouvoir d’achat des ménages, frappe de plein fouet les couches de la population les plus fragiles et attise les tensions sociales.

Selon les estimations du FMI, plus de 132 millions de personnes étaient en situation d’insécurité alimentaire aiguë en 2022.
Compte tenu de cette situation qui a mis un coup d’arrêt à la reprise économique, la croissance économique dans la région en 2023 va baisser pour s’établir à 3,6 %, avant de se redresser à un niveau de 4,2 % en 2024, en supposant que l’on assiste à une reprise économique au niveau mondial, que l’inflation ralentisse comme prévu et que le resserrement de la politique monétaire prenne progressivement fin.

Il convient cependant de souligner que cette moyenne occulte des différences marquées au sein de la région. De nombreux pays afficheront un modeste regain de croissance cette année, en particulier ceux dont le PIB n’est pas fortement dépendant des ressources naturelles, mais la moyenne régionale sera tirée vers le bas par l’atonie de la croissance dans certains des pays les plus importants d’un point de vue économique, dont l’Afrique du Sud.

La pénurie de financement aura également des conséquences pour les perspectives régionales à plus long terme. Elle risque de contraindre les autorités à consacrer moins de moyens à des domaines essentiels pour le développement comme la santé, l’éducation et les infrastructures, au détriment du potentiel de croissance de la région.

Bertin Djitrinou

Changement climatique : Le FMI s’engage pour accompagner l’Afrique subsaharienne

Le changement climatique représente une menace pour la vie et les moyens de subsistance de millions de personnes à travers le monde. L’Afrique subsaharienne est particulièrement vulnérable à ce phénomène. Les chocs climatiques peuvent amplifier les tensions sociales et les problèmes de sécurité alimentaire existants dans cette région.

Ainsi, dans son rapport sur les perspectives économiques régionales en Afrique subsaharienne d’Avril 2023, le Fonds Monétaire International (FMI) souligne l’importance de fournir des financements concessionnels pour aider l’Afrique subsaharienne à protéger ses populations et à effectuer une transition énergétique rapide.

« La lutte contre le changement climatique, par des mesures à la fois d’adaptation et d’atténuation, sera coûteuse : les estimations des coûts varient, mais sont en général considérables. Pour le seul continent africain, les coûts d’adaptation pourraient atteindre $50 milliards de dollars par an d’ici 2050, soit l’équivalent de 1,6 % du PIB actuel du continent, même dans un scénario de réchauffement de la planète contenu à 2°celcius d’ici 2100. Les coûts d’atténuation, pour financer une transition vers les énergies propres en Afrique, sont estimés à environ $190 milliards par an jusqu’en 2030 », précise le document.

Par conséquent, une nouvelle facilité pour la résilience et la durabilité a été créé au FMI, pour aider l’Afrique subsaharienne à faire face aux défis structurels à long terme, et pour encourager les investissements dans des infrastructures résilientes face au changement climatique et les projets d’énergies renouvelables. Cette facilité fournit un financement abordable à long terme en faveur des mesures d’adaptation, d’atténuation et de transition, tout en offrant un cadre de transparence, de crédibilité et de stabilité.

A cet effet, le Rwanda est le premier pays de la région à avoir reçu des fonds de cette facilité, qui lui permettront de renforcer la gestion des risques climatiques, d’intégrer les questions liées au climat dans la planification budgétaire et d’améliorer la gestion et la réduction des risques de catastrophe.

Christelle Togonou

Signature d’accord entre le Bénin et le FMI sur la deuxième revue du MEDC/FEC

Le Fonds Monétaire International (FMI) et notre pays le Bénin, ont conclu un accord cadre pour la deuxième revue du Mécanisme Élargi de Crédit (MEDC) et de la Facilité Élargie de Crédit (FEC). Une équipe du FMI, dirigée par Constant Lonkeng, a séjourné à Cotonou du 22 mars au 5 avril 2023 pour évaluer les développements économiques récents et les progrès du Benin dans le cadre du programme appuyé par le FMI.

Pour un montant total de $638 millions de dollars (380 milliards de FCFA), approuvé par le Conseil d’administration du FMI en juillet 2022, les autorités béninoises et l’équipe du FMI ont convenu des politiques qui sous-tendent la deuxième revue du MEDC/FEC, permettant au Bénin d’accéder à $68 millions (41 milliards de FCFA) supplémentaires, portant les décaissements cumulés à environ $360 (Deux cent quinze milliards de FCFA).

Le Bénin a connu trois années d’assouplissement budgétaire en réponse à des chocs externes récurrents. La consolidation budgétaire se poursuit, soutenue par une mobilisation robuste des recettes et une priorisation des dépenses pour préserver les programmes sociaux et aider à faire face aux besoins importants de développement du Bénin ainsi que les défis sécuritaires.

L’opérationnalisation du registre social unique identifiant les ménages pauvres dans tout le pays permettra de renforcer le ciblage du soutien aux ménages vulnérables, en particulier face aux chocs qui affectent de manière disproportionnée les plus pauvres.

Constant Lonkeng, chef de la délégation du FMI, a souligné que l’économie béninoise se solidifie, avec une expansion de l’activité économique accrue de 6,3 % en 2022, grâce à l’impulsion du secteur de la construction et d’une bonne récolte agricole. Les perspectives demeurent favorables grâce notamment à l’expansion de la zone économique spéciale et la modernisation du port de Cotonou.

Cependant, la fragmentation géoéconomique au niveau mondial présente un risque important, et la guerre prolongée en Ukraine conjuguée avec la situation sécuritaire régionale difficile, pèsent sur les comptes extérieurs et la sécurité alimentaire.

Christelle Togonou

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