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Taux d’émissions de gaz à effet de serre : Le Bénin parmi les pays les moins polluant

La croissance soutenue de la dernière décennie a permis au Bénin de réduire le seuil de pauvreté lui permettant d’atteindre l’un des objectifs du millénaire. Cependant, les gains de développement du pays se trouvent menacés par l’impact des chocs climatiques, selon les conclusions du nouveau rapport national sur le climat et le développement du pays (CCDR), publié le 7 décembre 2023.

Selon le rapport, le Bénin affiche des taux d’émissions de gaz à effet de serre parmi les plus bas au monde. Cependant le pays reste l’un des plus vulnérables au changement climatique, se plaçant 152e sur 181 pays au classement de la vulnérabilité extrême au climat.

Ainsi, le Bénin compte désormais parmi les sept pays africains à s’être engagés à réduire les émissions de gaz à effet de serre, à l’instar de la RDC, de Djibouti, du Kenya, du Maroc, du Gabon et de l’Éthiopie. Cependant, ils restent des moyens à mobiliser pour la concrétisation de ces engagements.

En effet, le pays s’est résolument engagé à limiter l’émission de 120 méga-tonnes équivalent dioxyde de carbone quoique soulignant au passage sa responsabilité très négligeable dans le réchauffement climatique. Il faut noter qu’il s’agit là d’une décision importante quand on sait qu’il était attendu des états des engagements forts pour aboutir à un accord international sur le climat.

Affichant clairement comme la plupart des pays africains son incapacité à financer le projet qui porte son engagement, il s’attend à une contribution de la communauté internationale pour mobiliser les 28 milliards de dollars restants.

Il est important de rappeler qu’en plus de s’être engagé à limiter les émissions de 120 Méga-tonnes équivalent dioxyde de carbone, le Bénin a pris des engagements pour accroître sa reforestation et ainsi séquestrer 163 Méga-tonnes équivalent dioxyde de carbone sur la même période. Ce qui passe déjà par la concrétisation du projet «10 millions d’âmes, 10 millions d’arbres ».

Selon les autorités béninoises, le projet «10 millions d’âmes, 10 millions d’arbres » vise en effet à lutter contre la désertification, les effets des changements climatiques et à promouvoir la diversité biologique afin d’améliorer le cadre de vie des populations.

A travers cette campagne de reboisement, tous les Béninois devraient planter et à entretenir au moins un arbre, afin d’obtenir chaque année, et ce pendant cinq ans, un nombre de nouveaux arbres au moins égal à l’effectif de la population, estimé en 2013 à environ 10 millions d’habitants.

Ainsi, des actions ambitieuses sont nécessaires à la promotion d’une croissance durable et inclusive, tirant profit des opportunités pour une meilleure gestion des forêts et des terres, des infrastructures urbaines résilientes ainsi qu’une transition énergétique permettant d’atteindre l’accès universel à l’électricité.

Bertin Djitrinou

Devoir de mémoire : 10/12/1906- 10/12/2023

Il y a exactement 117 ans que quittait ce monde Dada GBEHANZIN, Roi de Danxomè

Le temps passe mais la douleur reste. Le prince Kondo couronné roi Béhanzin le 6 janvier 1890, après la mort de son père le 28 décembre 1889, au terme de près de quarante années de règne, son demi-frère Ahanhanzo, héritier direct du trône, étant mort mystérieusement reste l’un des souverains qui aura marqué l’histoire du Danxomè. Son couronnement est notamment marqué par des sacrifices.

Onzième et dernier souverain du royaume de Danxomè indépendant, Kondo Le Requin ou encore Béhanzin, fut une grande figure de la résistance africaine à la colonisation et à l’impérialisme européen.

Ainsi, c’est un 10 décembre 1906 que le roi du Dahomey, Béhanzin meurt d’une pneumonie à Blida à l’hôpital de Frantz Fanon, en Algérie. Le roi Béhanzin fut un des derniers résistants contre l’empire colonial français qui l’exile d’abord en Martinique puis en Algérie où il meurt à son tour.

Né en 1844, Béhanzin a mené la guerre contre l’armée française dès février 1890 après avoir déclaré nuls tous les traités passés avec la France. L’objectif était de sauvegarder l’unité du Danxomè et d’éviter la destruction de l’héritage que lui avaient légué ses aïeux. Il est resté jusqu’au bout, fidèle à l’idéal de son combat.

Déporté à la Martinique puis en Algérie, il meurt le 10 décembre 1906 à Blida, sans avoir jamais été autorisé à revoir sa terre natale. Il sera solennellement inhumé à Djimé, au Bénin, en avril 1928.

La guerre contre les Français n’a pas laissé le temps à Béhanzin d’achever la construction de son propre palais. Il fut ainsi dénommé Dowomé ou « mur à dis couches » et est aussi le seul dont la devanture, bien que de très grandes dimensions, fut aussi entourée de murailles, donnant ainsi une idée des intentions de grandeur du monarque. Les composantes visibles de ce palais ne furent finalisées que vers 1928-1930 à l’occasion du retour de ses cendres au Dahomey.

Bertin Djitrinou

Banque Mondiale : Le Bénin a l’opportunité de créer un cadre propice à une transition énergétique équitable et une croissance verte inclusive

Malgré la forte croissance économique de la dernière décennie ayant contribué à la réduction de la pauvreté, le Bénin fait face à des défis cruciaux liés aux chocs climatiques, comme le révèle le nouveau rapport national sur le climat et le développement (CCDR).

Pour préserver les gains de développement et favoriser une croissance durable et inclusive, le rapport souligne la nécessité d’actions ambitieuses. Ces actions devraient exploiter les opportunités offertes par une gestion améliorée des forêts et des terres, le développement d’infrastructures urbaines résilientes, ainsi que la mise en œuvre d’une transition énergétique visant à assurer un accès universel à l’électricité.

Bien que le Bénin affiche parmi les taux d’émissions de gaz à effet de serre les plus bas au monde, il demeure l’un des pays les plus vulnérables aux changements climatiques, classé au 152e rang sur 181 en termes de vulnérabilité extrême. Les inondations sévères posent des défis majeurs en matière d’approvisionnement en eau, d’assainissement, et de gestion des déchets, aggravés par une déforestation croissante et une érosion côtière sévère sur les 125 kilomètres du littoral.

Nathalie Picarelli, économiste senior à la Banque mondiale et auteure principale du rapport, souligne l’importance de concilier développement et défis climatiques pour protéger les plus pauvres et vulnérables. Selon le rapport, entre un demi-million et un million de personnes supplémentaires pourraient basculer dans la pauvreté d’ici 2050 sans mesures d’adaptation.

La vulnérabilité du Bénin découle en partie de sa dépendance économique à l’agriculture et à l’emploi informel. Cependant, le rapport suggère qu’un développement économique résilient est possible en orientant rapidement les investissements vers l’adaptation aux risques climatiques.

Manuela Ravina da Silva, spécialiste de l’environnement à la Banque mondiale et co-auteure du rapport, souligne la nécessité d’investir dans des mesures d’atténuation telles que les énergies renouvelables, l’extension de l’accès à l’électricité, et la lutte contre la déforestation par des pratiques durables.

Le rapport appelle à une croissance résiliente, exigeant une meilleure préparation du gouvernement et du secteur privé face au changement climatique. La transformation est particulièrement urgente pour l’agriculture, l’aménagement urbain, les infrastructures de réseau, l’éducation et la santé.

Christelle Togonou

Records d’émissions de CO₂ Fossile en 2023 : Que pense le Giec du rapport de Global Carbon Project ?

Lors de la Cop28 qui se déroule actuellement à Dubaï, le Global Carbon Project a publié ses projections pour les émissions mondiales de dioxyde de carbone (CO₂) liées aux combustibles fossiles. Les résultats révèlent une réalité préoccupante : malgré les efforts de certains pays pour réduire leurs émissions, le monde est en passe d’atteindre un niveau record en 2023, soulignant l’urgence persistante du changement climatique.

Depuis 2006, le Global Carbon Project, un projet de recherche international regroupant plus de 120 scientifiques de 95 organisations, s’efforce de quantifier le cycle global du carbone, l’un des principaux contributeurs au réchauffement climatique. Chaque année, il offre une vue d’ensemble des émissions de CO₂, mesurant notamment celles provenant des énergies fossiles (gaz, pétrole, charbon, ciment) et de la déforestation.

Bien que des progrès aient été constatés dans certains pays, le rapport souligne l’absence de signes indiquant une diminution rapide des émissions mondiales, une condition essentielle pour contrer le changement climatique.

Vers un Record en 2023

En 2023, les émissions mondiales de CO₂ fossile devraient augmenter de 1,1 %, atteignant un niveau record de 36,8 milliards de tonnes. Cela dépasse de 1,9 % le niveau de 2019, précédant la crise mondiale du Covid-19. Philippe Ciais, directeur de recherche au Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement, souligne que ces émissions continuent d’accentuer la concentration de CO₂ dans l’atmosphère, entraînant des changements climatiques supplémentaires et des impacts de plus en plus graves.

Les principaux coupables de cette augmentation sont le charbon, représentant 41 % des émissions mondiales, et le pétrole, contribuant à hauteur de 32 %. Les taux d’augmentation pour le gaz naturel (21 % des émissions mondiales) et les ciments (4 % des émissions) sont inférieurs à 1 %.

Défis liés aux Changements d’Usage des Terres

En plus des énergies fossiles, le rapport met en lumière les émissions liées aux changements d’usage des terres, tels que la déforestation. Bien que ces émissions diminuent par rapport à la décennie précédente, des défis subsistent, notamment au Brésil, en Indonésie et en République démocratique du Congo, responsables de 55 % de ces émissions.

Des Progressions Insuffisantes

Malgré les progrès dans 26 pays représentant 28 % des émissions mondiales, les réductions ne sont pas suffisamment rapides ni généralisées pour inverser la tendance des émissions mondiales. Les délégués à la Cop28 sont confrontés à des défis cruciaux, tandis que les émissions continuent d’augmenter en Chine et en Inde.

Il est donc urgent d’atteindre le zéro net en émissions de CO₂ fossile pour freiner le réchauffement climatique, conformément aux objectifs des Accords de Paris de 2015.

Christelle Togonou

POLITIQUE : Rencontre entre Patrice Talon et les responsables du parti Les Démocrates

Comme annoncé, le Président Patrice Talon, a reçu le lundi 27 novembre 2023 les responsables du parti d’opposition « Les Démocrates », avec à la tête de la délégation, l’ancien chef de l’Etat, Boni Yayi. Les discussions ont porté sur l’état du fichier électoral, la loi d’amnistie pour les détenus politique et autres exilés, et la représentation de l’opposition dans les organes chargés d’organiser les élections.

Cette rencontre a été initié suite aux critiques formulées par le parti dirigé par son prédécesseur. Dans une publication sur sa page Facebook, Boni Yayi a exprimé des réserves sur le processus électoral au Bénin, le jugeant non inclusif. Le chef du principal parti d’opposition a appelé la communauté internationale à procéder à un audit du fichier électoral et à assurer la représentation de l’opposition dans les organes chargés de l’organisation des élections.

La rencontre a d’abord débuté par un tête-à-tête entre les présidents Talon et Yayi, avant de s’élargir à toute la délégation du parti « Les Démocrates » ainsi qu’aux ministres et cadres du gouvernement.

Le Président Talon a exprimé son souhait d’avoir des échanges francs. « Je souhaite que l’on débatte sans langue de bois », a-t-il déclaré.

Dans son intervention, Boni Yayi, tout en réitérant ses critiques envers le processus électoral, a souligné le caractère non inclusif du fichier électoral. Le leader de l’opposition a plaidé pour la nécessité de trouver des solutions et un consensus, et précise qu’aller aux élections de 2026 avec le statu quo n’était pas envisageable.

Par ailleurs, Boni Yayi a abordé la question des détenus et exilés politiques, soulignant qu’il est difficile de parler de paix sans régler cette problématique. Il a imploré le pardon du Président Talon.

Pour finir, le chef du parti « Les Démocrates » a confié à Patrice Talon qu’il serait responsable de l’issue des événements. « Si ça marche, on dira que c’est vous ; si ça tourne mal, on dira encore que c’est vous », a-t-il déclaré à l’attention du chef de l’État.

Sur la question relative au sort réserver aux prisonniers politique, le chef de l’Etat a été claire. Les responsables des actes d’atteinte à la sûreté de l’état ne bénéficieront pas de grâce présidentielle, notamment Reckya Madougou. Cependant, les jeunes qui sont incarcérés et ont été « instrumentalisés » dans des affaires de violences électorales bénéficieront de procédures accélérées de remise en liberté. Des instructions ont été donné au Ministre de la Justice, Me Yvon DETCHENOU à cet effet.

Le Président de la République a donner son accord pour un audit du fichier électoral tel que souhaité par le parti Les Démocrates. Il a enfin opposé une fin de non recevoir à la requête du Vice-président du parti Les Démocrates, Eric Houndété qui demandé que le Chef de l’état suggére à un membre de la Cour Constitutionnelle de démissionner afin que cette place puisse être occupée par un membre désigné par l’opposition.

Christelle Togonou

OPINION : LEÇON D’ÉTHIQUE POLITIQUE DU CHEF DE L’ETAT AU PARTI LES DÉMOCRATES

Patrice Talon rassure de la solidité de la ‘’rupture’’ prônée depuis 2016

Le Chef de l’Etat, le Président Patrice Talon a reçu au palais de la Marina, une délégation du parti Les Démocrates avec à sa tête l’ancien Président Boni YAYI. Des annonces qui ont fusé de cette rencontre, il faut noter : l’audit de la liste électorale par l’opposition, le refus de gracier les prisonniers désignés, à tort ou à raison, de politiques dont Reckya MADOUGOU. Mais, quelle lecture convient-il de faire de l’issue de cette rencontre ?

Le Président de la République, premier animateur de la vie politique, a invité le Chef de file de l’opposition pour discuter du fichier électoral. Qu’il vous souvienne, le Chef de file de l’opposition s’est plaint du caractère non inclusif de cette liste et a alerté la communauté internationale. Cette attitude est à saluer et il en est de même de la prompte réaction du Chef de l’Etat qui l’a invité, l’a écouté, et a promis un audit de cette liste.

Passée au crible, cette actualité laisse entrevoir les perspectives d’avenir pour les prochaines élections générales de 2026, premières élections du genre.

Il faut retenir aussi la leçon d’éthique politique du chef de l’Etat Patrice Talon au parti les démocrates.

En effet, le strict rejet par le Chef de l’État Patrice Talon à la demande formulée par le Premier Vice-président du parti Les Démocrates relative à la manipulation des institutions rassure de la solidité de la rupture prônée depuis 2016. Rupture d’avec la compromission politicienne qui avait toujours eu cours pour satisfaire les intérêts individuels.

Cette doléance attentatoire au principe démocratique qui repose sur la séparation des pouvoirs est le reflet du regard que porte le parti d’opposition sur la banalisation des institutions et leur manipulation au gré de la satisfaction des intérêts du moment.

À l’analyse des doléances portées par les responsables du parti d’opposition, au-delà des échéances électorales qui pointent à l’horizon, le parti semble n’avoir rien d’autres et de mieux à proposer au peuple béninois et rien à parfaire à propos de la gouvernance malgré les multiples chantiers qui occupent le gouvernement.

Mais, faudrait-il, pour satisfaire l’égo d’un groupe de personnes, tordre le cou à la législation béninoise ?
Un bon Démocrate répondra naturellement « non ». Alors, c’est un aveu de bassesse d’entendre le 1er vice-président du parti Les Démocrates, Éric HOUNDETE, demander au Président de la République, Patrice TALON, de faire démissionner un membre de la Cour Constitutionnelle pour satisfaire l’opposition.

Cela est la preuve de ce que sera notre pays sous la direction de ce parti. Une République anarchique dans laquelle chacun fera ce qu’il veut au détriment des lois de la République.

Le Chef de l’État respectueux des textes de la République, en quelques minutes, a fait un cours sur le respect des institutions de la République à ces aspirants au pouvoir présidentiel en 2026.

Bertin Djitrinou

Bénin : Les Grandes Décisions du Conseil des Ministres du 29 novembre

Le gouvernement du Bénin, réuni en conseil des ministres pour la première fois en trois semaines ce mercredi 29 novembre 2023, a pris plusieurs décisions.

Au titre des mesures normatives, le conseil des ministres a adopté plusieurs décrets. Il s’agit entre autres de la création de médailles militaires pour les Forces armées béninoises, de l’établissement des conditions d’ouverture et d’exploitation des salles de fête, de la création du Centre national d’Investigations Numériques (CNIN), et de l’approbation des statuts de l’Agence nationale de Normalisation, de Métrologie et du Contrôle Qualité.

Le conseil a également décidé de transmettre à l’Assemblée nationale, pour examen et vote, le projet de loi de règlement définitif du budget de l’État pour la gestion 2022. Une autre transmission concerne l’autorisation de ratification de l’adhésion de la République du Bénin à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).

En outre, la création de la Société de développement hôtelier du Bénin a été approuvée, accompagnée de l’approbation de ses statuts. Le conseil des ministres a également défini les modalités de reversement et de reclassement de 234 fonctionnaires de police dans le corps des officiers de police aux grades de commissaire de police stagiaire et commissaire de police de deuxième classe.

Au titre des communications, le gouvernement a annoncé la réalisation d’études architecturales et techniques en vue de la réhabilitation des bâtiments de la Société de Radiodiffusion et de Télévision du Bénin S.A. De plus, des contrats ont été signés avec des bureaux d’études techniques pour valider les dossiers d’exécution, suivre et contrôler les travaux de construction, réhabilitation et équipement des infrastructures standards du secteur de l’éducation. La mise en stage pratique de 30 médecins et paramédicaux en chirurgie cardiaque dans des hôpitaux étrangers a également été décidée, tout comme l’exécution du programme de réfection de pistes rurales et de routes en terre classées pour la campagne 2023-2024.

Enfin, le conseil des ministres a rapporté des pratiques illicites de certaines ONG prétendant effectuer des contrôles sur les marchés. Ces annonces reflètent la volonté du gouvernement de garantir la transparence et l’éthique dans les activités menées sur le territoire béninois.

Christelle Togonou

Perspectives d’une riposte efficace en cas de catastrophe naturelle extrême

Les détails sur le rôle du Groupement National des Sapeurs-Pompiers face à cette éventualité

Le monde de la science prévient que les effets liés aux changements climatiques vont s’accélérer dans les prochaines années. Des villes côtières de la sous-région ouest-africaine comme Cotonou et autres sont directement menacées.

À travers une enquête sur les catastrophes naturelles dévastatrices auxquelles font face les pays, notamment ceux du Golfe de Guinée, face aux effets du dérèglement climatique, la rédaction de Capp Fm a abordé avec le Groupement national des Sapeurs-Pompiers (GNSP) les réponses éventuelles ou initiatives prévues pour faire face aux catastrophes naturelles extrêmes, ainsi que les mécanismes mis en place pour s’assurer d’une riposte efficace.

En effet, dans une récente étude, le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’évolution du Climat (GIEC) démontre qu’une catastrophe naturelle importante pourrait survenir au Bénin à l’horizon 2030-2050. Bien informé au même titre que les autorités béninoises des conclusions du rapport du GIEC, le Capitaine Major Nestor DEGBEGNON du Groupement national des Sapeurs-Pompiers pense que les décideurs le sont aussi et prennent certainement des mesures idoines.

Alors, comment la Direction Générale du Groupement National des Sapeurs-Pompiers pense-t-elle adapter sa réponse face à cette éventualité ? Et qu’en est-il exactement du manuel de procédure en cas de catastrophe naturelle extrême ?

À ces questionnements, il est à noter à ce jour que l’Agence Nationale de Protection Civile (ANPC), principal organe de gestion des catastrophes naturelles au Bénin et d’autres agences gouvernementales travaillent sur la mise en place de plans de contingence pour parer à toute éventualité.

Selon le Capitaine Major Nestor DEGBEGNON, « le Groupement national des Sapeurs-Pompiers jouera toujours son rôle en son temps ».

Selon lui, « il n’existe pas un manuel de procédure propre au GNSP. La gestion d’une catastrophe qu’elle soit naturelle ou non, nécessite une mise en commun d’actions de diverses structures. Le GNSP a une grande part dans la gestion des catastrophes. Toutefois, un plan existe, dénommé ‘’manuel de gestion des crises’’, élaboré et validé en 2021 avec le soutien d’Enabel». Ainsi, « Le GNSP a une part considérable dans la synergie d’actions prévue dans la mise en œuvre dudit plan » a-t-il dit.

Il faut noter que dans ce manuel de gestion de crise, les structures devant unir leurs actions ont été énumérées à savoir : La santé, l’ANPC, la croix rouge et le GNSP, sans oublier les Mairies et les préfectures. Les rôles de chaque acteur sont fixés dans le manuel en fonction des types de catastrophe.

Ainsi, le GNSP en tant que force agissante assure : La gestion tactique de l’engagement, les opérations de secours directement au contact du sinistre; Le recueil d’informations, l’anticipation sur l’évolution de la situation, la définition des tâches à accomplir par les secours ; La coordination de l’ensemble des moyens déployés pour les opérations de secours (moyens propres aux pompiers, moyens d’autres structures publiques voire ceux privés réquisitionnés) ; L’intégration des autres acteurs de l’intervention qui pourraient être la police, les comités locaux de la Croix-Rouge, le SAMU, etc…

Quant au personnel d’exécution formé à la mise en place efficace de cette réponse, à en croire les clarifications du Capitaine Major Nestor DEGBEGNON, « il existe aujourd’hui sur l’ensemble du territoire national des centres de secours, et ces centres ont des personnels bien formés pour répondre aussi bien aux alertes courantes qu’en cas de situations exceptionnelles pour lesquelles le principe d’engagement nécessite les renforts de proximité et une montée en puissance progressive suivant l’évolution de la situation ».

S’agissant des moyens humains prévus, sans vouloir préciser un chiffre, il nous a été révélé que « les sapeurs-pompiers sont disponibles dans les unités réparties dans tous les départements et dans tous les centres de secours. Ces moyens humains continueront d’être renforcés progressivement ».

Le GNSP dispose au titre des moyens matériels, d’ambulances servant à évacuer des victimes selon les circonstances, d’engins-pompes servant à faire de nombreuses opérations, de kits de manœuvres de force, de matériels d’intervention face aux risques NRBC (Nucléaires, Radiologiques, Biologiques et Chimiques). Toutefois, des renforcements sont en vue et devraient augmenter leur capacité opérationnelle en conséquence.

Quant aux budgets alloués chaque année à ce département afin d’intervenir en cas de catastrophe naturelle, le gouvernement met en place les moyens de façon conséquente pour permettre au GNSP de se préparer pour répondre efficacement en cas de situation exceptionnelle, bien entendu en collaboration avec d’autres structures intervenant dans le cadre de la protection des populations et la sauvegarde de leurs biens.

Chaque année il est alloué des crédits et des dotations pour l’acquisition de nouveaux matériels et pour la maintenance des matériels que nous avons déjà et que nous utilisons tous les jours au profit des populations.

Un concept novateur du Gouvernement est le fonds national de réponse aux catastrophes (FONCAT) dont la mise en œuvre, selon le Capitaine Major Nestor DEGBEGNON, dépend plutôt des plus hautes autorités gouvernementales ainsi que des collectivités territoriales. « Le GNSP n’intervient donc pas dans le mécanisme de décaissement d’urgence en ce qui concerne le FONCAT » a-t-il précisé.

Bertin Djitinou

Libération des espaces publics : La désolation face à un échec prévisible

La libération des espaces publics est une vaste opération de déguerpissement des espaces publics dans plusieurs grandes villes du Bénin. Démarrée le 4 janvier 2017 par le gouvernement du Président Patrice TALON, cette opération vise à rendre à nouveau accessibles les artères et espaces publics, qui étaient occupés de manière illégale par des particuliers, des marchands ou des entreprises pour le compte d’activités commerciales.

Les trottoirs pris d’assaut par des revendeurs ignorant toutes les conséquences spatiales, économiques et sociales très importantes sur le Bénin sont ainsi libérés au besoin par la force mais non sans grincements de dents. C’était la fin d’une époque, finis les étalages de marchandises qui débordent sur les trottoirs des voies publiques.

Malheureusement, cette opération choc inspirée et menée par les autorités béninoises, ayant marqué les débuts de l’ère du régime de la rupture, fait suite aujourd’hui à la récidive des populations qui se sont réappropriés illégalement les espaces publics, jadis libérés.

Mais comment expliquer cet échec cuisant de l’opération de libération des espaces public ?

L’instinct de survie ;

Dans sa note sur la pauvreté de Juillet 2020 (Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages), l’Instad indique que 38.5% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. En milieu urbain, le taux est estimé à 31.4% de la population. En 2018, selon l’Enquête régionale intégrée sur l’emploi et le secteur informel, le taux d’alphabétisation des 15 ans et plus était de 41.7%.

Les deux enquêtes démontrent que le taux d’alphabétisation et le taux de pauvreté restent très élevé et expliquent en partie l’échec de la libération des espaces publics. Malgré les efforts considérables d’amélioration des conditions de vie des populations, et les investissements massifs opérés dans le secteur éducatif, ainsi que les infrastructures, la grande majorité des béninois se débrouille par eux même pour se nourrir au jour le jour. Nombre de concitoyens sont obligés d’ouvrir de « petits commerces » de proximité n’ayant pas de capital significatif, avec l’impossibilité de louer des locaux appropriés, afin de subvenir aux besoins vitaux de leur famille.

Il est très difficile d’arracher « une activité de survie » à des populations pauvres. Le cas du combat des gouvernements d’Amérique du Sud contre les cultivateurs de drogues illicite saute à l’esprit.

Les mesures d’accompagnement ;

Dans le cadre de la reconversion des acteurs de la filière de l’essence de contrebande, l’état a recensé 54.000 points de vente. Cinq milles personnes ont été réorientées vers le métier de textile sur la plateforme GDIZ depuis le début de cette année 2023. Pour les autres, l’état a choisi de moderniser les points de vente en subventionnant des mini-stations modernes.

Peut-être aurait-il fallu associer le déguerpissement des populations et l’occupation des espaces publiques avec des mesures d’accompagnements comme des reconversions professionnelles massives, des constructions de mini-boutiques de proximité destinées à la vente de produit locaux, par le regroupement de plusieurs acteurs occupant les espaces publics, etc.

La nature a horreur du vide ;

Dans l’ambitieux Programme d’action du gouvernement (PAG), l’asphaltage devait créer des terre-pleins centraux, des parcs de ville, de larges trottoirs aménagés, etc. Le fruit a-t-il porté la promesse des fleurs ?

Les axes routiers à fort trafic (axe Ciné concorde, église Saint Michel ou axe Godomey, étoile rouge, Commissariat central) n’ont pas été aménagé lors de la phase une du PAG. Les axes secondaires qui ont été aménagé, n’ont pas intégré la notion du piéton, utilisateur principal et privilégié du trottoir. La phase une de l’asphaltage à réserver la part belle aux axes de circulation des véhicules, et certainement pas aux trottoirs, aussi exigus les uns que les autres, et rendus encore plus encombrant par l’occupation des lampadaires de ville, arbres, et autres réseaux de ville (électricité, internet, eau). Les véhicules et autres motos garant allègrement sur les trottoirs et terres pleins centraux, le piéton n’a plus sa place. La nature ayant horreur du vide, les populations faute de ne rien voir, se sont réinstallés.

Faire ce qu’on dit, dire ce qu’on fait ;

En 2016, le Ministre du Cadre de vie, José Didier Tonato, déclarait, avant la mise en exécution de la décision gouvernementale de libérer les espaces publics : « les boutiques doivent être à l’intérieur des parcelles » et de faire le constat amer qu’au Bénin, « non seulement on occupe les devantures en érigeant les boutiques, mais aussi on occupe le reste de l’espace avec les pousse-pousse et les articles ».

« Nos villes sont en perte de vitalité. Notre cadre de vie est dégradé et manque d’attractivité. L’occupation anarchique des trottoirs et terre-pleins centraux, l’encombrement de la circulation, la paralysie de la mobilité, l’insalubrité, les risques d’accident, bref, la laideur de la ville », a fait savoir, José Didier Tonato.

En cette fin d’année 2023, le gouvernement a lancé un vaste programme d’acquisition de mini-stations qui s’installent d’ores-et-déjà sur les espaces publics encombrés de la ville de Cotonou. A en croire le Ministre d’état en charge de l’économie et des finances, une dizaine de milliers de mini stations sont en phase d’installation dans le Grand-Nokoué et seront présentes sur toute l’étendue du territoire d’ici 2024, dans le cadre d’un programme de reconversion et de réinsertion qui permettent de former ces vendeurs et de leur permettre de mener leurs activités dans des conditions qui ne mettent pas en péril leur vie et celle des autres.

Comment comprendre que l’état qui a interdit l’occupation de espaces publics l’occupe lui-même à travers l’installation de ces mini stations ? Comment comprendre les différentes autorisations ou dérogations accordées à une entreprise publique de vente de produits GSM ?

Les discours des deux ministres ne sont-ils pas contradictoires en termes d’occupation des espaces publics ?

Comprendre la psychologie de son peuple ;

Pourquoi les opérations de déguerpissement ne se répètent pas comme les répressions faites contre le défaut de port de casque et les plaques minéralogiques ? Pourquoi perçoit-on des taxes auprès des personnes qui occupent illégalement des espaces publics ?

Depuis la publication d’un communiqué de l’autorité préfectorale en date du 12 septembre 2023 invitant les occupants illégaux, tous ceux qui occupent les domaines publics (trottoirs, terre-pleins, centraux, etc…) à libérer pacifiquement et sans délai les espaces concernés, plus rien de concret ne se passe sur le terrain.

C’est différentes raisons ont très certainement freiné l’efficacité de l’action de déguerpissement.

Des centaines de milliards ont été consacrés à asphalter nos rues qui ne peuvent pas continuer à subir les actes d’incivisme que nous avons, par négligence, tolérés par le passé.

Bertin Djitrinou

Réappropriation illégale des espaces publics : Le cas de Dantokpa nécessite une thérapie de choc

L’opération de déguerpissement des espaces publics démarrée le 4 janvier 2017 par le gouvernement du Président Patrice TALON, visait à rendre accessibles les artères et espaces publics, qui étaient occupés de manière illégale par des particuliers, des marchands ou des entreprises pour le compte d’activités commerciales.

Ainsi, la libération des trottoirs pris d’assaut par des revendeurs ignorant toutes conséquences spatiales, économiques et sociales par la force mais non sans grincements de dents avait marqué la fin d’une époque, celle des étalages de marchandises qui débordent sur les trottoirs des voies publiques.

Malheureusement, cette opération choc inspirée et menée par les autorités béninoises, ayant marqué les débuts de l’ère du régime de la rupture, fait suite aujourd’hui à la récidive des populations qui se sont réappropriés illégalement les espaces publics, jadis libérés.

Mais comment expliquer cet échec cuisant de l’opération de libération des espaces public ?

Le cas du quartier Dantokpa qui abrite en même temps le plus grand marché international de la sous-région ouest-africaine, est révélateur. Les artères, trottoirs, terre-pleins centraux, et autres sont jonchés de marchandises, et de personnes « inamovibles ».

Pour le chef du quartier Dantokpa, Amzath AGUEMON, la population béninoise croît. Il y a beaucoup plus de monde qu’il y a dix ans ou vingt ans, mais aucun gouvernement par le passé n’a pas anticipé sur l’évolution naturelle de la population qui vaque à des activités commerciales. Du coup, le marché qu’on a connu depuis les années 70 est demeuré tel. Alors, pour répondre aux besoins de la population, il fallait juste prévoir la création et la construction d’autres marchés. Selon lui, « les trottoirs ne sont pas faits pour être pris d’assaut. Car, nul n’est censé ignorer la loi. Mieux, le paiement d’une taxe ne donne pas de facto l’autorisation aux populations de s’installer sur les espaces publics » a-t-il dit.

Le Directeur Général de la Société de Gestion des Marchés (SOGEMA) Arnaud AGBODJETE, renchérit en précisant « qu’il convient de faire une différence entre les places assises et celle des vendeurs ambulants qui ne paient pas le même montant ». Selon lui, le maintien d’ordre de l’occupation de l’espace public relève de l’autorité du préfet et de la police. Pour accompagner la réforme, le Dg/SOGEMA propose aux sinistrés, des espaces à Tokpa afin de leur éviter des déconvenues.

« Pour pérenniser la lutte contre l’occupation des espaces publics, il faudra un dispositif de dissuasion, constitué d’un nombre conséquent de policiers pour assurer la veille sur les lieux 24h/24 » propose le chef quartier Amzath AGUEMON.

Cette situation déplorable, selon le Préfet du Littoral Alain Orounla, ne saurait perdurer. Ce dernier pense « qu’il faut sévir contre l’occupation illégale et anarchique des espaces publics à Cotonou ». C’est pourquoi, dans un communiqué en date du 12 septembre 2023, Alain Orounla a invité les occupants illégaux, tous ceux qui occupent les domaines publics (trottoirs, terre-pleins, centraux, etc…) à libérer pacifiquement et sans délai les espaces concernés. Mais où en sommes-nous à la date d’aujourd’hui ?

Bertin Djitrinou

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